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Défi n°49 "Un métier à vos mesures" proposé par ABC pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Défi n° 49- 
"Un métier à vos mesures." proposé par ABC pour la communauté "Les croqueurs de mots."
Au royaume de l'imaginaire les nouveaux métiers sont multiples. Créez le vôtre. Donnez-lui un nom. Décrivez en quoi il consiste. Développez les qualités nécessaires pour l'exercer.
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Coq-Ovin.jpg
Pastourelle des mots escampés-

- Votre ouïe...
- Oui? Mon ouïe...
- Que dit-elle?
- Elle ne dit rien, elle perçoit.
- Et, jeune péronnelle, que perçoit-elle?
- Que moult internautes sont présentement à maudire, fulminer, tempêter, pester contre "la" Technologie qui a encore beugué, laissant fuir les mots pianotés au clavier.
Un parterre de messieurs tatillons à bedons et lorgnons, a voulu vérifier ce que mon ouïe est finement apte à capter.(Aptacapter, péronnelle vient de l'inventer!) 
L'enjeu est de taille. Au rang envié de "Pastourelle des mots escampés" je viens de postuler.
Ce qu'ignorent ces grisons, c'est que j'entends jusques (oui!) à leurs pensées, qui ruminent des amabilités telles que pièger, déstabiliser, pas de quartiers...  
- Comment préserver du néant les mots perdus qui s'envolent, que l'on ne revoit plus? Ont-ils interrogé, l'air roublard de vieux routiers qui ne s'en laisseront  pas conter.
-  Seules les fées le savent, les arcs en ciel sont leurs perchoirs préférés!
Il y eut de l'oeil rond et un peu de flottement dans le rang des barbons...
- Admettons!  En fatras méli-mélo vous les adoptez et leur offrez votre bienveillante hospitalité, mais comment les cibler, les cribler, en un mot les trier?
- En redistribuant à chacun la mission qui lui est destinée.
- Mais encore...Des exemples précis, je vous prie, s'exclame d'une même voix les membres du jury.
- C'est tout simple, il suffit de plouffer les mots d'esprit dans le champagne pour les faire pétiller! 
D'expédier d'une pichenette les traits d'humour inaugurer la pitrothèque. 
De murmurer, à l'édredon des mots doux, qu'on le verrait en héros si des phrases assassines il apaisait le courroux.
De calmer d'une camomille les "j'ai deux mots à te dire" retricotant, véloce, en mitaine de laine leurs querelleurs gants de boxe.
De débusquer les Abracadabras des mots de passe en tonnant "Qui va là ?"
D'accueillir les mots désuets, leur offrant pour leurs oreilles un cornet. 
D' offrir un mégaphone aux mots rebelles aussi bien qu'à ceux qui ne pipent mot.
D'engouffrer pour les polir dans un tambour émerisé les gros mots. 
De confisquer les ciseaux des demi- mots.
De savourer les clés des fins mots de l'histoire...
De féminiser les amours, les délices et les orgues,
De viriliser en revanche, amour, délice et orgue!
De bousculer sans états d'âme la colonne des mots d'ordre.
D'aligner, sur la plus haute étagère les mots communs tout étonnés,
De reléguer au niveau inférieur les majusculés courroucés. 
De temporiser d'un regard appuyé l'impétuosité du bon mot à placer.
D'organiser en orchestre les onomatopées!
De chausser de binocles azur les mots bleus, en rappelant ainsi qu'ils ne se disent qu'avec les yeux...
De réconcilier "l'espoir" avec le définitif "adieu". 
De sourire aux mots croisés, à cheval sur leurs hypothèses...
- Satisfaisant ce classement, nous en sommes bien aise! Entonnent les censeurs, gigotant sur leurs chaises.
- Du titre de Pastourelle, messieurs allez-vous me gratifier?
- Il se pourrait en effet...font miroiter ces vieux matous matois. La houlette en emblême allons vous décerner.
- Elle arrive à point nommé! 
Houlette.jpgEt la pastourelle voulant sa baguette étrenner, chambarde en riant tout ce drastique agencement! 
Ses moulinets libèrent de leurs entraves tous ces mots ligotés, heureux d'être à nouveau escampés. 
Voilà que l'on suffoque, trépigne, s'indigne dans le tribunal alarmé. 
Tandis que l'impertinente bergère, sa houlette en plumeau, redonne liberté à ses amis les mots.

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La Mèriènne

Publié le par François & Marie

Marianne(Marianne du 30 janvier, patoisée-)

Yètot din lè ègnias quarinte. J'ètos la réne d'la Majon qu'mune, mouais, la Mèriènne.
J'en è t'y eu lè esgourdes rébètues pou lè bisbilles dè ra-unions du mére ape san canseil. E s'arguignint, faillôt vouèr!
C'que j'èmos bin y'ètôt quand y'avot dè ptchiots jeûnôts que v'ni-int pou s'mèrier- "Ouais, j'la veux bin"- "Ape mouais atou!", qu'è djint. C'je là, l'mére s'preniôt poû in ministre! El ètôt ruge ape gonfié qu' m'en in poulôt!
L'raist' du temps, j'dremos, aveu dè areugnes su l'bounnot.
In je qu'ètôt point qu'm'en lè autres, yètot l' mèriaige d'la fi du mére, è z'an tout bin réqueuré. V'là t'y pas, vlan, qu'in côp d'pieumeau m'a fè dégarrouchi.
Me v'là t'y pas pou tarre, d'binel, in dô boûts... Bin j'ètôs èn' brav'!
An m'a queichi dan in quertan, lavousque j'a meusi, oh... bin dix âns.
In je, j'me rèvouaille è puges! T'y crè-te? 
J'ètôs toute ébarlutée, touj' in dô bouts, brav qu'm'en in vieux pigne à totos, t'vouais çan!
T'me crairas si t'veux, y'en avôt èn' que piètnôt qu'men èn' poule couisse, ill me viôt, ill me viôt! Mouais, y m' djiot ran, ill me fiôt pô! Hareus'ment, èn' brave fone (la traductrice est d'accord !) m'a sotchi d'ique. Bin gentite (la traductrice est re-d'accord!), ill m'a ramonée chu li, ill m'a dépous'rôtée, ill m'a renjibotée. Ill m'a mise au soulè, su la f'nétr' de s'n'âvier. L'âvier, li, è m'a fait la quaire, j'crais bin qu'el ètôt enviou: j'ètôs pi-e bi-inche que li! 
Daipeu l'temps an è dev'nis aimis. E s'mouque de mouais, not' dame m'a affubié d'aveu dè binocles! Pou que j'sè èn' Mèriènne aveu d' la jugeotte qu'ill a dit!
J'crè point qu'è m'servant à grind cheuse, ill m'lè a mises sû min bounnot!

Décodage de Marianne patoisée-

                   
AVIS: ceux qui crieraient HARO sur la redite auraient...RAISON! 
                  
CECI n'étant qu'un condensé patoisé du CELA du 30 janvier 2010.


C'était dans les années quarante. J'étais la reine de la Maison commune, moi la Marianne.
J'ai eu bien des fois les oreilles rebattues par les bisbilles au cours des réunions du maire et son Conseil. Il fallait voir comme ils s'envoyaient des piques!
Ce qui me plaisait, c'était quand des jeunots venaient pour se marier. - Oui, je la veux bien! - Et puis moi aussi! 
Ce jour là, le maire se prenait pour un ministre! Il était rouge et se redressait comme un coq!
Le reste du temps, je dormais, des araignées sur le bonnet.
Un jour différent des autres, c'était le mariage de la fille du maire, ils ont fait le ménage à fond. Vlan, je suis tombée, d'un malencontreux coup de plumeau.
Me voilà par terre, déglinguée, en deux morceaux...Ah, j'étais chouette!
On m'a cachée dans un carton où j'a moisi...bien dix ans.
Un jour je me réveille... aux puces, tu crois ça!
J'étais toute éblouie, toujours en deux bouts, jolie comme un vieux peigne à poux, tu vois un peu!
Tu me croiras si tu veux, malgré ça, il y en avait une qui piétinait comme une poule qui demande à couver, elle me voulait, elle me voulait! Moi, je n'en avais pas envie, elle me faisait peur!
Heureusement, une brave femme m'a sortie de là! Bien gentille, elle m'a ramenée chez elle, m'a dépoussièrée, m'a remise d'aplomb. Elle m'a placée au soleil sur la fenêtre de son évier. L'évier, lui, il a boudé. Je crois bien qu'il était jaloux : j'étais plus blanche que lui!
Marianne CopieAvec le temps, on est devenus amis. Il se moque de moi depuis que la patronne m'a affublée de binocles pour que je sois une Marianne qui a de la jugeotte!
Ses binocles ne me servent pas à grand chose, elle les a perchés sur mon bonnet!

Publié dans Histoire en Patois

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St Valentin

Publié le par François & Marie

Bonne fête gourmande à tous les petits biscuits !

St-Valentin2.jpg

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Chute de lichen

Publié le par François & Marie

lichen.jpgMèfiè-te bin!

- Bin t'vouais, è z'ant bin fè d'prèv'ni. Te devrôs bin t' méfi, y pourrôt fér' prou mô si c'tè ptchiots meusis t' chaillint su lè ètiots! Su l'crèn' y s'rôt du prôgi, y te r'baillerôt dè pouè!

- Heureusement, qu'ils ont prévenu. Méfie-toi des ces minus lichens, ils pourraient te faire très mal en tombant sur tes orteils! Sur le crâne ça te ferait du profit en te redonnant des cheveux!

Publié dans Histoire en Patois

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Le Ténor

Publié le par François & Marie

"LA RECETTE DU DEFI"  - n° 48 -
Proposée par Anne Le Sonneur pour la communauté "LES CROQUEURS DE MOTS".

"Prenez une recette de cuisine.
Sélectionnez cinq noms d'ingrédients ou/et d'ustensiles et autant de verbes d'action.
Battez ces mots dans un grand saladier métaphorique, fouettez-les à grand renfort de comparaisons.
Saupoudrez de quelques oxymores, litotes ou autres figures de votre goût.
Faites fi de la gourmandise! Brûlez la recette.
Puis, écrivez un texte descriptif (paysage ou portrait) qui tourne dos à la cuisine."

Ténorissime

Avant de se produire, le ténor mafflu avec soin, s'oint. 

Sa peau mi-glabre d'un baume gras il enduit.     (faire fondre le beurre) 

D'une poudre albe se farde.                              (ajouter la farine)

D'un geste prompt déparie les fruits d'Araucana,                  

(séparer les blancs des jaunes des oeufs à coquilles bleues d'une race de poules Araucana- Amérique du sud) 

Touille de sa mouvette leur partie rebondie,  (touiller les jaunes avec une cuillère en bois)

Ses iris dérobant prestement le pigment de l'écale.                  (garder le bleu de l'écale pour ses yeux)

Activant l'autre fraction d'un moussoir, en tignasse opaline.    (battre les blancs en neige)

Emboirant son teint d'un fluide lactescent.                              (ajouter du lait)

Fleurissant ses bacchantes de mignonnette et d'esprit,             (poivrer, saler)

Les embaumant de macis.                                            (parfumer de poudre de muscade)

Empâtant de Galalithe ses pâles rouflaquettes.                       (épaissir de comté râpé)

Se coiffant d'un caseret,                                              (mettre dans un moule à soufflé)

Béant, entonne con calore, delicatezza,           (ouvrir grand le four, délicatement chaud)

Frissonnant  vingt mesures simples du célébrissime Opéra "Formaticus caseus"...

 (faire cuire doucement vingt minutes le soufflé au fromage)

 

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