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Défi n° 62 "Tout le monde veut prendre sa place" proposé par Lilou-Frédotte pour la Communauté "Les croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

TOUT LE MONDE VEUT PRENDRE SA PLACE-

 Vous prenez la place d'un personnage ou d'un objet sur l'image. Vous racontez son histoire, ses émotions, ses impressions.

 

defi-62

Hier cet espace foisonnait de vie. 

Ce matin il est quasiment vide, figé.  

L'herbe, oui même l'herbe de la place, sous la terre s'est cachée...

Le banc a bien tenté de s'échapper vers l'arrière; il s'est creusé, creusé...

Mais ses deux pieds d'éléphant l'ont gardé prisonnier...

La poubelle, aussi vite qu'elle a pu a couru s'accoter au béton de la maison;

Rouille de trouille, elle observe, les yeux ronds. 

La bâtisse apeurée elle aussi, a juste pris le temps de planquer

En hauteur ses croisées, réduites à de petits pointillés... 

Bonz'un s'est aligné loin avec les réfugiés. 

Mains jointes il implore -  Du péril il faut me protéger,

En tronc d'arbre s'il le faut, je suis prêt à muer, pitié...

Dans le feuillage il tente de se fondre mais, va-t-il en réchapper?

En tongs et robe safran un fût a bien peu de crédibilité... 

Bonz'deux, angoissé, n'est pas là de son plein gré;

C'est cette maudite courte paille qui l'a désigné...

Il fixe la menace, tout en pupilles dilatées. 

Bouche ouverte, en apnée.

Le plat de sa main tente de rassurer,

Rien à faire, trapèzes tétanisés

Et deltoïdes bandés hurlent - Danger!

Les doigts de l'autre main sont crispés,

Agrippés au collier du tigre résigné.

Ce félidé rayé on l'a choisi; à le dresser on s'est même ingénié.

Il savait qu'à l'épreuve un jour il serait confronté.

Le moment est venu... Il lui faut assumer.

........................................... 

Tout est tétanisé. D'où vient cette frayeur?

Une angoisse est palpable, une peur...

Où se terre l'éventuel agresseur?  

...........................................

Approchez! Oui, vous... plus près! 

De vous à moi...j'ai un secret à livrer: 

Je suis le seul responsable du danger,

Et du tintouin qu'il a suscité, 

Et m'en trouve bien amusé! 

............................................

Pas sûr que vous m'ayez remarqué...

Mon tronc a l'air bien inoffensif pour un profane

Qui ignore que je suis un "douriane"*...

Et voilà l'énigme éventée!

Vous éventer, vous aèrer, croyez-moi vous aussi y courrez,

Lorsque de mes fruits vous découvrirez la fétidité. 

Mes "dourianes", des costaudes, plus de dix livres vont peser.

Banian2.JPG.jpg

D'énormes épines leur coque est caparaçonnée.

C'est leur odeur pestilentielle qui fait le plus parler d'elles: 

"Elles sont d'une puanteur socialement inacceptable". (... sic!)

"Interdites dans les lieux publics, même dans les bagages". (..sic!) 

"Leur odeur âcre et forte est proche de celle des égouts." (...sic!)

"Elle rappelle par sa putridité  alliacée,(... sic!) 

Les relents de vieilles chaussettes usagées". (si,si!..sic!)

Mais comme il en faut pour tous les goûts, 

"Les écureuils, les éléphants, les oran-outangs,

Les cochons et les tigres en sont friands" (...nan? si,si!)

C'est à leur ramassage qu'on a éduqué l'animal strié.

Il va mettre en paniers cette manne longtemps réservée

Aux seuls Empereurs de Chine. Ils étaient "envoûtés

Par ce plaisir parfumé" (... et re-sic !)

Mais ce genre de "gourmandise" doit se faire désirer;

Chaque décennie seulement, je donne à profusion

A ces moines de quoi gagner des picaillons.

En commerçant mes fruits, ils vont se faire du beurre,

Faisant leur l'adage: "l'argent n'a pas d'odeur!"

                                   ..............................................................................................

 

  * Durian: arbre de l'Asie du sud-est (prononcer "douriane", ça m'arrange!)

  

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15 août

Publié le par François & Marie

Aujourd'hui c'est la fête à Marie !

Les mots des rues changent de couleur pour lui souhaiter plein de paix et de bonheur.

François

P1020411.JPG

 

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Ono m'a toper

Publié le par François & Marie

- Wâââ!

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- Oupla! ...wââ!

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- Hep, wâ-wâ-wâ-wâ?

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- Zou! wâ-wâ!

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- Euh...wâ? wâ?

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- ...Wâ? Wâ?... wâââ-snif... 

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( Scénario et mise en scène : Marie)

 

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Défi n°61 "La valise" proposé par Lénaïg pour la communauté de Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Thème "la valise"-

 

Au fin fond des feuillages de mon arbre généalogique

Je me suis découvert une aïeule métissée  Arabo-Italienne,

 wahila (sac de blé...), valigia. 

Lointainement, (1856, pensez donc!) dans "Le" Bescherelle

Elle a fait parler d'elle. 

    Valise: s f - espèce de long sac de cuir, qui s'ouvre dans sa longueur, propre à être porté sur la croupe du cheval et dans lequel on met des hardes pour sa commodité.

Voyage

 

J'ai gardé d'elle quelques traits, à quelques détails près.

Les années m'ont rendue autonome.

Révolu le temps du doux balancement

Sur la croupe chevaline, confortablement tiède,

Aux effluves-crottin...

On a vissé sur mon dos une caractérielle poignée,

Qui s'escamote ou se pousse du col... à son gré!

Puis, après des années de cogitation,

On m'a boulonné deux paires de  roulettes, en arpions.

Pour l'heure, garée dans l'ombre d'un placard,

Je perçois la voix familière de ma globe-trotteuse attitrée

Qui alentour annonce, 

- Je vais faire ma valoche!

D'une poigne énergique elle saisit ma poignée.

Holà, ce poignet a l'air bien déterminé,

A l'horizon un voyage serait-il programmé? 

Moi qui dormotais flasque, je vais enfin gonfler!

Je connais le rituel, elle m'y a habituée.

J'emmènerai ma baroudeuse dans trois jours

Ou quatre, au plus tard. Pour l'instant, elle répète.

C'est un examen blanc! Elle va m'ouvrir grand,  

Face au placard aux habits. Elle a fait le tri,

Quatre piles qui, du voyage, ne feront pas partie:

En une, le trop chaud; en deux, le trop léger;

Trois, le trop habillé; la quatre (la plus dodue)

C'est la pile-déprime, celle des "c'qui n' lui va plus"...

chemises.jpg

Me voyant béer, elle se met à m'abecquer

De hardes indispensables! Pour magasiner,

Pour dormir, ou sur le sable se promener.

Il y en a aussi pour le "s'il pleut" en ville,

Le "s'il pleut avec vent" de suroît, de noroît .

Le "s'il fait chaud", chaud tempéré (son préféré),

Chaud caniculaire (son abhorré...), avec ou sans vent coulis.

Le "s'il vente" avec soleil ou sous une grande pluie.

Le "s'il fait gris: ardoise, anthracite ou souris".

Le "si le temps fraîchit en un après-midi."

Au secours! de hardes pour sa commodité,

Me voilà débordée, saturée et gavée!

Ma parole elle voudrait faire entrer Paris en bouteille!

Sapristi, à ses nippes elle tient!  Résultat, moi qui pensais

Partir seule en voyage avec elle, las! "Adieu la valise..."

("C'en est fait, tout est fini"), me voilà condamnée à cohabiter

Avec deux autres paquetages trop neufs et trop gonflés,

(Sainte Fermeture Eclair, veillez sur nos coutures!).

A-t-elle réalisé que par Dame Nature

De un + un = deux bras, elle a été dotée?

Alors pourquoi vouloir trois bagages joufflus adopter?

Sait-elle aussi qu'il lui faudra descendre puis monter,

Pour le quai "deux", trois raides volées d'escaliers.

A faire trois fois l'aller-retour se sait-elle condamnée,

Afin de convoyer ses triplées tour à tour

Abandonnant les unes puis l'autre sur le quai,

Sorte de Mère Poucet au dilemme confrontée.

N'osant solliciter l'aide des employés

" èsèn'céèfe" casquettés battant le pavé

Qui regardaient ailleurs lorsqu'ils la croisaient.

Exceptionnellement l'un des leurs, bien luné 

(viendrait-il par son chef d'être félicité? ou augmenté?) 

Bref, un normal, lui a proposé, 

- Ma p'tit'dame, j'vais vous aider! 

Reconnaissante, elle sourit - Merci, merci!

Mais grognotte en son for intérieur

- Merci pour la B A, mais p'tite dame... p'tite dame...

1m68 tout de même, hein!

- Y'a pas d'quoi! et nous dépose sous le tableau de composition

(souvent décomposé-inversé) de Maître TGV.

Prodige! La voiture "deux" stoppe bien où il faut!

- Une minutes d'arrêt!

En soixante secondes, "p'tite dame", énergique,

Dans le gros boa nous catapulte. .

Sur un lit de fakir, inconfortable, métallique et tout froid,

Elle nous coince et nous entasse, trio bien regroupé.

Puis sans un au revoir, elle investit la place vingt trois.

Dans le sens de la marche (bien aise!), siège isolé

(bien aise-bis!), climatisation en sommeil (bien aise- ter!),

Elle y feuillette des feuillets, y rêvasse éveillée,

Y dormote à moitié, y savoure chocolat à croquer.

- Terminus! Veillez bien à ne rien oublier.

Pour elle, dure réalité, elle doit nous assumer...

Résignée, elle nous propulse sur le quai, vlam, boum, splach.

Comme des sacs de blé! (hé, hé, certains n'ont pas suivi, je les ai repérés!)

Elle nous roulette jusqu'au pied du roulant (lui aussi) escalier,

En hâte et sans nous suivre, elle nous y projette, 

Nous abandonne à notre sort de bagages non accompagnés.

Pourtant elle ne peut nous renier, elle nous a bracelés,

Nommés et prénommés, comme l'a préconisé

En annonces suaves, au son d'un carillon,

Dame Simone Hérault, voix mélodieuse des gares.

Notre abandonneuse, en bas de l'escalier, figée, attend. 

Pour elle le temps se suspend. Elle le savoure avec chouchou,

Son précieux sac besace qui la tient par le cou.

Elle se donne l'illusion de voyager enfin léger!

Elle regarde amusée les autres qui se pressent

Accrochés à leurs bagages comme à une laisse...

Fi, elle n'est pas de ceux-là! Elle se délecte ravie,

Du luxe de deux mains vides au bout de ses bras ballants.

- S'il vous plaît le temps, encore cinq secondes de sursis...

Quatre, trois, deux, un... puis pose un pied, à regret

Sur cette marche qui va grimper, grimper, grimper

Et la déposer malgré elle près d'un trio de valises vautrées.

Qu'elle  feint de ne pas reconnaître,

.............................................perfide indifférence... 

Elle est près de  nous renier.

L'oeil suspicieux d'un vigile la rappelle à la réalité. 

Elle s'ébroue et sprinte, brandissant sa monnaie,

Quand faut y aller, faut y aller! 

Décidée, elle libère de ses chaînes le dernier europhage-chariot,

A la barbe d'un grand escogriffe, interloqué par son culot, 

- Priorité! Moi meûsieur, j'ai des triplés!

Fermement, elle nous tasse sur l'engin à roulettes,

Aussi ouaté que le lit du yogi,

Et, déterminée, nous drive vers la sortie. 

Finalement à bon port nous sommes arrivées.

...Il ne reste plus qu'à espérer que les pots

De confiture-maison qui farcissent ses chaussons 

N'auront pas explosé dans le feu des actions.

...Le retour?

Que croyez vous! Même scénario, mais à rebours... 

 

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