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J'men rappale (c'est tout pareil qu'avant, quoique…)

Publié le par François & Marie

C'te ptiot villège, a point gros chinji d'peu qu'j'ètô botrot.
Point si sûr, t'sé...R'gèd'je vouèr... 
      Yâ, din lè couôts, ouvâtches à tous lè vents, y'avôt d' l'harbe prou peute aveu dè crottés d' poulailles ape dè chognes d'vèches. Ape, t' vouèroïllôs point ta majon, t'avôs point pô dè vouleux...
      Auj'deu, t'âs d'la balle p'louse, qu'm'en è djiant, ape in grillaige, ape dè bâôchons bien taillis, ape èn' sirén' que t'assôdjit, ape dè z'ècritaux qu' sant point bin urbins, tsé !
     Yâ, t'avôs in chin d'barji, in Pataud brequilloux qu' arguignot s'n'os d'vant la majon, èl èrot point fè d' maux à in mouchillan !
     Auj'deu, è z'ant dè ptiotes carnes que fiant un bru, mè in bru ! qu'm'en quatre ! ape qu' môdrint, t'sé !
     Yâ, quan l'cagnard roustissôt tout, t'allôs piquer èn' tét dins l' étinche d'aveu lè câârpes, t' patrouïllot din la vase, mé t'ètos cantent...
     Auj'deu, è z'ont tous dè gouillâts dans y'eut' cotchi. Ape è sant jèloux de c'tu du vouaisin, t'âs qu'à vouèr !
     Yâ , y'avôt t'y bin du monde din c'tè majons, lè tout vioux, lè moins vioux ape yeutè ptchiots. Ape dè bétes, dè vèches, dè mulets, dè couchons, dè lèpins, dè poulailles, dè glous, dè mouch'à mié, y'en ètôt pi-ein...Ape lè cotchis ! E z'ètint t'y bin braves ape pi-ins d' merchandises !
     Auj'deu, y' a pi-e nion dins c'tè majons...Dè coups, y raist' èn' ville fone racafouènée d'aveu in ou duè vioux mètous, y'è tout...Ape, y'a pi-e ran din l'cotchi, renqu' dè èpeunes...
      J' crè bin savouèr' pouquouè, y'a si tint chinji, tout çen, y'ètôt y'a souèsint'ènnians...An dirôt point, tsé, y pâsse...

Publié dans Souvenirs

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C'est tout pareil qu'avant, quoique...

Publié le par François & Marie

Dans ce petit village, il me souvient... 

Que les cours des fermes toléraient une herbe rare et mal coiffée. 

Qu'elles ne faisaient pas de chichis et restaient largement ouvertes, laissant passer les troupeaux qui les embousaient sans vergogne.

Que quelques buissons ébouriffés, résistant opiniâtrement aux années, tenaient lieu d'étendage à linge horizontal (les vaches slurpaient en passant mouchoirs et pantets de chemises). Qu' ils étaient aussi l' ombrage-refuge des volatiles de toutes plumes et  réceptacles à vaisselle cassée (le reste des détritus finissait dans l'auge à cochons ou sur le tas de fumier. Tri sélectif avant l' heure !)

                                         C'est tout pareil qu' avant, quoique...

On délimite son pré carré. On nomme pelouse un tapis vert haut de trois centimètres, peaufiné au taille-bordures et aux ciseaux à broder. Aucune chance n' est laissée au moindre pissenlit rustique, décapité illico ! (il adore ça être tondu le pissenlit, il repoussera de plus belle, il faudrait un carottage, perceur de moquette pour l' éliminer, mais, chhhhhut, ne vendez pas la mèche, laissez une chance aux pauvres pissenlits !) 

On a dépensé plus d' un mois de salaire (confortable), pour une merveille de clôture hauteur 1,80 m, poteaux à feuillure, grillage soudé vert pré, clipsé 250 fois, (pince à clipser en promo jusqu' au 20 octobre) . On  lui a adjoint, histoire qu' elle se sente moins seule, une non moins onéreuse haie de thuyas " aux esthétiques formes pyramidales" dixit le dépliant. On s'est empressé de les dépyramider et de les tailler en muraille-boîte de sucres. On a bien cadré son territoire, on l' annonce !  Il reste justement deux clips à utiliser.  
On affiche ses armoiries "  Fond de gueule. Divisé en fascé à la bande d' argent." (sens interdit)
On y joint sa devise, sobre et  conviviale" Propriété privée. Défense d' entrer."   

 

Il me souvient,

Que l'étang vaseux et carpeux était le rafraîchissoir des dimanches de canicule.

                         

 C'est tout pareil qu'avant, quoique...

Dans chaque carré empelousé sont échouées d'énormes casseroles bleues joufflues et boudinées. Leur court-bouillon, chauffé au soleil, frémit aux plongeons des amateurs d'éclaboussures chlorées et de cris d'orfraies. 

Les adorateurs d'océan miniature exultent quand leur hors sol à boudins titre une obésité de plus que celui des voisins. Et, tout comme on compte les barrettes sur la vareuse d'un militaire, on compare le nombre de barreaux des échelles de plongée, à chacun sa gloire !                                 

                                           Il me souvient,

Que de placides chiens de berger, libres de leurs mouvements, rêvassaient étalés au soleil. Si vous insistiez vraiment, ils vous gratifiaient d' un bon gros OUAF, assez peu dissuasif.

                                          C'est tout pareil qu' avant, quoique...

On s'est équipé de micro-canins agités, tressautant derrière le rempart grillage-haie-thuyatée. Ils vous assourdissent de YIPP,YIPP,YIPP, et vous  agaçent en  parallèlisant votre avancée. Ils griffent hargneusement l' onéreuse  clôture ( bien fait ) !  tant que vous osez longer leur territoire sacré.

                                          paneauIl me souvient, 

Qu' il n'était nul besoin d' annoncer" Chien" devant la maison. Un chien faisait partie de la maisonnée. Aurait-on eu l' idée d' étiqueter " chevaux de trait " le Bijou ou la Coquette ou de préciser " Mule capricieuse " devant le pacage de la Mulette ? On n' était pas au zoo ! 

                                          C'est tout pareil qu' avant, quoique...

On rivette sur le portail un panneau émaillé qui signale la présence de molosses de trois livres et demi. " Attention au chien" ou "Je surveille la maison" sont illustrés de canins fiers et imposants. Lorsque vous découvrez que des «Yippeurs" font fonction de gardiens, il vous vient des idées délatrices pour cause de publicité mensongère !

                                           Il me souvient,

Que les portes des maisons n' étaient pas verrouillées, hormis les jours de foire; la maison  était alors délaissée une matinée, le temps d' un aller-retour  à vélo ou en calèche jusqu' au chef-lieu de canton. En cas de besoin, chacun pouvait trouver la clé dans le  pot de géranium, près de la porte !

                                            C'est tout pareil qu' avant, quoique...

On sait accueillir ! Avant d' arriver à la porte, serrure trois points, haut et bas, carénée avec capot et verrou de blocage, on prévient de sa présence en faisant driiiiiiiiiner une sonnette à l' astringence agressive des prunelles pas mûres. Après ces formalités d' usage, un brin de conversation interphonique, et un zeste d' attente  pour inactivation électronique de l' alarme extérieure, le portail automatique avec feu jaune clignotant (ampoule 24 v) condescend à vous octroyer le passage...Vous slalomez pré-cau-tion-neu-se-ment, pas japonais obligent, jusqu' au  paillaisson lumineux (à led) du perron.   Là, avant d' entrer, vous cherchez les patins... On se récrie, surpris -Les patins ? Nous sommes à la campagne et vivons en toute simplicité !   Pas de patins !  Voyyyons ! ...Des patins, quelle drôle d' idée...  

Il me souvient,

Que les grandes fermes bruissaient de vie. Enfants, parents, grands-parents y cohabitaient. 

Que les étables, écuries, bergeries, soues, clapiers, poulaillers, ruches, en faisaient un Arche de Noé.

Que les jardins étaient généreux.

                            C'est tout pareil qu'avant, quoique..

Seuls, deux chats et une vieille femme font de la résistance dans l'une de ces longères vides et muettes. Ils y sont bien trop au large, comme dans un vêtement trop ample...  

Du jardin en friche s'échappent les gratte-cul d'un rosier têtu...

 

                             Ce petit village est tout pareil qu' avant, quoique...il paraîtrait que quinze olympiades sont passées...


Publié dans Souvenirs

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Défi n° 40

Publié le par François & Marie

Pour la communauté de Pascale - Les croqueurs de mots- 

Défi n°40 proposé par Harmonie

 

L' instant juste avant-      ou      Des instants juste avec des avants-

zazou4Alain Stant est un Zazou. Ses compères champions des raccourcis, en "In Stant" ont fait swinger son nom (ne pas hésiter un seul instant à en américaniser résolument l'accent). 
L'In Stant, avant midi, sous un avant-toit s'abrite de la pluie. 
L'In Stant porte pourtant au bras un grand parapluie noir... fermé. Sachez bien qu'un Zazou n'ouvre jamais son parapluie, pas même un instant, pas même sous la pluie, surtout pas sous la pluie...
L'In Stant s'engage dans la rue des Lilas. Il embaume, non... pas le lilas, l'In Stant!

L'In Stant a de l'avant-guerre gardé des goûts de luxe; de l'avant-rasage, il a une haute idée, il ne le tolère que lavandé, jalousement claquemuré dans un flacon mordoré à pompon, commercé l'avant-veille au marché noir de Meudon. Il en a copieusement aspergé ses cheveux longs de rebelle, crantés il y a un instant par Contesta Terré son perruquier attitré.

les zazous.GIFL'In Stant arpente à grands pas le pavé; quelle liberté ces pantalons courts et serrés! Il file vers le théâtre d'avant- garde, en prenant bien garde de ne pas marcher sur son veston rallongé l'instant d'avant par Provoca Sionné, sa nounou préférée. 
L'In Stant veut avoir un avant-goût de l'avant-première de "Zavoue z'suis Zazou, z'et vous?", dont il a lu et relu l'avant-propos. Bon avant-dernier il va se camper sur l'avant-scène, avant-bras croisés, quand soudain
 il déploye son parapluie, geste tabou chez les Zazous! Cet audacieux éploiement sacrilège provoque illico dans la foule une levée des sièges: " Parapluie ouvert en la demeure, malheur y entre et y demeure!" se mettent à vociférer les avant-pessimistes. Tous le conspuèrent, tous... même les Zazoues aux rubans et jupettes quadrillées, aux talons compensés qui à sa vue s'extasiaient l'instant d'avant: "Parapluie au bras pendouillera, mais jamais, pas même un instant ne l'ouvrira. Foi de Zazou, hors de chez nous!"
L'In Stant, manu militari de scène fût éjecté, à l'instant même où il pensait toucher au firmament de l'avant-notoriété.
...Lui qui avait rêvé, juste l'instant d'avant, de gloire et de succès, redevint l'anonyme Alain Stant, renié par ses amis d'avant -opprobre...
Moralité: bien que l'instant juste avant on ait été aimé, apprécié, adulé, on peut être en un instant, désaimé, déchu, décrié... Foi de réprouvé...

 

et puis un autre : 

L'instant juste avant.

- Je m'en souviens...
- De quoi ?
- De quoi... quoi ?
- De quoi te souviens-tu ?
- Te souviens-tu, c'était l'instant juste avant.
- Avant quoi ?
- Quoi ?
- Qu'est -ce que tu m'as dit avant ?
- Avant... l'instant ?
- L'instant? c'est quoi ?
- Quoi ?
- Je ne m' en souviens pas...
- Pas! Mais de quoi ?
- De quoi parlions-nous?
- Nous ?
- Nous...
- Oui de quoi parlions-nous l'instant d' avant que je ne me souvienne pas de quoi nous parlions et que je ne sache même plus qui est "nous" ?
- Je ne m'en souviens pas...
- De quoi ?...
- De quoi... quoi ?

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Lé m'nanges ( Les vendanges patoisées)

Publié le par François & Marie

- Y' è jeûdi qu' an  qu' mençe. A la Suisse, è z' ont dit qui f' rôt du soulè.
L' grand- pér' a dècidé, an m' nenj' râ c' jeûdi qu' vint . 
Y' è prou bin. Y va point pieûvr' ape lè p' tiots ant point clâsse. E vindrant d' aveu yeutè cosins ape lè p' tiots vouaisins, y f' râ touj' quéqu' brès d' pi-e.
Ah bin, y' en è du patarou ! Lè z' houms' prèparant lè cuveaux, l' pressouair' ape lè fones du bon frichti pou tous c' tè m' nangeous.
V' là l' jeudi qu' vint ! Y trén' point, y' è à pouèn' je, y ' en manqu' point in d' vant la veugne. Pi-e d' èn' dozéne d' corègeoux qu' patalant din d' la grousse reusia. Y fè  point trop chô, t' sais, è grevalerint praisqu'...
In ptiot jus, ape an s' y mè ! Chèquion sa ranche, san pèné ape san sèquèt' ro (  point lè pt'tiots bin sûr, pou l' séquèt' ro !)
VendangesEpesses1900.jpgA croup' ton, an en met un coûo ! Y' è à c' tu qu' èrâ empi-i san pèné l' premé ! 
Ap' y rigol', è z'ant lè rognons badjots ! Dè coups mém' è s' pregnant pou le Luis Marièno, y yu-ule à tire la rigot !  Y va bin, quouai ! 
L' soulè s' en è v' ni, lè pt'iots fornaillant la tarre, è charchant dè étouèl' ape dè ôbus, y lè occupe.
Veu l' midi, an mérande asté din l' harbe. Y' è bin bon c' qu'ills z'ant fricoté lè fônes !
En' ptchièt' mèriaine, ape an r' qu' mence à crôptons ! Y ' en a pi-e guér'. 
An a gaigni la ball' heûr, au mouètan d' la vépriâ, an' an è v' ni à bout. An a bin un pchot lè côt' lettes in long, mais an è bin l' ése. Lè hottous atou en ant bin yeut' content, è z'ant eu bin dè maux, mè lè cuveaux sant pi-ins, y' è bin qu' m' en çan ! 
An s' récarquill' le gorgo-iot d'aveu du vin doux qu' s' râ du bourru din quéqu' je, an fè point péché d' cabaret*!
Y è fait !  Lè m'nanges, y' è tout pou c' t' an-nia. Pou l' an-nian qu' vint, an a l' temps d' y sonji...
L' gran- pér' è bin ése, è beill' mêm' è fones dè pènés d' raîsins greffés. E lè a cuchi sû dè braves feu-y-es, qu' m'en sû in beau èdeurdon ruge ! E baille point en r' teniant l' grand pér' quand è s'y met !

*- Faire péché de cabaret : ne pas vider son verre.

Publié dans Histoire en Patois

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Les vendanges

Publié le par François & Marie

- Jeudi, belle journée ensoleillée après dissipation des brumes matinales, nasille Radio Sottens.
- Y' è temps ! An m' nange jeudi qu' vint. * 1-
Par ces mots le grand-père  lève le ban * 2- des vendanges.
Jeudi, pas d' école, ça tombe bien ! Les enfants inviteront les cousins et les petits voisins, ça fera de la main d' oeuvre supplémentaire.
Les femmes de la maison ont une journée devant elles pour pâtisser et rôtir.
Les hommes préparent le matériel, hissent et calent sur le char les larges cuves en bois qui étuvent depuis des jours, montent le pressoir, empilent les paniers, comptent les sécateurs.
Le jour dit avant huit heures, face à la vigne pentue, ils sont quinze invités à la récolte, bottés, emmitouflés, se chamaillant pour se réchauffer. Ils battent la semelle dans une abondante rosée, signe de beau temps . 
Les rayons d' un soleil blanc luttent contre une brume qui résiste et s'éffiloche à regret. 
Panier au bras, chacun avale un café, conservé bien chaud dans des bouteilles Thermos et une tranche de brioche maison. De quoi  donner du coeur à l'ouvrage et hop, au travail ! vendanges1.JPEG

- Tout le monde a son panier, son sécateur ? S'assure le grand père.
-  Les marmots, contentez-vous de vos mains!  Attention, celui qui  oubliera trop de grappes sous les feuilles, sera débarbouillé au jus de raisin ! Vu ? En avant mauvaise troupe !
Il désigne à chacun une rangée de vigne. Il réserve les " greffés " à des mains expertes et laisse les autres plants aux loupiots, qui, à coup sûr, gâcheront et martyriseront quelques grappes...
 Accroupi, dos courbé, chacun s'active en souhaitant secrètement arriver le premier au bout de sa ligne. On nomme ça de l'amour propre de vendangeur !
- Hé ho, un hotteur, par ici ! réclame un habile qui vient de remplir son panier.
- Déjà! Pas possible !  Il a cueilli aussi les feuilles ! Tricherie ! Lèche-bottes!  Les protestations fusent chez les moins rapides.
L'un des deux porteurs de hotte répond à l'injonction et tous en profitent pour vider leurs paniers plus ou moins pleins si bien que...tout le monde repart à zéro, match nul !
Lourdement chargés d' un demi quintal à chaque passage, les hotteurs vont faire des allers et retours incessants entre les cuves en bois qui béent sur le char en bas de la pente et les vaillants cueilleurs.
Peu à peu, le rythme s'installe, les paniers valsent, vides-pleins-vides...Le soleil a réussi sa percée, on se sent bien, on lalalère des chansonnettes, de bonnes histoires mettent de la rigolette dans l'air !
Vers dix heures, pause. On se dépouille des mitaines et des canadiennes.  Le grand père distribue du vin doux qu'il vient de presser avec les moyens du bord.
- Y 'è t' y bon ? An dirôt t' y point du mié ? * 3- . Tous approuvent, il claque de la langue, satisfait.
- C' est bien les bottrots, vous en avez mis un coup, vous avez bien travaillé. Ca mérite une récompense. Voyons voyons, je vais... peut-être... vous montrer un secret. Un secret qui est enfermé là, dans ma main...dans ma main qui va peut-être s' ouvrir si on prononce tous ensemble la formule magique...
Six  becs sucrés, gobelets figés et mirettes en points d' interrogation, suspendent leur souffle. Sûr qu'ils sont partants pour un secret ! D' impatience, ils sautent sur place, réclamant _Oui oui, le secret, le secret !
- Approchez...Tous ensemble : A-bra-ca-da-bra...Le vieil homme ouvre son poing rugueux, dans sa paume six petites étoiles* 4- et six minis obus* 5- fossilisés. La marmaille est ébahie, épatée et veut en savoir plus.
FotoFlexer Photo- Il y a trrrrrrrrès longtemps, à la place de la vigne, il y avait une mer avec des bidules vivants. Leurs squelettes sont devenus durs comme de la pierre. Si vous cherchez bien, vous allez en trouver partout sous vos pieds.
A partir de cet instant, les mouflets délaissent  paniers et raisins et plongent le nez dans les mottes de terre ! De quoi les occuper jusqu' à l' Angélus de midi.
Riches de dizaines de secrets qu'ils vont exiber fièrement à l'école demain, ils se mêlent au cercle des vendangeurs assis sur une grande bâche, pour partager un pique-nique bien mérité.
Après une mini sieste, la cueillette  reprend. En milieu d'après-midi, les cuves sont pleines, les ceps dénudés et les héros du jour un peu fatigués !
Il reste à presser la vendange et à goûter ,demain, au vin bourru.


* 1-  _C'est le moment, on vendange jeudi prochain.
* 2-   Ban: période d' interdiction de cueillette du raisin avant sa complète maturité.( pour éviter d' aggraver le côté tord -boyaux de certains cépages...)
* 3-  _Est ce qu'il est bon ? Est ce qu' on ne dirait pas du miel ?
* 4-   Squelettes fossilisés d' encrines ( étoiles à cinq branches ), animaux marins enracinés au fond de la mer à l'ère secondaire. Le nom du vin jurassien de l' Etoile en serait dérivé.
* 5-   Fossiles de rostres de bélemnites ( genre d' os de seiche ) copines et conscrites des encrines.

Publié dans Souvenirs

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Turdus Colomba

Publié le par François & Marie

Marie est une passionnée des mots et ne résiste pas à relever les défis proposés par Olivier de Vaux sur son excellent blog.

le dernier défi consistait à passer de GREVE à MANIF

grogger.jpgSur la GREVE déserte je médite.
Pas une mouette, seulement une GRIVE. D' où sort-elle ? Se mirant dans l' onde, elle se GRIME, perchée sur une GRUME. Ma parole, cet étrange oiseau me GRUGE ! Il se paie ma tête, je vais l'ignorer et picorer mon goûter.
J'aurais pu l'inviter, partager avec lui ma noix GAUGE et mon brouet de GAUDE. Que le ciel m'en GARDE, ce passereau aurait minaudé - Je préfèrerais une CARDE qui ne risquerait pas de me donner de CARIE...Et puis monsieur, je suis demoiselle et...je l'aurais PARIE...vous êtes MARIE. Allez, j'ai bien repéré votre MANIE, vous faîtes rouler votre bague comme on fait tourner les crécelles un jour de grande MANIF.

Adieu donc monsieur.
Elle m'aurait psychanalysé cette pimbêche ! Elle n'a donc jamais rencontré un beau pigeon bagué ? J'ai très bien fait de l' ignorer, elle aurait vraiment gâché mon goûter...

Publié dans Souvenirs

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Bourdaloue

Publié le par François & Marie

CROQUEURS DE MOTS. Défi n° 39

                                                 - Sujet -       
"Vous êtes pris d' une incoercible envie de faire pipi à un moment fort inopportun : racontez mais sans faire usage de mots contenant la lettre i."

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BOURDALOUE-


Sous le règne du monarque Phébus, cette cathédrale déborde de fervents. 
Bourdaloue tonne. Les yeux clos, les bras en valse de chasse- mouches. 
Ses prêches durent des heures. La longueur de ses sermons torture, chez ses dévôtes écouteuses, l'organe que l'on ne prend pas pour des lanternes.
Tous les deux ans, pour Carême et Avent, ce précepteur du Grand Cétacé, prône. 
Madame "De" se pâme en l'écoutant, quatre heures qu' elle est là sur son banc. Et Bourdaloue prône, prône reprône et elle ne rêve que de trône...Elle est prête à lâcher de l'eau, elle souffre ! Un trône, presto ! Ou elle va exploser ! Par bonheur son attachée servante, mandée d'urgence, accourt déposer sous sa robe un grand pot de chambre .
Madame "De" est sauvée !  Elle expulse, expulse et expulse encore. Ahhhh, quel soulagement !
Tout de même, elle prend garde de ne pas glouglouter pour ne pas perturber le trop bavard évêque ...
Dès lors le nombre de croyants va augmentant; en effet, à la messe où se pressent les dames, les servantes sont accompagnées de leurs... jules.
La mode en est lancée. " Bourdaloues " dorénavant ces pots sauveurs seront nommés.

En apparté :
Stupeur amusée, quand, autour d'une table d'hôtes le jus du poulet nous fut présenté dans un superbe bourdaloue en Sèvres, trouvé aux puces par la dame de la demeure !
                       .................................................................................................

Le nâ è pi-e l'ruge

Publié le par François & Marie


Dindon1

Ill è contrèriée la bottrote.
Ill a bin vu : totes lè poulailles sant bi-inches. 
Y'a ranqu' Dineu- dindan qu'è nâ qu' m' en du cherban.



dindon22.jpg

J' vas te r' vouair' çan vit' fè, qu'ill sa dit.


dindon3.jpg
Vouai-an vouèr' c'tè poudrées pou la bue.
Qu'è ce qu'è diant bin ? Bouge point l' dindan.
Y va fér' gros d' mousse, ape y va t' récoeurer man Dineu.



dindon-41.jpg

Bin,bin, bin...Y'è point Byzance, c't' affér'...
Y'è bin auquouais, t'seu ruge ape nâ, ape j' crè bin qu' t'y restr'âs...
T'èrô ti cougnu l' gars Stendhal dè coups ?

texte en français


Publié dans Histoire en Patois

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