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104 articles avec defi croqueurs de mots

Défi n°185 " On versifie " proposé par Fanfan2B pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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Fanfan propose de s'inspirer de cette image pour écrire un poème dont les vers finissent par des mots imposés.

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Mon cousin Gaspard est un drôle de lascar.

J'ai reçu de lui une bafouille

qui débute par " Ma Lulu, ma grenouille. "

Cette dénomination taquine date de nos huit ans,

le temps des chenapans

et des gentils vauriens,

où il voulait me faire gober des œufs de batraciens

- pour que tes pieds soient palmés

et que jamais tu ne sois noyée ! -

me certifiait ce coquin.

En ce temps il chapardait mes vignettes Malabar

qu'il remplaçait pour m'apeurer

par de très laids graffiti de têtards.

Du signe des Poissons, il était très branché aquatique.

Soixante ans plus tard, sa missive me donnerait à penser

qu'il fait plutôt dans le Tanzanique.

" Jeudi prochain je débarque de Zanzibar,

avec ma clique d'adorateurs de Vishnou et de ses avatars.

Mes acolytes sont en effet persuadés

qu'en mouette à tête noire ce dieu hindou s'est réincarné

et qu'il va venir choisir l'un d'eux pour le représenter

sur notre terre pour une longue année.

Pas de pot !

Aucune mouette à se mettre sous la palme dans l'océan indien,

seulement des singes, des antilopes et des dauphins.

Banco !

Je me suis souvenu qu'il y en avait dans notre patelin,

nous les coursions quand nous étions gamins.

Ma troupe enthousiasmée m'a pressé de te contacter.

Ma Lulu, je sais que tu ne ne fermeras pas ta porte

et réserveras bon accueil à ma cohorte.

Ma Lulu, je t'embrasse. Ton Gaspard, ton chérubin."

Hin-hin... toujours aussi malin le mâtin !

" Ma Lulu "... turlututu chapeau pointu !

Sacré Gasparou, le voilà gourou ! Il débarque impromptu

et par ses roucoulades va bien tous nous pigeonner.

Le bougre a bien roulé sa bosse, mais il n'a pas changé.

Ce matin à l'aube, alors que j'étais encore dans le coaltar

il a débarqué, avec une douzaine de jeunes soixante - huitards.

Ils m'ont enlevée. J'ignorais tout de leurs magouilles.

On est allés se poster sur le pont de La Zigouille

- où on pendouillait des gueux dont le souvenir est parti en quenouille -

On a l'air très malin en brochette, lestés de nos sacs vert réséda

remplis de pain rassis et d'un comestible barda,

dont de la fameuse " noire andouille ",

celle de Guémené.

Elle aurait, en mimétique cousinage, de par sa couleur fumée,

le don d'attirer les mouettes rieuses à tête de ramoneur.

Objectif : par la seul force de la pensée, attirer L'ÉLUE

en ayant l'air de ne pas avoir l'air, tel est le crédo de leurs adorateurs.

Voyez comme ils jouent bien les indifférents.

On ne doit pas percevoir sur leurs bouilles,

qu'en dedans, ils bouillent.

Et, bien que ça les chatouille,

ils ont interdiction de trépigner

pour éloigner les pigeons envahissants,

ou de roucouler

- Psitt, par ici, petit, petit... pour affriander le volatile sacré.

La bestiole doit, d'elle même, guidée par son sonar

venir déposer, frrouït, un gros caca bien mou

sur les souliers du favori ou sur le bas de son falzar.

À tous les coups,

c'est moi ! moi qui ne demande rien, qui vais être choisie !

Pariez donc ! une poignée de dollars !

Allez-y !

 

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Défi n°183 proposé par Abécé du Jardin des Mots pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

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" Vous êtes une des personnes représentées sur le dessin. Il y a houle et vent de travers. Donnez vos impressions."

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Bonjour tertous !

Prêts ?

Faites chauffer compas et sextants.

Parés pour trouver ma position ?

Premier indice : je ne suis ni à bâbord ni à tribord, ni tout à fait en " noroît ", ni en " nordet " (nord-est). Visez plutôt en norcentroît. Vous suivez ?

Deuxième indice : je suis le seul marin à ne pas être marin (mais comme ça ne se voit pas, ça ne va pas vous aider...)

Troisième indice : je ne suis ni au plus bas, niveau baleine bleue, ni entassé dans le canots des moussaillons joyeux drilles, ni protecteur de la benoîte sirène en monokini.

Levez le nez. Non, pas aussi haut ! Vous me vexez si vous me prenez pour ce père dodu qui s'empiffre de bananes; il a l'air malin avec ses bottillons à hauts talons, sa boucle d'oreille et son foulard-girouette.

Je ne fais pas partie non plus, le ciel m'en préserve, de ces va-t'en -guerre sis à bâbord, hérissés de lames tranchantes et acérées, et pourtant je n'en suis pas loin, juste au-dessus. J'ai d'ailleurs à l'œil le gourdiflot au long tarin et cotte de maille qui s'endort deux pieds sous moi, il eut suffit qu'il s'assoupisse pour que sa serpette tailladât  mon " cordiau " ( méli-mélo de subjonctif et de ch'ti).

Ça y est, vous m'avez trouvé sous le bonnet schtroumpf bleu ? C'est bien moi le préposé à l'étendage de linge. 

Chaque lundi, jour de lessive, je m'en vais " bercher ", ma " mand'lette " (corbeille à linge en osier) sur la vergue devant le grand hunier rapiécé. Cette pauvre voile avait été estropiée par un obus, ça faisait négligé et donnait un courant d'air - je hais les courants d'air - je lui ai surjeté une pièce jaune - les pièces jaunes sont d'actualité -  qui lui donne un air printanier.

Je vous l'avoue tout de go, je n'aime pas la houle qui chamboule et m' fiche la       " troulle " ; je m'agrippe de mes ortaus à la grosse poutre, en elle j'ai confiance, c'est du fiable, du costaud, de l'épicéa du jura !

Je vénère le  vent de travers, il est fin bin pour sècher et repasser la lessive de mon p'tit gars.

Mon p'tit gars c'est le Cornillou. Pourquoi " Cornillou " me direz-vous ? Parce que c'est le " fieu " du Cornil ", min bon camarate " et de Mame Janssen, la Catherine.

À Duinkerk - " église dans les dunes " - je l'ai vu naître mon Cornillou et je suis comme qui dirait SON nounou.

Allons donc ! Cornillou ?... ça ne vous dit rien du tout ? oui, j' sais bin, j' suis l' seu' à lui bailler ce pseudo.

Lui, il se présente toujours sous son vrai nom. D'ailleurs je trouve qu'il le fait de façon plutôt bizarre ed' pis qu'il a vu un certain film de fiction :

- MY NAME IS BART... JEAN  BART ! qu'il dit. C'est dev'nu un tic, eune habitute.

Pour moi, le Jean Bart reste mon ptchiot quinquin, j' le quitte pas d'eune s'melle, d'où ma devise :

" Là où est mon Cornillou, j'y serai itou, un point c'est tout !"

Et pourtant, j'aime pas bien les " batieaux ", j'aurais bin  préféré continuer à           " gardiner " les oyats et les chardons bleus de mon bon Dinkek .

Mais comme le p'tit Cornillou était toujours prêt à prendre sa musette et son "paqu'tache " pour " imbarquer " sur " ieau ", en " batalle "pour son Roy, j'ai toujours suivi. Il a qu'minché a bourlinguer à douze ans, vous l' croyez ça ! Et le v'là chef d'escadre, à la quarantaine !

Et avec ça, jamais ercrin (fatigué), incapable de rester tranquillement dans sa " cambuse ", faut qu'il roule sa bosse sur les océans. Il est galaffe (gourmand) eul' ptiot, alors j'essaie de le retenir en lui faisant des " gauffes ", il s'en baffre et, malgré tout, " imbarque ". Alors j' lâche min accorchu (tablier), min cul de poule, ma farine et ma spatule, j'enfile mes bottes et min bonnet, j' mets la clé dans le pot de géraniums et me v'là fin prêt pour le suivre. 

J'ai toujours été là pour faire sa buhée (lessive), pour ébrouer (laver) son linge. J'aime qu'il soit bien propret mon Cornillou.

S'cusez-mi faut que j'fasse min gindarme.

- Hep, là -haut ! les deux campanoules, oui, vous, juste à mon noret, étripez-vous tant que vous voudrez, mais tâchez moyen de ne point esclabotter de votre hémoglobine de rustres le petit linge de min tiot Cornillou. Sinon, y' aura du frictionnage d'écoutilles, pigé ?

R'venons à ma lessife. Oh bin r'gardez voir ! min canaillou de Cornillou m'a encore fait deux chaussettes orphelines ! Ousque min ptiot pouchin a bien pu m'perdre  la deuxième chaussette rouge ? et pis la deuxième bleue ? En n'Irlande ? En n'Angleterre ? En n'Hollande ? Allez savoir... J'ai beau l'avoir à l'œil min gros rojin, il aime m' faire des fredaines. Regardez- le donc, là en d'sous d'mi, sur sa balustrade, l'œil collé à sa lorgnette ! N'est-il pas biau et distingué avec son ptiot paletot ruge et son fier capiau, min Cornillou !

Ach, j'vois bin qu'il a encore voulu faire l' gandin; i m'a pas n'enfilé ni son cache-col ni son giliet d' laine... Moi je vous l' dis, un jour, après un vent coulis de " gorche ", min Cornillou me f'ra un trente neuf - huit ou bin même in quarinte... que va dégénérer en pleurésie... cha li pend au nez (paraîtrait que c'est ce qui se prédit  dans le livre de l'Histoire...) Mais tout cha, c'est d'la bablute, r'heusemint qu'on prend point tout c' qu'est n'écrit pour paroles de catéchime, il a encor' bin du beau timps d' vant li, min Cornillou !

Il doit être fier que SON DUINKERK reçoive la citation :

" VILLE HÉROÏQUE, SERT D'EXEMPLE À TOUTE LA NATION "

et que les carnavaleux posent genou à terre au pied de sa statue pendant " LA CANTATE À JEAN BART ".

Il ne craignait pas le vent de travers le Jean Bart corsaire - mousquetaire,

ni la houle, min chevalier, min marin, le ptiot Cornillou, l' min  !

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Défi n° 182 ( " Logorallye ") proposé par Lilousoleil pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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" Logorallye. "

Écrire un texte en vers ou prose où seront inclus quatorze mots anciens (proposés par  Lilousoleil ) commençant tous par la lettre " f " (liste en bas de page)

Lilou nous donne la possibilité de laisser deux mots de côté.

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- Trois cent quatre vingt dix huit, trois cent quatre vingt dix neuf... quatre cents !

Ouf ! le compte est bon.

Yiannis- Achille vient de marquer soigneusement de son fer à repasser les quatre cents plis réglementaires de sa fustanelle immaculée. Dans son unité d'élite, celle de la Garde présidentielle grecque, ça rigole pas, quatre cents c'est quatre cents, pas de discussion possible.

Entre pouces et index, ce type aussi baraqué que le Colosse de Rhodes, soulève délicatement les trente mètres de tissu plissé, les tient à bout de bras. Ému, il admire sa jupette, la trouve si légère, si éthérée qu'il en pleurerait.

D'ailleurs, sans même s'en apercevoir, il pleure. C'est discret, ça ne laisse pas de flaque, Yiannis-Achille est si grand que ses larmes s'évaporent avant de toucher le sol.

Précautionneusement, il allonge bien à plat la précieuse pièce de son costume sur la fonçaille de sa paillasse; quel bonheur de pouvoir veiller sur elle même, même en dormant. 

Yiannis-Achille est heureux. Enfin... presque heureux. Une légère petite inquiétude l'empêche de l'être totalement.

Il a... oserai-je le dénoncer ?

Euh...! Il a triché...

Yiannis-Achille a tri-ché !

Voilà qui est dit.

Triché...  juste un peu.

Juste un peu, pourtant c'est bel et bien de la triche puisqu'il n'a pas tout à fait respecté le règlement.

Et le règlement c'est le règlement.

Dans ce Corps d'élite hellénique, on ne badine pas avec le règlement.

Oui mais... lorsqu'on a mal dans son propre corps à cause d'un cotillon qu'il faut porter pour appartenir à ce Corps... on pourrait peut-être dénicher une clause du règlement qui permettrait de contourner le règlement, non ?

D'abord on supporte le désagrément. Sous le jupon ça fait comme un agacement, ça chatouille puis ça démange, ça échauffe, ça pique, ça cuit...

Le règlement c'est...

... C'est le règlement, on sait, on sait ! Au règlement on se plie, on en prend d'ailleurs vite le pli mais quand ça devient intenable, on va consulter.

Et lorsque tombe la sentence de l'Homme de Sciences - Cher ami, vous faites - euh comment dire - vous faites dis-je, de l'érythème, euh de l'érythème des plis - ça ne fait pas un pli, on se dit que la coupable est la fustanelle. On la soupçonne d'avoir été tissée en lin frelaté. On subodore que ses quatre cents plis ont provoqué l'érythème... des plis.

Yiannis- Achille prend grand soin de sa personne, il estime que ses plis en font partie intimement  intégrante et qu'il doit veiller à leur intégrité.

Après une nuit blanche, à l'aube, ça lui prit, il fit le mur, bien que ce soit interdit par le règlement.

Subrepticement il se glissa du côté de chez l'Alejandro le filetoupier. Ce batteur de chanvre et de lin a une tête de filou. L'Alejandro certifie qu'il a remporté légalement, juré craché, le marché des fustanelles; nul n'en croit mot. Ce vieux renard aurait-il eu l'audace de remplacer le lin, dicotylédone à jolies fleurs bleues, par une vulgaire fétuque des prés qui gratouille ? Ou bien, pis encore, aurait-il substitué à cette noble plante, de triviales herbes aquatiques urticantes, tailladées nuitamment au faucard avant de les planquer dans une vieille flette pointue pour les achever au fentoir ?

Yiannis-Achille fouina, rampa sous les fenêtres des ateliers, zieuta, eut des sursauts tremblants en découvrant des rangées de faux, des colonies de faucilles, des hachettes, des herminettes, des cisailles-guillotines, des laminoirs. Il frémit, il gémit de trouille. Il avait une sainte horreur du coupant, abhorrait le tranchant, maudissait l'acéré; il se retenait de hurler à la vue de pinces à ongles de pieds et reculait horrifié devant des ciseaux de couturière innocemment oubliés sur un coin de table.

Pour fuir au plus vite cette zone agressive, en hâte il effectua un repli, décréta que tout rien ne paraissait suspect chez l'Alejandro.

Puisque la fustanelle semblait bien la cause du feu de ses plis, il déclara feu le règlement et le contourna.

Auprès de sa hiérarchie il posa un jour de perm'.

Le règlement stipulait d' indiquer impérativement le motif de ladite perm'.

Yiannis-Achille opta pour la formule  " RENDEZ-VOUS D'IMPORTANCE. "

Ses copains le charrièrent, se gaussèrent.

- " IMPORTANCE "... c'est son prénom ? "  IMPORTANCE DE BAGATELLE" ça sonne bien ! Ça fait aristo !

- Ou alors c'est son nom ?  Mâdemoiselle Vétille D' IMPORTANCE ? ou bien Miss Fanfreluche D' IMPORTANCE ? On a bon ? on brûle ?

Ils le chahutèrent, le traquèrent en vain. Il ne lâcha rien.

Il utilisa des ruses de Sioux, réussit enfin à forlonger ces indiscrets.

Il fila droit chez son pote Angèlo le ferrandinier. Angèlo ne pouvait rien lui refuser. En effet, Yiannis-Achille ne s'était-il pas proposé, spontanément en tant que fidéjusseur lorsque Angèlo monta sa fabrique d'étoffe de soie ?

Yiannis-Achille fut reçu à bras ouverts par Angèlo qui lui offrit des falafels à l'hoummos et lui servit l'ouzo, le spécial, celui qui occis les filaires ! Cet ouzo là, Angèlo le tire directement d'un tonneau qu'il rebouche d'un fausset, cette broche de bois, polie par les ans, qui fleure si bon l'anis.

Yiannis-Achille s'ouvrit à Angèlo, lui dit tout de ses soucis inguinaux et pétrousquineux. Angèlo compatit aux problèmes de plis de son ami.

Yiannis-Achille dénonça la piètre qualité de la toile de lin d'Alejandro.

Ex abrupto, sans faire un pli, Angèlo qui méprisait la rusticité du travail d'Alejandro, traita celui-ci de dindon et promit à Yiannis-Achille une fustanelle en satin de soie, aussi fine, douce et légère qu'une plume.

Yiannis-Achille avança que le règlement n'accepte que la toile de lin...

T'occupe ! le coupa Angèlo, " ILS " n'y verront que du feu et toi tu n'auras plus le pétard en feu !

Yiannis-Achille rasséréné reprit une larme d'ouzo et s'en revint joyeux à la caserne en croquant à belles dents un falafel croustillant et doré offert par Angèlo, pour la route.

Son air gai énerva ses copains de chambrée. Jaloux, ils le snobèrent et, bien qu'ils en meurent d'envie, ne lui posèrent aucune question pas même sur la couleur des yeux d'IMPORTANCE. Ils se rembrunirent plus encore lorsqu'à la cantine du soir il dédaigna le friand au fromage, la moussaka et le gâteau au sucre, signe irréfutable que ce crétin veinard ne vivait plus que d'amour et d'eau fraîche.

Rapidement les plis de Yiannis-Achille retrouvèrent leur joie de vivre. Grâce à la douceur de leur voisinage satiné et soyeux, tout allait pour le mieux.

Un matin de mars un vent du nord teigneux se mit à souffler avec rage.

Malgré les turbulences d'Éole, les fustanelles ordinaires ne faisaient qu'onduler, elles savaient se tenir.

Celle de Yiannis-Achille, légère comme une plume, vlouff, se souleva, le ventousa jusqu'aux oreilles, le goba, l'entortilla si bien qu'il se mit à ressembler à un énorme cierge pascal.

Tétanisé, figé de honte dans son terrier vertical et soyeux, Yiannis-Achille réalisa, qu'à son corps défendant, il exposait à son Officier en Chef et à toute la Compagnie du Corps d'élite une vue imprenable sur ses bas de laine blanche, ses fixe-chaussettes noirs et sur l'intimité de son linge de corps, imprimé de mignonnes petites chouettes multicolores, tant appréciées par la Déesse Athéna.

Si tous demeurèrent impassibles, ils se félicitèrent de l'opportunité offerte par la démarche saccadée de leur parade qui leur permit d'évacuer, par spasmes, l'immense fou-rire qu'ils contenaient à grand peine.

Après ce " léger incident ", je vous laisse deviner l'ambiance des chambrées et les quolibets qui s'abattirent sur Yiannis-Achille, le colosse à la fustanelle vaporeuse et aux plis fragiles !

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faucard : instrument de coupe utilisé pour les herbes aquatiques

fentoir : large couperet à l'usage des bouchers

ferrade : marquage des bœufs au fer rouge

fétuque : graminée des prairies

ferrandinier : fabricant d'étoffe de soie

fidéjusseur : celui qui se porte caution pour autrui

filaire : ver parasite d'Afrique tropicale de l'homme et divers animaux

filetoupier : batteur de chanvre

fissipède :  qui a le pied divisé en plusieurs doigts

fausset : broche de bois pour boucher un trou fait au foret dans un tonneau

flette : petite chaloupe au service d'un chaland (péniche) de rivière

forlonger : distancer, laisser en arrière

fonçaille : planche supportant la paillasse d'un lit sans sommier

fustanelle : petite jupe évasée et plissée qui fait partie du costume masculin traditionnel des Grecs

 

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Défi n° 181 (Monopoly) proposé par " La Cachette à Josette " pour la Communauté des Croqueurs de mots ".

Publié le par François & Marie

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Josette nous donne pour consigne de :

" Lancer les dés pour une partie de Monopoly et avec le chiffre obtenu (entre deux et douze) écrire ce que l'on veut, à partir de la case sur laquelle on tombe. "

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Inspiration extrêmement libre de

" ♪ J'AIME PAS LES RHODODENDRONS ♫ " (interprété par Sim)

                         ♫    ............................................................... ♪

 

J'aime bien l' marron et le bleu clair

J'aime le rose et puis l'orange

J'aime bien Nancy et puis Paris

MAIS J'AIME PAS LE MONOPOLY (bis)

 

Je n'aime pas le Monopoly

parce que l' Monopoly

est d' la famille des jeux d' gros sous

des hypothèques, de la banqu'route,

pis des amendes et des crédits,

bref, des tracas et des soucis.

Depuis pas mal de décennies,

J'AIME PAS LE MONOPOLY (bis)

 

Que ferais-je de quatre gares ?

Nord, Lyon, Montparnasse St Lazare

sans la voix culte de Simone

qui me fait oublier que

les gares sont mon cauchemar,

me donnent de la spasmophilie.

J'AIME PAS LES GARES, J' N'AIME PAS NON PLUS

LES LOCOS DU MONOPOLY (bis)

 

Je lance mes dés...  MAYDAY MAYDAY !

quatre plus trois font SEPT, quelle chance

je me retrouve sur la case " CHANCE "

alors j' me dis : oui oui oui oui,

JE CROIS QU' J'AIME BIEN L' MONOPOLY ! (bis)

 

Pourtant pourtant et re-pourtant

y 'a comme un truc qui m' met à cran...

pour y voir encore plus net

illico j' mets mes lunettes.

VOILÀ, J' DOUTE DU MONOPOLY... (bis)

 

CHANCE, d'habitude c'est festif

et mérite l'exclamatif !

Alors pourquoi, ce restrictif

qui en quatre coupe les tifs,

pourquoi ce grand framboisé  ?

sous " CHANCE ", en interrogatif ?

JE N' R'AIME PAS LE MONOPOLY (bis)

 

Je réitère : que fait sous " CHANCE "

ce signe de ponctuation ?

cette bizarre interrogation ?

Je n'ai pas foi en cette fripouille

bien qu'il ait une bonne bouille,

genre queue de matou dressée

qui voit son Humain arriver

avec Ronron en cuillerée.

NAN, J' N'AIME PAS LE MONOPOLY (ter)

 

- Afin de te réconcilier

avec ce jeu cher aux banquiers,

pioche donc une carte CHANCE.

 Ach ! Tu es tombée sur PRISON !

- SOS... MAYDAY MAYDAY MAYDAY !

C'en est pour toujours fini

JAMAIS JAMAIS JAMAIS

JE N'AIMERAI L' MONOPOLY (bis + ter-miné !)

et GNAGNAGNA...

 

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Défi n°179 " Une minute pour convaincre " proposé par ABC du Jardin des Mots pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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" À la foire aux coups de cœur, vous avez une minute pour nous convaincre et nous faire craquer pour UN de vos objets favoris."

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Il est une fois un récipient en verre limpide et brillant.

Le fourbe Il ne cache rien puisqu'il est transparent.

Débonnaire félon, de tournure montgolfière

et le bedon tout rond, il fait mouche le faux jeton et sait envoûter.

Autour de lui lorsque flotte un parfum miellé,

ce n'est pas parce qu'il " fait son sucré ",

c'est qu'il est en service commandé.

Tss tss ! vous êtes bien peu diplomates

si vous lui faites remarquer qu'il est court sur pattes !

S'il était plus haut perché,

plof ! il se casserait le nez.

Filez donc réviser le théorème sur le centre de gravité,

y' aura interro après la récré !

Il vous semble fragile, incapable de faire du mal à une mouche ?

Détrompez-vous, il saura de dame diptère faire son affaire,

la charmer, la piéger, la liquider, la noyer !

Ça vous en mouche le quinquet, ça rabat votre caquet.

Avez-vous deviné quelle est l'utilité

de ce vieil objet humble et désuet ?

Non, il ne cherche pas les petites bêtes,

d'elles-mêmes elles se jettent à sa tête.

Non ! il ne baye pas aux corneilles.

Il GOBE LES MOUCHES, ne vous déplaise !

Sans pollution ni sophistication et sans débourser une tune,

avec patience et efficacité il va attirer en son giron sucré

guêpes et mouches importunes

qui gâchent vos appétissants buffets d'été.

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- Quelle fine mouche ce GOBE-MOUCHES !

                                                                       Paroles de Sage.

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-  Ouaips ! paroles de mouche qui boit la tasse, un fieffé hypocrite, un vil séducteur, un sournois, une fripouille, un faux-jetonglou, un félon, une crapuleglouglou, un sal... glou - glou- glou - g.l...

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Défi n° 177 ("en chanson") proposé par Fanfan pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

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Fanfan propose  de choisir une chanson aimée ou détestée.

À partir de là écrire un texte, faire des commentaires " off ", en intégrant au minimum cinq mots de la chanson.

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Rina Ketty interprète " LE RÊVE BLEU " ♫ ♪

- Dis, c'est qui Ketty ?

- Quel curieux ! c'est le pseudo de Cesarina Picchetto, 1er mars 1911 Sarzana (Ligurie) - 23 décembre 1996 (Cannes), chanteuse "exotique et sentimentale" évincée par Gloria Lasso, elle-même éclipsée par Dalida . (Merci Wiki).

- Dis, à quelle ère remonte cet air ?

- Indiscret ! ère 1938.

- Dis ? avant ou après JC ?

- T'occupe ! C'est la berceuse que papa me chantait quand j'étais une ch'tite n'enfant !

- Euh, dis ?... tu as vraiment été une ch'ti...

- Motus damoiseau, écoute plutôt.

♪ ♫ ♪

Ma petite fille adorée -é- eu

Mon amour chéri mon espoir

Il est tard laisse ta poupée-é-eu

- Dis, ta poupée, c'était laquelle des Barbie ?

- Très drôle ! elle était toute ronde, bourrée de son, une bouille sympa avec des yeux boutons.

C'est l'heure de dire bonsoir

Maman va chanter

- Trop cool ! ta mother passait sur You Tube ?

- Ah le geek ! Maman fredonnait, c'était papa le chantre des berceuses.

En te fermant les yeux

- Oh là, dis ! " te fermant les yeux "ça fait pas un peu gore ?

- T'inquiète, c'était pour de faux !

La légende du rêve bleu

- Dis ? bleu, c'est pour la rime ?

- T'occupe, le bleu c'est la sérénité et puis ça peinturlure et camoufle les couleurs de la réalité...

                                                     ♪    REFRAIN  ♫

Le rêve bleu léger mysté-ri-eux

Comme  un oiseau vole autour des berceaux

- Dis c'est quoi un berceau ?

- C'est genre clic-clac pour minus loupiot; le mien c'était un "moïse" en osier, fabrication maison.

- Un  moïse ?

- T'occupe, c'est de la Bible du caté.

- Dis, c'est quoi l' caté ?

- Pfou, quel parpaillot ! c'est compliqué... Au caté, on raconte que dans la Bible il était une fois un pharaon mal luné qui décida de faire éliminer de son royaume tous les bébés-garçons. L'un d'eux fut caché pendant trois mois par sa maman qui supputait que l'autre furieux allait vite se calmer. C'était un teigneux, il ne désarma pas. Elle résolut de sauver son loupiot. Le cœur fendu, elle l'abandonna dans un panier qu'elle mit à flotter sur le Nil.

- Et le v'là skipper à trois mois ? eh, t'es trop mytho !

- Et toi, t'es trop arrogant ! Elle avait pris soin de le mettre à voguer tout près de la berge. La fille de Pharaon, qui prenait par là son bain de Nil, aperçut cette jolie corbeille (elle les collectionnait). Aussitôt elle pria l'une de ses suivantes d'aller quérir l'objet. Madame ! sursauta la servante, la panière n'est pas vide... dois-je malgré tout la quérir ? Pas vide, tant mieux ! répliqua pharaonnette, ce sera mon premier panier garni, va quérir, va ! C'est ainsi que le nourrisson fut sauvé et prénommé fort à propos Moïse, qui signifie "sauvé des eaux".

-  Chez Ikéa ça aurait donné Ywzbxötcy !

- Ja ! Il fallut attendre des ères avant qu'un jeune osiériculteur qui, le jour, tressait des couffins en fredonnant  ♪  j'ai lié ma botte avec un brin de paille,  ♫ j'ai lié ma botte avec un brin d'osier ♫ et le soir dévorait goulûment la Bible, se redresse comme un diable sur sa paillasse, bonnet de nuit de traviole et s'exclame EURÊKA ! Le matou fort marri qu'il avait envoyé valdinguer, lui fit remarquer avec dédain, tout en lissant ses moustaches, que, fi, cette exclamation Archi-connue n'était qu'un plagiat, un emprunt. Cause toujours mon minet, rétorqua l'osiériste, l'emprunt, c'est la banque qui va être ravie de me l'octroyer, je m'en vais breveter en " moïses " mes paniers où coucher les humains nouveaux-nés ! On douilletta la rusticité de l'osier de quelques volants roses et bleus froufroutés, on ajouta quatre roulettes en bois d'arbre AOC et zou, en couffin moïse était re-né !

- René Moïse, j'imprime. Dis donc, avec toi le caté c'est trop d' la balle !

Il fait son nid bien près des tout-petits

- J'hallucine ! y' avait un nid dans ton moïse ?

- Eh l'espion, ne le répète pas, j'ai même piqué ses plumes pour rembourrer mes oreillers !

Pour approcher leur cœur de son aile porte-bonheur

Le rêve bleu c'est l'ange bienheureux

- Dis ? c'est quoi un ange ?

- T'occupe ! c'est genre Superman avec des ailes et des frisettes.

Du beau pays appelé paradis

- Dis, c'est quoi le paradis ?

- T'occupe ! c'est genre se délecter gratis chez Mac Do d'un Royal cheese et double coca, les orteils en éventail dans des super sneackers, le pied quoi !

Et chaaaque soir avant de reveeenir nous voir

Le rêve bleu s'envole dans les cieuuuux

- Trop fort ! un rêve en schtroumpf volant ! 

- Gargamel, sors de ce corps !

Plus tard lorsque tu seras gran-ande

- Dis, c'est cool la vie, on est tout- petits, moyens-petits puis tranquillou, petit à petit, on grandit.

- T'inquiète ! plus tard on rétrécit...

Un autre bras te bercera

- Tiens ! pourquoi un seul bras ?

- T'occupe c'est pour ne pas vexer les manchots !

Tu n'entendras plus la légen-en- de

Le soir quand tu t'endormiras

Et les rêves qui viendront peupler tes nuits

Ne seront plus comme aujourd'hui

- Dis, pourquoi donc ça ne sera plus comme avant ?

- T'occupe ! par toi-même tu le découvriras...

 

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Défi n° 176 proposé par Commandant Domi pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

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Domi nous propose cette image :

....................................................................................................................................................

Bin me v'là bien !

Va falloir changer les paroles du Petit Papa Noël

♪ ♫

Oh Oh l'ex papa Noël

ne descendra plus du ciel

finis joujoux par milliers

des nèfles dans vos souliers.  ♫ ♪

...................................................................................................................

Hier encore je me trouvais dans le pétrin.
M'inscrire à pôle nord emploi semblait être de mise,

ma traditionnelle virée semblait bien compromise,
il faut que je vous dise :

pour tirer mon traîneau je n'avais même plus un bourrin...
J'étais rudement désappointé... Oyez :

Début janvier 2016, j'ai chaussé mes charentaises,
envoyé mes rennes en récré après les avoir informés,

- Les p'tits gars, rendez-vous pour quelques devoirs de vacances
le vingt sept novembre, premier dimanche de l'Avent.

D'ici là, à vous les réjouissances !
Joyeusement ils s'égaillèrent.

Les mois passèrent sans faille.

Vint le moment de les rassembler, passer en revue leurs sabots, accorder leurs sonnailles
avant d'affronter de l'hiver la grisaille.

Arrive le premier dimanche de l'Avent, tintin ! pas de rennes pour Saint Séverin.

Et le deuxième dimanche, me direz-vous, celui de Sainte Barbara ? Ils n'étaient toujours pas là...

Hier enfin, le facteur des PTT, tout essoufflé me remet le courrier, je vous lis ici ce que chacun écrit.

ÉCLAIR (celle qui apporte la lumière) depuis Berlin, m'éblouit d'un
- Hallo ! Zip-Zap-Zoup, fuserai le jour de l'hiver !

TONNERRE  (le plus fort) résonne :
- De Strasbourrrg, gouàterrrtag Maîtrrre vénérrré, baoumbadaboum, déboulerrrai  l'avant - derrrnier merrrcrrredi de décembrrre.

TORNADE (le plus rapide) émet depuis Lisbonne :
- Oi ! serai là en tourbillon dès les premiers flocons !

FURIE (le puissant qui se pavane), quelque part dans les ruines de Rome :
- Avé ! Condescendrai à fréquenter la harde selon MA volonté, avant janvier.

COMÈTE (celui qui apporte le bonheur aux enfants), depuis Paris encense :
- Bonjouuur ! Paix, sérénité, joie, félicité, bisous Père Noël adoré !

CUPIDON gazouille depuis l'Île Maurice :
- Bonzour ze serai là avec des brazées d'amour pour les z'enfants. Ze te promets, avant le Nouvel An !

FRINGANT(E) (la plus belle) est en Pays Universel :
- Buongiorno-oh-oh-oh ! Le temps de  me mistifriser, me pomponner, me farder, me bichonner et je siègerai en magnificence, gloire et beauté à tes côtés, oh ! Père Noël si séduisant.

DANSEUR  pirouette depuis Madrid :
- Buenos dias ! Je serai là bientôt, en allegretto tempo de fandango. Bécot !

RUDOLPH, en fidèle catadioptre, me clignote :
- Présent le soir du vingt quatre décembre pour illuminer ta hotte de brassées de rouges papillotes !

Et tous, TOUS, vous m'entendez, ont ajouté le même post - scriptum :

- Pas envie de rentrer avant d'avoir terminé bataille de boules de neige chez les Cabardouche.

Je trouve ça louche, vais filer les récupérer.

............................................................................................................................

Puisque j'ai retrouvé tous mes fidèles coursiers,
que j'ai un stock de jouets à écouler et plein de ch'tites n'enfants à gâter,

le soir de Noël, j'irai visiter toutes les cheminées.

Eh ! Oh-oh-oh, c'est moi l'Chef, faudrait voir à ne pas l'oublier !

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Défi n° 173 (statufié sur un banc) proposé par "La cachette à Josette" pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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" On vous a servi une boisson qui vous a statufié sur un banc public ! Racontez ce que vous voyez, entendez et même ce qui se passe dans votre tête".

...........................................................................................................

- Ah monsieur ! Je crains que vous ne fassiez confusion...

- Ah mais voyons monsieur, quoi donc ? Je ne fais que reprendre possession de mon "tuyau de poêle", gorge de pigeon.

- Ah non monsieur, c'est mon "tube" que vous vous apprêtez à chausser. Votre huit reflets patiente, suspendu à ce perroquet.

- Ah monsieur, mais vous avez raison ! nos hauts-de-forme se ressemblent d'une indéniable façon, veuillez excuser ma méprise. Je me présente: Hilaire Germain Edgar De Gas, dit Edgar Degas.

- Enchanté, monsieur. On me nomme Hans Christian Andersen, sans surnom connu, hormis celui de "Pierrot" dont m'affuble un fâcheux, un certain romancier envieux...

Pour clore avec courtoisie cette anecdotique étourderie, Hilaire Edgar, fort civil, m'invita à liquider en sa compagnie le reliquat de la bouteille de "fée verte" qu'il venait d'immortaliser, en un tableau nommé fort à propos "L'absinthe".

Que bus-je? absinthe ou sulfate de cuivre ? Je ne saurais dire...

Toujours est-il qu'après avoir absorbé ce breuvage, je me retrouvai bizarrement figé, statufié, pétrifié, sur un banc public.

Me voici à la merci de la populace, qui questionne.

- Qui c'est ce gonze qui bronze sous ce bronze ?

- Dis-moi beau prince, ce livre fermé et beaucoup, beaucoup trop... bien protégé... que cache-t-il ? du grivois ? du polisson ? Est- ce que sous ton beau galurin tu camouflerais un esprit libertin ?

... Et de me tortiller le nez en signe de complicité.

Je me sens livré aux désœuvrés dont le métier est de flâner. Ils rôdent à mon entour.

Certains tartufes ironisent, aspergent mon chapeau du restant de leur bouteille d'eau.

-  Oh mais il a l'air fiévreux ce coco, engoncé dans son frac sous les cocotiers...

Des persifleurs en tongs, bermudas et caméras, d'une main molle me tapotent l'épaule puis s'en vont trainailler à la recherche de nouveaux sujets à gloser.

- Waouh ! respect mon pote ! même pour siester sous les palmiers tu gardes ta tenue de grand argentier ! Cool vieux frère... cool !

Cet hiver, ils se réuniront pour une soirée écran géant-Kodak-vacances- bière et cacahuètes. Un seul d'entre eux me remarquera et questionnera en chuintant (l'effet cacawouètes).

- Hé Lulu, qui ch'est che jules incongru ?

- Bof, chais plus son nom. J'crois bien qu' c'est une huile du coin qu'a fait fortune dans la graisse de palme.

Ceux que je redoute le plus sont les troupeaux de badauds.

Le badaud d'élevage est un redoutable lourdaud, un nigaud, un ostentatoire tapageur qui bruit pour amuser la galerie, qui chatouille, pelote, tripote.

-  Eh, les mecs ! ce bourge m'a tout l'air de s'ennuyer. Si on allait lui faire un brin de causette !

Misère ! Une turbulente flopée de mains m'assiège de caresses, tandis que des popotins moelleux et des croupions ossus s'abattent en bruyante bousculade sur  mes horizontalités. Hélas, aucun de ces fessiers n'a la délicatesse de celui de ma princesse au petit pois...

- Eh dis, l'ancien ! tu pourrais nous regarder au lieu de tenir ton nez levé vers le ciel, tu crains qu'il te tombe sur la tête ?

Ils ne savent pas ces niais que je guette le qvivit qvivit d'une belle hirondelle. Elle transporte sur son dos Poucette, une jolie fillette pas plus haute qu'un pouce qui a pour lit une coquille de noix et un pétale de rose en guise d'édredon.

Un jour l'hirondelle viendra me confirmer que Poucette a enfin trouvé son Prince.

Le sort qui me fut jeté par la fée verte sera enfin conjuré.

Je m'en retournerai alors en terre de Danemark, y convierai Hilaire Germain Edgar... histoire de tester sur lui les pouvoirs de l'aquavit !

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Défi n° 172. Thème “ VOYAGE” proposé par Durgalola pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Une seule contrainte, commencer par

Partir, ça y était: instant magique.”

Partir, ça y était: instant magique.

Juillet 1952.

J'ai sept ans et demi.

Je suis habillée en dimanche et pourtant on est jeudi.

J'ai passé ma jolie robe bleue à volants et coiffé mon chapeau de paille, celui avec le bouquet de cerises.

C'est un jour très exceptionnel: je vais prendre le train pour la première fois !

Pour la première fois je vais voy-a-ger !

J'ai dépassé l'âge de raison, pourtant ma mémé a tenu à m'accompagner.

 

J'ai laissé faire parce que c'est elle qui a les tartines dans son grand cabas en toile cirée.

 

Et puis j'ai deviné qu'elle avait hâte d'étrenner sa robe de satinette noire. Elle devait aussi tester la résistance du fil élastique de son chapeau qu'elle a coincé sous son remarquable chignon blanc.

 

Je la trouve élégante ma mémé. Elle m'a promis de me donner sa capeline à pivoine le jour où je mettrai des souliers à échasses. (Psst ! faudra pas lui dire, mais des fois j'emplis d'eau mon dé à couture et je vais arroser, dans son armoire, la jolie fleur cousue sur son ruban).

C'est le matin du grand jour !

 

Avant de chausser mes belles sandalettes et mes socquettes blanches à revers, j'ai soulevé l'oreille toute douce de mon ami chien fidèle, m'en suis approchée de si près que ses poils m'ont fait des guillis, et lui ai chuchoté la grande nouvelle.

« Moumousse, j'vais te dire un secret, je pars à cent cinquante kilomètres... C'est très, très loin, presqu'autant que la lune, chez les cousins d'Oyonnax qui fabriquent des boutons en bakélite. Je te promets que si j'en trouve un en nonosse, je te le rapporte ! »

 

J'ai rabattu son oreille sur ma confidence. «  T'es content mon Mousse ? » Il l'est. Il a frétillé et m'a devancée en zig-zags fureteurs dans ma tournée d'au revoir à la ferme.

 

« Salut les meuhs, je pars en voyââge !» L'œil vague, les opulentes montbéliardes ont continué leur rumination... Pour les sortir de leur somnolence j'ai piaillé « Je pars en voy-ââ-geu ! » Elles n'ont pas bronché. Ma parole ! elles se moquent comme d'une guigne de ma grande aventure... Vexée, l'enthousiasme en berne, j'ai tourné les sabots en faisant remarquer à ces insensibles que les fréquenter plus longuement risquait de laisser, sur une mademoiselle qui va pratiquer la grand'ville, des relents de fumier fort malvenus et indignes de sa condition de grande voyageuse. Et vlan !

 

En bottant les fesses de tous les cailloux croisés en chemin, j'ai filé jusqu'aux clapiers.

« Eh les lapinous, vous avez devant vous une jeune fille qui va circuler en train ! Vous imaginez ! Il va démarrer de deux cents mètres d'altitude à Dole, pour grimper jusqu'à à neuf cent quarante huit mètres ! Incroyable, non ? »

Pfou, ils n'ont pas même fait semblant d'être épatés... Y'en a même un, agacé par mon enthousisme, qui a tapé de la patte (signe de grande irritation) et tous ont gloutonnement accéléré leur aiguisage d'incisives sur les pissenlits.

 

… Neuf cent quarante huit mètres n'ont pas estomaqué ces estomacs à pattes, j'aurais p'têtre dû tricher un peu et arrondir à neuf cent cinquante mètres, le col de la Savine ne m'en aurait pas voulu...

N'insistons pas, malgré leurs grandes oreilles ces bestioles sont sourdingues.

 

Les cochons font un tel raffût en piapiatant dans leur auge que je ne prends pas la peine de leur confier que mon excursion va durer au moins trois heures... bien fait ! ça va ternir leur journée, tant pis pour eux.

« Eh les filles ! je vais prendre “ la ligne des hirondelles ” * et exporter jusque dans l'Ain deux douzaines de vos bons œufs; mémé les a douilletement enveloppés dans les feuilles du “ Jura Agricole” pour ne pas les dépayser ! »

 

Victoire ! j'ai produit mon petit effet. Les poules ont apprécié que je vante leur production. Pétries de gratitude, elles ont sorti leur bec de la pâtée de maïs et m'ont fixée d'un œil rond; j'ai profité de ce public de bonne volonté pour ajouter « Et je vais passer sous trente six tunnels et sur dix huit viaducs ! » Euh... là, en revanche... j'ai fait chou blanc... le minéral en ouvrages d'art n'interesse pas ces gallinacées, elles ne l'estiment qu'en graviers pour améliorer la consistance de leurs coquilles... et puis je les dérangeais, elles avaient hâte de revenir à leur pitance, que Mousse leur carottait sans vergogne.

 

«  Oh là là Lisette, comme tu brilles ! Pépé t'a étrillée... tu vas nous faire honneur quand tu entreras la calèche dans la gare de la sous-préfecture. Y aura p'têtre une fanfare qui jouera “ l'hymne à la belle jument comtoise ”. Tu mérites bien une bonne grosse poignée d'avoine en rab, tiens ma belle, à tout à l'heure ! »

Et nous y voilà.

Pas de fanfare ? Tant pis !

C'est donc ça une gare ?

Que c'est beau. Que c'est grand !

 

Les portes voûtées pleines de carreaux, hautes comme un porche d'église, la verrière aussi grande que la mare aux canards, le bataillon de lanternes bien alignées (y doit en falloir des piles Wonder...), les six cheminées qui montent la garde autour de l'horloge aussi grosse que le soleil...

Soudain tout s'agite, on se croirait à la foire.

 

L'homme tranquille, en bel uniforme, qui tout à l'heure délivrait placidement à mémé deux vilains petits tickets bistres de troisième classe, se transforme en impressionnant Monsieur Le Chef De Gare: gestes secs, drapeau brandi, joues cramoisies, stridulations aiguës de son sifflet à roulette en laiton chromé.

 

En écho, explose le sifflement à vapeur de la grosse loco noire qui fulmine en brume blanche et pue le cambouis chaud.

 

Bouh, ça fait un peu peur... à la petite demoiselle. Elle apprécie vraiment la proximité des cotillons de sa mémé et serre très fort sa main.

Hé ! on peut être aventurière et sensible à la fois, non ?

…...........

 

Bien des décennies après cet initiatique voyage ferroviaire, me reste le souvenir des sièges à lattes de bois, rigides et rudement inconfortables; la chaleur de juillet était si intense que leur vernis avait fondu et définitivement gâché ma plus jolie robe du dimanche...

…...........

 

* “ Ligne des hirondelles ”: elle existe toujours, débute à Dole-du jura (sans accent ciconflexe, malheureux !) et se termine à St Claude. Les ouvriers qui travaillaient à la construction des viaducs paraissaient aux gens d'en bas, si petits et si hauts perchés qu'ils semblaient tutoyer le vol des hirondelles, d'où sa poétique appellation.

 

       

       

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      Défi n° 170 ("Les mots" de Prévert) proposé par Martine 85 pour les Croqueurs de mots.

      Publié le par François & Marie

      En vous inspirant du texte "Pour faire le portrait d'un oiseau", écrire une recette à la Prévert: "Pour maigrir"... "Pour être heureux"... "Pour trouver le grand amour et le garder"... en prose ou en vers.

      ..............................................................................................................

                                          PAROLES de gallus gallus

                                          POUR DÉSAPPR' OUVER *

      Pour désappr'ouver *

      prendre quatre heureuses poulettes

      en condition d'ouver *

      Leur vie n'est que calme et volupté

      jusqu'au jour où elles vont

      s'étonner de voir fermés les volets de leurs propriétaires préférés

      Intriguées elles se mettront alors

      à observer la façade d'un œil rond

      à lorgner

      à tendre le cou en à coups saccadés

      pour le coup gloups

      à avaler de travers un gravier

      à se questionner

      mais où sont passés les deux charmants parents

      et leurs enfants tout marrants

      qui chaque jour nous gesticulent

      de joyeux et familiers coucou les poulettes

      depuis la fenêtre entrebaîllée

      Elles vont

      s'inquiéter

      conclure que dans la jolie maison d'en face

      quelque chose est arrivé

      quelque chose d'insolite

      quelque chose d'inaccoutumé

      quelque chose de troublant

      quelque chose de déroutant

      pour leur rassurant ronron  routinier de gallinacées

       

      Puis elles vont

      réfléchir

      vaquer dans l'espace qui leur est réservé

      dans l'herbe ou dans les cailloutis

      Feindre de penser que rien n'a changé en leur petit paradis

      caqueter glousser picorer

      comme si de rien n'était

      mais par réflexe au troisième asticot

      élancer un cou tendu tchac vers la façade muette

      vérifier qu'elle est toujours désertée

      Elle l'est...

       

      Cogiter sans angoisser

      Considérer la situation

      Convenir que la pâtée de maïs est bien servie à temps

      que les oeufs sont récupérés au bon moment

      que le flot d'eau claire est constant

      que des êtres sympathiques et réglos

      veillent au rituel de leurs journées

      Pourtant elles sont frustrées toutes chairdepoulées

      privées de leurs humains favoris 

       

      Elles vont se raisonner

      ne pas trop s'alarmer

      patienter

      se coucher se lever comme les poules

      attendre

      s'il le faut trois jours ou deux

      la patience paie toujours

       

      Si les persiennes de leur maisonnée préférée restent closes

      c'est mauvais signe

      signe que leurs maîtres ont déserté

      Elles vont alors

      jaboter conciliabuler

      prouver qu'elles ne sont pas des poules mouillées

      Voter agir faire grève de pondaison

       

      Épier les réactions de la nounou de remplacement

      Gloussoter de triomphe devant son air stupéfié

      caqueter en effrontées

      Si elle tente de dialoguer

      bin alors mes poulettes quatre jours sans cocos qu'est-ce- que quoi donc

      Rétorquer

      on n'est pas tes poulettes

      nos œufs sont notre patrimoine

      on les sauvegarde pour nos maîtres nos amis d'à côté

      qui s'en régalent à la coque avec leurs flocons d'avoine

      Mais... vos maîtres  sont partis vacancer congés bien mérités

      me priant en qualité de mamie et toute proche voisine

      de respectueusement vous materner

       

      On ne vous croira que lorsqu'on verra leur maison s'animer

      à leur retour seulement nous serons disposées à

      redevenir poules enjouées aptes à crételer *

      Pour l'heure Plumette Crevette Chaussette et Prétolette *

      décident d'entrer en rebellion

      de ne plus pondre non non non

      de s'attaquer au réservoir d'eau

      le cochonner de giclées de fientes pouët

      le crotter de jets terreux

      gratter chambarder saccager et vlan le renverser

       

      Si la mamie nourrisseuse écarquille des yeux effarés

      et une bouche en cul de poule

      c'est bon signe

      signe que vous avez gagné

      qu'elle va informer votre famille de vacanciers

      ils vont se hâter de venir vous retrouver

      Gaussez-vous

      déambulez mollement en tordant du croupion

      siestez culs tournés sous le noisetier

      cloquez à votre gré de hautaines onomatopées 

      pouëtez pouëtez repouëpouëtez

      et l'année prochaine partez donc avec eux vacancer

       

      ...................................................................................................................................................................................

       

      * ouver: pondre

      * crételer: chant de la poule qui vient de pondre

      * Prétolette à ne pas confondre avec Pétrolette (Noémie et Louis sont formels !)

       

       

       

      .

      Pour faire le portrait d'un oiseau

      Pour faire le portrait d’un oiseau Peindre d’abord une cage Avec une porte ouverte Peindre ensuite Quelque chose de joli Quelque chose de simple Quelque chose de beau Quelque chose d’utile Pour l’oiseau Placer ensuite la toile contre un arbre Dans un jardin Dans un bois Ou dans une forêt Se cacher derrière l’arbre Sans rien dire Sans bouger… Parfois l’oiseau arrive vite Mais il peut aussi bien mettre de longues années Avant de se décider Ne pas se décourager Attendre Attendre s’il le faut pendant des années La vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau N’ayant aucun rapport Avec la réussite du tableau Quand l’oiseau arrive S’il arrive Observer le plus profond silence Attendre que l’oiseau entre dans la cage Et quand il est entré Fermer doucement la porte avec le pinceau Puis Effacer un à un tous les barreaux En ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau Faire ensuite le portrait de l’arbre En choisissant la plus belle de ses branches Pour l’oiseau Peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent La poussière du soleil Et le bruit des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été Et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter Si l’oiseau ne chante pas C’est mauvais signe Signe que le tableau est mauvais Mais s’il chante c’est bon signe Signe que vous pouvez signer Alors vous arrachez tout doucement Une des plumes de l’oiseau Et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

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