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54 articles avec histoire en patois

Paris et ... Marie-Tout-Court.

Publié le par François & Marie

pépé bienveillantSur le banc de pierre à l'ombre du sevrond (avant-toit), le pépé fume placidement sa vieille bouffarde.

(Accoubaîchie veu sê pids) Accroupie à ses pieds, Marie-tout-court (aidieuceugne) agace d'une brindille une colonie de fourmis cabochardes.

- Alors "la parisienne"! si tu me racontais un peu ton séjour dans la capitale.choupinette2

- Paris? bin t'sais pépé, pouhhh, c'est presqu'aussi grand que ton grand pré... mais lè -vant l'harbe, y'ê dê majons...ape le bief, y'ê èn'Séne (là-bas, l'herbe, c'est... des maisons. Et pis le ruisseau, c'est une Seine) de sept- sept- sept kilomètres, t'rends compte! Y'a pas de r'n'oïlles (d'grenouilles), mais y'a des mouches en bateaux qui passent sous le pont Alexandre bâton- bâton-bâton.

Pont

- Eh, eh! avec autant de bâtons, c'est le pont le plus solide de Paris!

- Ch'ais pas...y'en a plein d' ponts. Y'en a un où un zouave guette avec son fusil pour faire peur à la Seine; il aime pas quand elle lui gauge (mouille) ses pieds.

Marie-tout-court parle en connaisseuse. Elle vient de passer une semaine dans la famille très parisienne de son compère Charles-Edouard.

- Tu sais pépé, là-bas, y'a un clocher de géant, Tour et Fiel qu'on dit. Tu verrais comme il est haut! Y'a pas d'coq au-d'sus, t'sais pourquoi pépé?

- Bin pardienne, parce qu'il aurait l' lodiot! (tournis)

- Nan! C'est passequ'à Paris y'a pas d'poulailles (poules) ape l' poulôt el èrôt la deure (et le coq s'ennuierait).

- T'as raison ptchiette!

- Y'a aussi comme un grand pont tout haut, tout haut; d'ssous y'a pas d'eau mais du feu pour un soldat qu'on connaît même pas... c'est bizarre hein.

- J' t'expliquerai.

- Y a aussi sur le Mont Marthe, une m'ringue très géante... elle se mange pas pass'que c'est un coeur sacré, m'a dit Charlie.

- Et c'est beau?

Marie Tout Court3blanc- Très! tout blanc même quand y'a pas d'neige...Y'aussi une grande, mais grande maison où y'a pas d'tables, pas d'chaises, pas d'casseroles...que des calendriers pendus aux murs. Y sont grands, mais graaands avec des belles images, et pis c'est jamais fermé passequ'on l'appelle "L' Ouvre"... 

- "Le Louvre"! C'est un musée et les calendriers sont des tableaux.

- Ah ben nan, c'est pas des tableaux pisqu'y'a pas d'maîtresse...Pis un jour avec Charlie et Nanny, on est allés voir une dame à eux.

- Ah... Elle était gentille?

- J'sais pas, j'l'ai pas vue...Y m'ont seulement dit, on te présente notre dame.

- C'est pas une vraie dame, c'est une cathédrale, Notre Dame de Paris.

- Bin, moi j'aurais quand même bien aimé la voir la dame... Son Jardin des Plantes au Tcharlie, lui, j'l'ai vu. Wouaille, j'te f'rai dire qu'y r'semble pas à çui d'mémé, y'a ni pôreaux, ni poumètares (ni poireaux, ni pommes de terre), mais des flammes en rose et des t'as- qu'à -pas éééénoooormes!

- Des catalpas peut-être?

- Nan, des "t'as qu'à pas", j'te dis!  avec des jolis coeurs en feuilles. Eh bin, t'sais quoi pépé?

- Nan, ma pépette, dis voir...

choupinette- C'est un secret hein! Charlie m'a dit, "j't'offre mon coeur", en m' donnant une  feuille  du t'as qu'à pas...J't' la montrerai si j'la r'trouve,  j'l'ai garée dans mes socquinettes, et pis moi j'y en ai donné une aussi.

- Vous avez échangé vos coeurs!

- Voui et pis on va s'marier... quand on aura le temps.

- Tu m'inviteras?

- Ah bin voui! Tu mettras ton beau costume! T'sais pépé, à Paris, les gens y sont tous les jours habillés en dimanche, des beaux chapeaux, des bottines qui brillent, des fourrures, tout ça...

- Je me ferai tout beau et je me raserai de tout près avec mon coupe-chou et c'est toi qui fera l'étrenne de ma barbe!

- Promis pépé! Le Charlie lui, j'crois que personne lui demande le bisou-étrenne- de -barbe, le pauv'...Et pis, il a pas d'chance, y faut tout l'temps qui s'dépêche...

- Ah! comment ça?

- Bin voui, il habite un immeuble "on se magne hein"...

L'éventail des rides du sourire s'accentue au coin des yeux du pépé! Il rectifie,

- Haussmannien! du nom du préfet Georges -Eugène Haussman qui a fait bâtir ces bâtiments.

- Ah bin alors c'est l' Georges-Eugène qu'a dit: dans mes appartements, défendu de jouer aux billes sur les points de Versailles du parquet, défendu de courir sur le grand balcon filant, défendu de se pencher pour voir les gens p'tits comme des fourmis sous la porte cochère? C'était un défendeur de tout, çui-là!

- Pas vraiment! Je te raconterai.

- Et pis, t'sé c'est p't'être lui aussi qu'a dit qu' les z'enfants y mangeraient avec Nanny dans l'office et pas avec les grands... Les aut'gens du "on-se-magne-hein", chai pas où y sont à midi, mais l'soir, y vont dîner (qu'y disent... nous on dit souper, hein pépé?) dans la salle à manger avec des z'argenteries et des beaux lustres, hannn! tu verrais...Et pis y'a des meussieurs en n'habits et en papillons blancs qui disent "ma chère" aux madames qu'ont des colliers, des bagues et des z'éventails et pis qu'y ont le droit, eux, de piétiner en bottines sur le parquet de Versailles.

- C'est chic tout ça, dis donc...

majordome.jpg- Voui hein...Pis t'sé, y'a un maître d'hôtel, Bradley. Y boude tout l'temps çui-là. Y se r'dresse comme le coq de mémé. Avec ses gants blancs- même quand y fait pas froid- y fait toc-toc à la porte de la cuisine, il entre pas, surtout pas! Il attend les paumes tournées en haut, comme not'curé à la messe avec les z'enfants d'choeur. C'est Francis, le Major Dôme qui lui ouvre et Cindy, la cuisinière- et rien qu'elle, hein- qui lui présente les plats  pour Mâdâme-est-servie. Y s'en r'tourne en faisant la lippe, y r'garde personne, y dit pas un mot... T'rends compte pépé, y dit même pas merci...

- Ah ça fillette, le "grand monde" a de surprenantes moeurs...

- T'es déjà allé à Paris, toi pépé?

- Oui, y'a trente ans avec ta mémé, pour le baptême de ton tonton Marius.

- Bin! Pépé tu t'trompes, c'est les bébés qu'on baptise et l'tonton Marius c'est pas un bébé, il a d' la moustache!

- Il a été bébé lui aussi.

- Ouh! Chuis pas sûre...

- Les parents du Marius, l'Adrienne et l'Georges habitaient le casernement où l'Georges était garde républicain à cheval.

- Han, la chance! à ch'val!

- Oui, il avait fière allure en uniforme. Ce dumoine (dimanche), à la fin du bon repas, vins fins, café et pousse-café...

- Il est bien trèniau (lambin) ce café, faut toujours l' pousser...

- Oui, hein! l'Georges donc, nous a proposé de faire le tour de la caserne pour nous présenter son cheval. Dans les escaliers, v'là t'y pas qu'on croise son commandant, l'Georges se roidit et fait un salut militaire dans les règles. Sourire en coin, son commandant lui tapote l'épaule "Repos, Georges"! Qu'est ce qu'on s'est marré,  ton grand oncle avait oublié qu'il était en bras de chemise et la cigarette au bec!

- Ah! bin pourquoi l' commandant il envoie l'grand tonton se r'poser?

- Fillette, sache qu'on ne salue un supérieur que lorsqu'on est en uniforme, tête couverte et ...sans mégot!

- Allez pépé! jette ta pipe! On dirait qu'on est en uniforme-couvert, apprends-moi à faire un salut pour que j'épate le Charlie!

choupinette2_0001.jpgUne partie de l'après-midi, Marie-tout-court a testé son salut réglementaire sur le petit peuple des fourmis. Constatant que ses ordres de "repos" et ses moulinets de bras restaient sans effet, elle a déclaré à ces travailleuses acharnées qu'elles n'étaient que des dures de la feuille et des snobinardes. 

Très vaguement (et très brièvement) contrariée, elle s'est éloignée en pirouettant dignement  en leur tirant la langue et en leur faisant les cornes et des grimaces (actions fortement réprouvées par les fourmicophiles avertis) ,en quête d'èn' reutchia d'mié qu'lê fremis n'èrant point, taintpés pou y-e, la-la-lèreu! (d'une tartine de miel que les fourmis n'auront pas, tant pis pour elles, la-la-lèreu!)


Publié dans Histoire en Patois

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Marie-Tout-Court chapitre V

Publié le par François & Marie

Résumé

Charles Edouard, jeune parisien en villégiature chez Marie-Tout-Court, découvre avec émerveillement tous les charmes de la campagne. Sa jeune préceptrice se fait une joie de l'initier au parler authentique des gens de la terre en lui faisant découvrir les charmes de la vie au grand air ...Marie-Tout-Court vient de sauver son ami d'une périlleuse piqûre d'ortie.                                                  

meuh


................................. 

- Vouais, hein!

- Qu'ê c'qu' vôs ménédiaincie (manigancez) don lê ptchiots? s'informe la mémé qui a eu vent du remue-ménage.

- C'est rien mémé, c'est juste qu'les z'orties ont fait un câlin aux dgenonies (genoux)du Charlie!

- Y'ê ran! Y fê circulaïer l'saing, rassure la mémé. (C'est pas grave, ça fait circuler le sang) 

- Mémé! Nanny! an cause ê vêches in patouais, ape ills rèpondant! affirme Marie guillerette.

p'tiote-Vôs seutes dê ch'naillots! si lê pt'chiots neurins vôs migeant point ape qu'lê grôs couchons vôs laissant, vôs êrez lê! Ape y vaut mi-e çan qu' d'causer à san bounnot! (Vous êtes des espiègles!"si les p'tits cochons vous mangent pas et si les gros vous laissent", vous irez loin! Et pis c'est mieux que d'causer à son bonnet!),concède la mémé.

- Tchârles- Edouïâl, dèpouï que j'saïs qu'on ne qu'ïou pas les feuïlles dê grusâlles, maïs les pïtïts bïoules rïouges, ape qu'y a point d'âbre à patates, mouaïs êtïou, j'quïause l'patouais, assure fièrement une Nanny en sabots terreux, transpirant sous le guingois de son chapeau de paille. (depuis que j' sais qu'on ne cueille pas les feuilles des groseilles, mais seulement les petites boules rouges et qu'il n'y a pas d'arbre à patates, moi aussi je comprends le patois.)

- ...Dê âbres à patates...Ill bargeotte (elle gagate) la Nanny! J'te flanquerôt man biâ qu'ill va nôs fêr accrère qu'ill en a voy-u ê cotchi dê piantes...(j'te ficherais mon billet- j' te parirais- qu'elle va nous faire croire qu'elle a vu des arbres à patates au Jardin des plantes) rababouêne (bougonne)Marie tout-court. Allez viens Tcharlie, on va jouer aux billes dans le pré dê couchons.

- Les billes chez les cochons? Diantre ça n'est pas dans ma culture. En revanche, je suis un redoutable adversaire au jeu d'échecs. Une fois par semaine, dans le salon d'hiver, j'inflige à Nanny un "échec et mat" qui l'agace fort, elle en toussote de contrariété...cocasse, non?

P-tiote-1.jpg- Ouh bin l'Charlie, v'là qu'te fê l' bellot, que te d'vins grimacier (voilà qu' tu fais le prétentieux, qu' tu fais le "difficile")! Te v'là tout bourenfle (enflé) d'grands mots...Bin moi j'ai ni échecs, ni salon, mais j'te f'rai dire que j'suis bin aidraite pou fêr' rétaquer lê carrenèes (bien habile pour faire résonner les billes), dans la pôs'rote (poussière) de la souille à couchons (les cochons s'étaient approprié un espace pour se vautrer, la terre y était fine, propre et blonde comme du sable fin, c'était un délice d'y tracer des jeux de billes). J' va t'apprendre à creuser un pot, à quiller et pis à faire un carreau, mais t'as pas intérêt à frouiller (tricher), j'te guette!

Tac, tac, les billes d'argile des compères s'entrechoquent gaillardement alors que le clocher annonce midi et que la mémé claironne,

- Aààà la souupe!

In vouaillant lê boubots, ill en baîlle bieu, l'subiô coupé! (Elle n'en revient pas, le sifflet coupé, en voyant dans quel état sont les deux gamins!) 

- Aga mouais çan! Vôs seutes dê frais, lê douais campvoulants! An crêrôt dê ébouailles. Dépâdjie vôs d'vôs dèpiatrer sô la pampe d'l'auge ê vêches. Airouche!.(R'gardez-moi ça! Vous voilà jolis, vous voilà propres les deux romanichels, on dirait des épouvantails. Filez vous décrasser sous la pompe de l'auge à vaches. Grouillez-vous!) 

Sommairement rincés, éclaboussés d'eau fraîche et de rires, les loupiots se faufilent à la table familiale pour la mérande (repas de midi).

Nanny, convertie au tablier de cotonnade et à l'ambiance bucolique lève son verre et réclame,

- Dou pïcrouâte, pëpë, s'ïl tou plaït! 

Dans cette ambiance joviale les marmousets bricolent!

Charles- Edouard appliqué, aligne sur les bords de son assiette un méticuleux démêlage de pâtes à potage. Elles annoncent sans nuances "vive marie et béret bouse".

La malicieuse Marie tricote en tapinois les bretelles de son compère au dossier de sa chaise.

Mais voilà qu'on "sabote" dans la cour.

- Y'a-t-y quéquion dans c'ta mâjon qu'êrot b'sin que j'm'aidi, pou lê m'nanges?

(Y' aurait-il quelqu'un dans cette maison qui aurait besoin d'aide pour les vendanges?) lance une voix joviale en guise de présentation.

A la campagne, pas besoin de sonnette. pour prévenir de sa venue, an cheupe an montant la côre) (on s'exclame en entrant dans la cour).

- Oh bin, t'vouais l'Vencent... pou lê m'nanges y'ê point tintât, y'ê auj'd'heu in tchïnze, souligne malicieusement le pépé. Mê d'abôrd qu't'ê ique, n'entre don, vint trinquer d'aveu nôs ape chmèquaïe in bout d'têtre d'l'Aurélie, t'voirâs, y'ê point du ciré d'vieux gaichon! 

(Oh ben tu vois l'Vincent...pour les vendanges c'est pas pressé, c'est pour dans quinze jours. Mais puisque t' v'là, entre donc trinquer avec nous et goûter à la galette de l'Aurélie, tu verras, c'est pas du gâteau mal cuit d' vieux garçon!) 

L'Vincent ôte gauchement le béret q'y a bel âge qu'el ètôt vissi su san crâceuse.(éternellement vissé sur son crâne de sexagénaire chauve).

TimideE maiyennaise in ptchiot évant d's'aster qu'm'en sû dê ûs,veû c'ta étraindjie qui li démingeot d'vouair de pieu prés. (Il tergiverse un peu avant de s'asseoir précautionneusement, comme sur des oeufs, aux côtés de cette étrangère, qu'il lui démangeait de voir de plus près.)

De mémoire de galette de feutre, aucune n'a été aussi pétrie et triturée que l'a été ce jour-là le béret du vieux veuf, bin trebi (tout émotionné).

L'assemblée s'interroge: sont-ce les effets du picrate ou ceux du malaxage de béret qui font rosir les Nanny's pommettes et papillonner les inglish's cils?

Les paris au jeu de la séduction sont ouverts. Peu concernés, les juniors filent à l'anglaise pour infliger aux portes de grange une partie de balles jonglées. 

Et que ça virevolte, pirouette et roucoule de rires!

- Paumi-pauma- certificat- de bonne étude -pour avoir mis -la main au front- au dos- aux pieds...

On triche juste un peu, on se bouscule; fièvreusement on fourrage dans les herbes pour gagner le titre de meilleur dénicheur de ballon égaré et puis... pfff! on s'affale en écaquelées (éclats de rire),recrus d'amusements, à l'ombre du vieux tilleul. 

Marie Tout Court copie

- Pou-ou-ou-ccce! hoquette Marie, on va faire une p'tite mérienne (courte sieste après le déjeuner). C'ta vêpriâ (c' t' après-midi) on f'ra d' la marelle sautralante (à cloche-pied), et pis aussi, on tressera des p'tites chaises en embirlificotant des joncs. Et pis t'sé, au jeu d'la ficelle, on f'ra l' tambour, l' berceau du chat, l' parachute...hé?... tu dors?... pis on comptera les fourmis avec un boulier, mais... Tcharlie, tu dors pour de vrai?...  J'te dirai le secret pour zieuter dans le puits sans te faire croquer par le tire-bigot (croquemitaine franc-comtois.), ape vouler le niau d'lapôlaille-couisse sin t'fér' bocquer...(et puis voler le faux oeuf de la poule qui demande à couver, sans te faire becquer). Eh, Charlie?... Pou le vêprenon, y'èra dê reutchas d'cramaillotte... (pour le goûter, il y aura des tartines de gelée de pissenlits...)

Chut! sous le tilleul gonflé d'abeilles ils se sont endormis...

 

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Marie-tout-court chapitre IV

Publié le par François & Marie

Résumé: Les deux loupiots gambadent dans les prés et Marie-tout-court  s'adresse aux montbéliardes qui paissent nonchalamment dans les pâtures.

- C'est magique! tu causes vêch?

- Oui mon bon...c'est inné, assure Marie-modeste.

- Qu'esse tu leur as dit?

- Oh, tout simplement "salut lê vêchs, c'tu gaichon, y'ê m'n'êmi".

- O-i-oleu o-i-oleu o-i-oleu! s'essaie Charlie.

- Mouuuh! répond la vieille Rosette dérangée dans son broutage par cette petite voix pointue.

- Tcharlie! te causes vêch atou! Qu'esse tu lui as dit?

- Oh, tout simplement " J'suis bien content qu' Marie-tout-court soit mon amie" et elle a répondu "Mannnh, c'que t'en as d'la veine"!

Moumousse, un tantinet vexé d'avoir été évincé des dialogues, furète dans les traces de Mon-gris, le patte-pelue de mémé. Dans sa caboche, il y a comme une tracasserie...et si ce félin hypocrite avait changé de figure... Mousse n'a pas rêvé... hier soir, il a bien entendu le p'tit parigot qualifier le matou de "tigre courtaud ", d'un certain jardin de je n'sais quoi et de je n'sais où...

Le gardien de troupeau se sent la truffe enquêtrice. Il file éclaircir cette énigme, laissant derrière lui les deux zinzins qui se congratulent, mutuellement convaincus de leur dons en parler vache.bouse.jpg

- Eh Marie! dis, t'as vu, dans l'herbe y'a plein de bérets comme le mien...

- Hihi, voui! marche dedans du pied gauche et t'auras plein de bonheur!

- Ma-gique!

- Nan, cho-gne! (bouse!)

- Dis, Marie...les vaches... ta mémé elle en fait du civet ou du boudin?

- Hi hi, ses gamelles s'raient bien trop p'tites! Avec le bon lait des meuhs, ma mémé, elle fait d'la galette au cômeau, ("goumeau", tarte franc-comtoise au flan*) avec un quaton (une bonne dose!) d'beurre d'vaches, d'la crème d'vaches, et pis d'l'haut d'la fleur d'or en gé.

T'fê èn boun' pât' brisia. T'la laisse fèr' èn' ptchiote mèrienne. Pendant c'tu temps, t'fê tan c'mô: èn' Béchamel d'aveu in bon caton d'beûr', djeuais cullies d' fèrine qu'te laiches v'ni couleu neusille, t'vaich' la moitie d'èn' trappe d'laie, te turn, te turn ape te turn pou qu'ill sêt bin hoilouse, t'mets du bon mié ou bin du socre si t'es chire, ape trouais, quatre cullies d'eau de fleurs d'oranger. Te sô ta cais'roule du fu, ape t'caisses trouais bons us, ape djeux, trouais bons catons de c'ta boun'crém de tê vêchs, te turn, te turn, te turn.Te t'en n'y vas rêvouailli tan pâton, t'l'êtâles, t'le mets dins èn'tôle nouère, t'li faïs in grind trottouèr. Te vaich ton c'mô, t'rabats l'trottouèr, ape t'enforne. Quind y'ê-t-y queu? t'y vouais bin, la piô ê gonfia, neusille, ape y sent-y bon, t't'crairôt so lê nèrolis!

* Il faut une bonne pâte brisée-maison toute simplissime (100g de beurre (salé, c'est encore meilleur), 200g de farine), qui va reposer au frais pendant la préparation du goumeau: sorte de sauce Béchamel sucrée (40g de beurre, 40g de farine, 1/2l de lait 1/2 écrèmé (LDL oblige...) arômatisée à l'eau de fleurs d'oranger dans laquelle on ajoute, hors du feu deux ou trois oeufs (ouille! LDL...) et...une ou deux cuillères de crème crue épaisse (re-ouille! LDL...). Bien veiller à lui conserver son aspect rustique en rabattant un large "trottoir" de pâte sur le goumeau. Cuire th 200° C, vingt à trente minutes, jusqu'à ce que le dessus soit tout joufflu (au sortir du four il va s'affaisser en formant de belles vagues, couleur noisette) et que la maison embaume le bigaradier!

- Wouah...d'l'or en gé?  ça doit briiiller... bée le Charlie, c'est quoi?

Sourcils haussés, lippe dubitative, Marie-tout-court semble être prise de court...Levant jusqu'aux oreilles ses épaules caracotées de rouge, elle hésite.

- Pfou...J'sais pas, moi...C'que j'sais c'est qu'ça fait de l'essqui qui fait briller l'coeur et  l'bedon! C'est du bon miam, tu verras! 

Les deux investigateurs en recettes du terroir ne s'attardent pas en inutiles interrogations. Tandis que l'un s'aventure, genoux au vent dans les herbes folles d'un fossé, l'autre ré-arrime la barrette de sa décorative choupette à pois.

- Ouille, aïe, ouille, exprime sobrement le Charles-Edouard en s'extirpant du talus herbu. 

- Qu'est-c'qui t'arrive encore! interroge l'enchoupettée.

- Rien...c'est rien... Tiens Marie, voici pour toi "la plus belle chose", assure avec pompe l'explorateur des anti-boulingrins.

- Ahhh?...

- Voui, un saphir, affirme gravement Charlie- le -preux en brandissant la dodelinante bille bleue d'une scabieuse des champs, un tantinet malmenée.

- Ahhh!...

- Mère porte cette pierre azur, copie de la bague du roi Edouard le Confesseur, à qui on doit Westminster Abbaye, les soirs de réception bleu nuit.

-  Ah?... elle met une veste de mystère abeille...? Bouh, c'est compliqué, dis donc...

- Donne ta main, gigote pas! Voilà, je mets à ton doigt "la plus belle chose", c'est le p'tit nom du saphir. A présent, tu as le même que celui de Mère.

- Han...çui-là est bien plusse beau passe'que c'est un saphir des prés. Merci Charlie, t'es gentil...Bin tiens, moi j'te donne un n'escargot!

- Bouh...Ouille, ouille, ouille...ça pique...

- Bin, qu'est-ce t'as à ginguer comme ça? Un n'escargot ça poisse, ça bave mais ça pique pas...

- J'te dis qu'ça piiique...pis ça graaatte!

- Wouaouh, mon pôvre! tes g'noux sont écrevisses, oh pis tes mollets aussi, et pis tu cloques!

- Bouhh... j'veux pas cloooquer, j'veux pas mouriiir, pleurniche le dénicheur de saphir.

- J'sais pourquoi! pédagogise Marie -tout-court, t'as sautralé (sauté en piétinant) dans les zorties!

- Des z'orties cloqueuses? Y'en a pas au Jard...

- Ah, r'commence pas avec ton Jardin des Plantes, hein! Amène-toi vite dans l'jardin d'mémé, j'vas t'guérir!

- Y'a l'feuu dans mes g'nouux, se lamente le fraîchement libéré des protectrices robes longues.

- Couine pas, donne-moi la main, on court!

Ils déboulent en trombe dans les allées potagères où Marie arrache prestement des poignées de feuilles d'oseille. Elle en masse vigoureusement genoux et mollets urticariens d'un Charlie piaffeur,

- Brrr, c'est froiiid!... pouah... j'suis tout verdasse!

- Hihi...on dirait une r'noïlle (grenouille), mais t'es pas mort!

- ...Bin, nan! Pis...ça pique plus! T'es ma sauveuse!

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Marie-Tout-Court chapitre III

Publié le par François & Marie

- T'es nigaud... J'vas t'dire un secret: en automne, y'a un jour qu'j'aime pas, tsé...C'est l' jour d' l'édredon rouge...                                                           

- C'est pourtant gentil un édredon rouge...

- Voui...l'édredon ça va...c'qui va moins c'est l'jour du cochon-boudin...Tsé l'cochon ça voudrait pas d'venir boudin...alors, quand y voit l' couteau grannnd comme ça, y couiiine, y couiiine mon pôv, tu peux pas savoir...alors pour plus l'entendre couiner, j'me fais peloton sous mon édredon rouge, j'me bouche les oreilles et je chante "à la claire fontaine", plus fort que l'cochon et pis des fois j'm'endors...quand j'me réveille le cochon est boudiné!

edredon-rouge-jpg

- Eh bin un jour, j'te tiendrai la main sous l'édredon rouge et on chantera ensemble, tu veux bien?

- Voui et pis après on mangera du boudin aux pommes, mumm, c'est bon!

- Y' a pas de boudin aux pommes au Jardin des plantes...

- Qu'est -ce tu crois, y'a pas tout à Paris. Fais gaffe où tu mets les pieds, ici y 'a des crottings d'pioules!

- ...Ben dis donc, tes cygnes  y sont bizarres...même pas blancs et tout p'tits-riquiquis, et pis ton lac...au Jardin des pl...

- Stooop, l'Parigot! te m'lasses d'aveu ton Cotchi dês piantes, ique an ê les pis din la vré de vré caim-pai-gne, direct! Mês cygnes y'ê dês câ-nâs, ape man lac y'è in gouillat pou s'gaugi. N'y v'là, y'ê à prendr' ou bin à laissi!

(Tu m'fatigues avec ton jardin des plantes, ici on est en direct les pieds dans la vraie de vraie campagne. Mon lac c'est une pôv'mare où on se mouille les pieds dans la boue et mes cygnes, des canards rustiques. Voilà, c'est à prendre ou à laisser!) 

- ...J'voulais pas t' fâcher Marie-tout-court, mais t'sé, j'suis un peu déboussolé, j'te f'rai dire... Nanny m'avait dit que le Jardin des Plantes c'était comme à la campagne... et pis y'm'faut polyglotter, c'est pas facile... Nurse veut que j' jase qu'en Anglais, ta mémé cause très patois et toi tu baraguouines du franchou-patoillard...

- Bin, t'as qu'à choisir, mon p'tit vieux!

- Y'est fait! y'ê tê que j'chouaisis, dear Marie-tout-court!

- Allez vins, dgenti bétassot, on va dire bonje ê vêch's!

Ils se carapatent, main dans la main. 

Jappements joyeux et langue en métronome mouillé, Moumousse les devance à la découverte de son troupeau. 

- Oïlle oïlle oïlle, iolde Marie.

Les paisibles comtoises immobilisent un mufle interloqué, aux pendouilles d'herbe grasse.

- Marie déraille, on ne oïlle pas en rosée du matin! disent leurs regards incrédules, on oïlle lorsque les pis sont tout joufflus et que le tilleul devient plus petit que son ombre...

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A suivre...


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Marie-Tout-Court chapitre II

Publié le par François & Marie

- Sachez  Miss Nanny, que ma ferme n'est pas "sale", elle est "vivante", rectifie l'aieule, piquée au vif. Y'ê pas l'tout, vôs atou, vôs r'sembiê à èn' pôle d'leuxe, d'aveu c'ta balle biaude in bengaline bieusse-vierge-mêrie, constate -t-elle en se signant! (C'est pas l'tout, vous aussi ressemblez à une poule de luxe avec cette belle robe en bengaline, bleu vierge-Marie.) 

les-greusailles.jpg- What?

- N'enfili dan ce d'vantier ape c'tê sèbouts pou v'ni d'aveu mouais queudre lê grusalles. (Enfilez ce tablier et des sabots pour venir cueillir les groseilles avec moi.)

- But...I don't no...(Mais, je ne sais pas...) 

- Si vôs sétes point, vôs z'êrez qu'à n'êpparer! (Si vous savez pas, vous n'aurez qu'à apprendre!)

 NannySabot.jpgMarie-tout-court et Charles-Edouard complices n'ont pas ce genre de questionnement, ils caquètent au milieu des volatiles.

Charles-Edouard sursaute, 

- Ah!... un presque- loup...il...il m'a lapé le poplité!

- Hihihi! gros bêta, c'est mon Moumousse, mon gros toutou berger des vaches. T'sé, j'crois bien qu' t'es accepté, sinon il l'aurait croqué ton... pot plité... ?...Dis, Charlie...le pot plité... c'est que les garçons...euh... qu'en ont un... pot plité?

 - Mais non benête, t'en as deux toi aussi, tes jarr...Hey! tiny ostrich! comme au Jardin des plantes! So pretty!  ( Des petites autruches, si mignonnes!) 

- ...Bin chez nous on écrit ça "pucines écouvas", des poulettes cou-nu, quoi!... pas moumoussedes autruches! T'sé c'qu'on va faire? an va yeu z'y bailli yeut' pâtée d'trequi (maïs), petit petit petit!

- Petit petit petit... trequi... petit petit! Ouch, y'a une grande cou-nu toute rouge à l'air pas commode.

- T'inquiète! monseigneur le coq se vexe facilement s'il n'est pas servi le premier. Fais gaffe aux représailles, planque tes mollets!

- ...Finalement...ma robe longue...si j'avais su...Pouih...cette mangeaille, ça colle aux doigts!

- Bin tu les lêches! r'garde l'Moumousse, y s'régale.

- Slup! ...bin... l'trequi, c'est pas mauvais, dis donc!

- On t'f'ra des gaudes, c'est d'la pâtée d'trequi pour les humains.

- De la pâtée -pour- les- hu-mains? T'es sûre?

- Voui! T'sé c'est moyen bon, mais rigolo!  Avec ta cuillère tu plisses le d'sus de la bouillie et c'est magique, t'as dans ton écuelle d'la peau d'éléphant propre!

- Pourquoi t'as plein de poules?

- Pour faire les oeufs en omelette et les poulets en rôtis, pardi! Viens, j'te présente les clapiers.

- Hello, little sand fox!

- Où qu' t'as vu ça toi!  Y sont pas "sans force", j'te f'rai dire, rouspète Marie -tout- court agacée.

- "Sand fox", renard des sables...

- T'es bigleux, l'Charlie, c'est pas des r'nards, c'est des lépins, des lé-pins d'foin.

- R'garde, y marmonnent...qu'est ce qu'y disent?

- Y disent "c'est qui c'benêt qui nous prend pour des fennecs?..." Tiens, donne -leur des grugnots (plantain) mais pas d'trèfle hein, y d'viendraient baudruches.

- Pe-lu-ches, pas bau-druches.

- BAU-DRU-CHEU, j'te frai dire! l'traye lê fê gonquier qu'ment dê baudruches. (Le trèfle les fait gonfler comme des baudruches.) Tiens, tâte donc pour voir s'il y a encore de l'eau dans leur casserole; les lapinous, ça aime bien qu'on leur arrose la gargamelle!

 - Y'a presque plus d'eau... mais y'a plein de p'tites boules de cachous...

- Des cach...?...!Ah oui! Oui, oui, normal... c'est une race des lèpins à cachous, goûte!

- ...Moelleux! mais...à Paris, le cachou ça sent pas tout à fait ça...

- Re-normal, çui-là t'en trouveras pas dans la capitale, c'est du spécial, du vrai de vrai cachou-cambroussard! 

- ...Dis Marie... y'a un ogre ici? chuchote un Charlie inquiet. 

- Heu... un ogre?

- Chutt, moins fort! Vois...là haut...ses grands gants joufflus pendent à une ficelle... 

- Hihi, nan! détend-toi Tcharlie, c'est pas les moufles du loup-garou, c'est des peaux d' lapins bourrées de paille! Quand elles sont sèches, on les échange pour deux sous au marchand de piaux d'lépins, et pis les deux sous, c'est pour ma tirelire!

- Où qu'y sont les pôv lapinous sans manteaux...

- Dans l'civet de ma mémé! T'sé, quand j'aurai plein d'deux sous, j'irai t' voir à Paris! Allez, amène-toi, v'là mes nude boar! (sangliers nus)

- Ah des cochons!

- Ah bin quand même, un peu de French, pas trop tôt! Y'ê dê couchons tout bin proprets que f'ront du bon boudin.

- ...Des cochons qui boudent?

- T'es nigaud... J'vas t'dire un secret: en automne, y'a un jour qu'j'aime pas, tsé...C'est l' jour d' l'édredon rouge...

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Marie-Tout-court ( chapitre I)

Publié le par François & Marie

Ils sont arrivés!

marie Tout court1Tard dans la soirée le train de la capitale les a débarqués en campagne franc-comtoise. 

Charles-Edouard, petit Parisien de six ans, sa Nanny-Nurse anglaise en escorte, ont investi la ferme de Marie-tout-court, six ans elle aussi.

Ce matin, ni le vigoureux salut au soleil des coqs alentour, ni l'Angélus de sept heures ne les ont éveillés. 

Marie brûle d'aller sérénader à la porte de son invité, elle piétine d'impatience.

Juste avant huit heures, on lui en accorde enfin la permission!

- Tcharlie titi tanti tireli, les tartines titi tireli sont servies, tireli titi!

La mémé s'empresse de régaler la tablée de chicorée au bon lait tout frais.

- ...No tea?...hasarde Nanny.

- Point d'ti! admet l'aieule, mâ dê reutchâs d'païn d'ménège, du bon mié ape du prou bon burre d'chu nôs! Y vaut bin vôt'aigue cheude daveu du foin sôtchi.

Pas de thé, mais des tartines de pain de ménage, du bon miel et du bon beurre de chez nous! ça vaut bien votre eau chaude au foin sec. 

La toilette a été vite expédiée. Voilà Charles-Edouard fin prêt à découvrir l'univers de Marie-tout-court.

 ...Heu...Fin prêt?...

- Mais qu'est-ce qu...? Hihihi! Ouh! M'enfin Tcharlie! qu'est-ce qu...? Hihihi! hoquète de rire Marie tout court, où qu'tu vas déguisé comme ça?

Charles-Edouard pétrifié, s'inspecte,

- Mais...je...c'est ma robe longue du mardi...je..., balbutie-t-il perplexe. 

- Yes it is! Tserge de laïne tchïnée yocre, with subtle êccents rïouilles and elegant boots assorted...( serge de laine chinée ocre, aux subtils accents rouille et élégantes bottines assorties...), confirme Nanny, it's no laughable Maïrie, s'offusque -t-elle face à cette impertinente.

- Vins d'aveu mouais man ptchiot, propose la mémé bon coeur, j'vâs t'gauner pou qu't'sais bin ése.

- Viens avec moi mon p'tit, j'vais t'habiller pour que tu sois à l'aise.

- Oh oui mémé, j'vas t'aider, on va l'faire tout beau! sautille de joie Marie entraînant un Tcharlie aux convictions tourneboulées.

Nanny tourne en ronds contrariés, ses fines bottines impriment sa réprobation sur la terre battue de la cuisine.

Elle s'interroge: était- ce une good idéa que de répondre à l'ïnvïtëcheün de ces cambroussards arrièrés  campagnards accueillants certes, mais qui snobent le tea delicious et la robe longue du Tuesday?...(... Ils sont charming et ne lésinent pas sur la largeur des tartines... lui souffle une petite voix intérieure.)

Soudain, Nurse's cogitations et piaffements de botillons cessent... le relooké paraît!

- Oh, my god! ...Tcharles -Ed... your knees...my god... your knees are naked, s'étrangle Nanny. 

- Ah mon dieu Tcharles-Ed...vos genoux sont dénudés... 

les-p-tiots.jpg

- Oui, Nanny, mes genoux res-pirent! exulte un Charles-Edouard radieusement affranchi de ses oripeaux, ma culotte est une vraie de vraie de grand niston, suspendue à des bretelles élas-tiques qui ... clac, clac! et une vraie de vraie chemise de p'tit gars, a dit la mémé, pas une liquette de fille,à smocks! et mes sabots Nanny! mes sa-bots à moi! en bois d'arbre comme ceux de Marie! Ils chantent, clic, clac, cloc! et mon superbe béret, Nanny, la mémé a dit - c'ta têtre ê pou tê man p'tchiot! (cette galette est pour toi), c'est mon bé-ret à moi! Victory, Nanny! la vie est belle!

- In Inglish Tchârles-Edouârd! Speack Inglish!... please! trépigne la pauvre nurse alors que les deux marmots rieurs s'envolent vers la basse-cour. - Don't mess up yourself Tcharl...! ("don't get dirty") (ne vous salissez pas!) essaie-t-elle encore, mais nul ne l'entend, hormis la mémé, 

- Sachez  Miss Nanny, que ma ferme n'est pas "sale", elle est "vivante", rectifie l'aieule, piquée au vif. Y'ê pas l'tout, vôs atou, vôs r'sembiê à èn' pôle d'leuxe, d'aveu c'ta balle biaude in bengaline bieusse-vierge-mêrie, constate -t-elle en se signant! (C'est pas l'tout, vous aussi ressemblez à une poule de luxe avec cette belle robe en bengaline, bleu vierge-Marie.)


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Les meringues -

Publié le par François & Marie

Sec et sans écho un violent tonnerre a claqué dans la nuit.

Vitement levée l'aïeule au front soucieux, murmurant des prières, allume fébrilement le cierge de la Chandeleur censé protéger la demeure. 

Alertés, les traits tendus, les adultes de la maisonnée, vêtements de nuit enfouis à la hâte dans pantalons et tabliers, se sont rejoints dans la vaste cuisine.

Les hommes, père et fils, scrutent par la fenêtre entrebâillée  la nuit électrisée.

- An pôt point dir' qu' l'oraige sait vrément sû nôs, ê s'rôt pieutôt su l'darri, sû Lon d'Saunie, jôge le Lèïon.

On peut pas dire que l'orage soit tout à fait sur nous, il s'rait  plutôt sur l'arrière, sur Lons le Saunier, estime le Léon. 

- Y'ê c'tu cê bian-djâne din ç'nâ qu'mémeye, sou-qui-e le R'né.

- C'est ce blanc-jaune dans ce ciel noir qui m'inquiète, souffle le René. florence2AR2.jpg

Deux heures du matin. 

L'aïeule et sa bru restent figées en cette heure insolite dans cette cuisine où pourtant tout le jour elles s'activent. Elles sont aussi désorientées qu'en territoire étranger, encombrées par leurs bras inoccupés.

- Va - t'en dan vouair s'ill èrrive, chuchote la grand mère au René.

-  Va t'en donc voir si elle arrive, chuchote la grand mère au R'né.

Le fils dévale la cour. Vient à lui sur les cailloux de la route la lumière jaune d'une pile Wonder, qui tremblote au rythme précipité et hésitant de sabots affolés.

- La Laurince v'z'ayez point pô, y'ê mouais, l'R'né! J'vins vôs charchie, an vôs attindôt.

- La Laurence, n'ayez pas peur, c'est moi le René! Je viens vous chercher, on vous attendait. 

Il prend le bras de sa vieille voisine et la guide vers la maison  où les femmes se sentent enfin utiles. Assises droites sur leurs chaises, elles ont calé contre leur flanc les enfants aux frimousses chiffonnées de sommeil. 

Les petits sont plus intrigués par la bougie, qui fait papilloter les ombres de cette réunion nocturne incongrue, que par la colère du ciel. Le pépé- qui -sait- tout les a d'ailleurs rassurés - Le tonnerre? C'est St Pierre qui fait rouler ses barriques! 

- La Laurince, v'ni dan ique veu mouais, propose l'aïeule en tapotant sur la chaise paillée en retrait au coin de la grosse armoire.

La Laurence, v'nez donc ici, près de moi. 

Clac, clac, clac, les sabots noirs de la Laurence la propulsent en automate.

Comme en transes, une main crispée sur sa Wonder toujours allumée, l'autre main agrippée à un cabas de toile cirée noire, elle fait crisser sur le carrelage la chaise qu'elle tire un peu plus à l'abri du grand meuble.

C'est la place qu'elle a choisie chez ces voisins où elle sait qu'elle peut trouver asile, de jour comme de nuit, dès qu'un orage menace. 

- Y rêtaque dru!

- Ca résonne dur! 

Cette remarque du grand père fait se signer la Laurence, qui serre contre elle son précieux sac.

Finette la petite chienne berger couine. Elle s'est glissée sous l'armoire dès le premier coup de tonnerre. (Par gros temps le vaisselier ne craignait pas d'être dérobé! La Laurence se fondait dans l'un de ses montants et la Finette aplatie en surveillait jalousement les pieds.)

On se tait.

On espionne les fluctuations des borborygmes du ciel.

On attend que l'orage passe. 

On se tient prêt. Prêt à se défendre de la foudre redoutée, prêt à se précipiter pour libérer le bétail, les chevaux, la volaille, prêt à courir demander le secours des voisins et de la motopompe. 

Le grand père se souvient que la ferme a brûlé lorsqu'il était enfant. Depuis, on est vigilant...

Pour conjurer leur anxiété les hommes émettent des banalités.

- V'là qu'y pieut, j'â bin pô d'la grâle, l'ciê ê bin djâne sû l'r'varmont...

- V'là qu'y pleut, j'ai bien peur d'la grêle, l'ciel est bien jaune sur le Revermont... 

- Y'a b'sin d'pieuge mâ la grâle...y s'rôt déseûdge pou lê biés ape pou la m'nange à v'ni...

- On a b'soin de pluie, mais la grêle...ce s'rait un désastre pour les blés et les vendanges à venir... 

...............................

 

Il est presque quatre heures lorsque le danger s'éloigne.

Cette nuit là,  quelques grêlons sont tombés sur le département voisin.

La foudre n'a brûlé aucune ferme.

Le cierge a été rangé dans un papier de soie.

Les enfants se sont endormis confiants, les grands veillent!

La tournée générale de lait chaud au miel a été accueillie comme un baume sur une meurtrissure; même Finette revenue d'entre les pieds de l'armoire y a eu droit.

Le nectar rural a redonné vie à la Laurence -  L'sê qu'vint, èprés la futrie, vôs vindrez tou chu mouais pou trinquer d'av'in Muscat qu'bulle, à pej'vôs frê dè m'ringues!

- Demain soir, après avoir porté le lait à la fromagerie, vous viendrez tous chez moi pour trinquer au Muscat pétillant, et puis j'vous f'rai des meringues! 

La moustache du grand père a frémi, il dé-tes-te le muscat bulleux! 

Pourtant depuis des années, il se doit de fêter chaque fin d'orage chez une Laurence reconnaissante, en levant son verre muscaté...

Heureusement, sur les meringues ce gourmand pourra se rattraper! 

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Bin v'là t'y point...

Publié le par François & Marie

 

Clown détailL'Françouais y'ê point rinque in vèrnéchou, y'ê atou èn' balle pieum'!

François n'est pas seulement talentueux en images, il est également "belle plume"!

J'pouvôs m'n'aller ballement, è m'avôt promattu d'n'ècri à ma pièch'.

Je pouvais partir tranquille, il m'avait promis d'écrire pour moi.

I m'a fê tout cheuse d'vouair c' ta brav' imège d'Marrrie (trouais "re" Olivier!); point rintrie, côlôrie ape mistifrisée pou l'Alexandre (coiffoux dê stârs!), d'aveu d' la bin balle moss'line... (Y paraîtrôt qu'la Camilla ê jèlouse quind Marrrie s'fê balle in prince de Galles...Y'ê t'y vré çan?)

J'ai été émue de voir la belle image que François avait faite de Marie; sans une ride, coiffée par Alexandre (coiffeur des stars), en vaporeuse mousseline...(Il paraitrait que Camilla est jalouse lorsque Marie se vêt en prince de Galles!)  

Aidonc, pouèdant que l' Françouais ècrivôt, sètes-vôs l'avousque qu'ètôt la Marrrie?...

Alors, pendant que François écrivait, savez-vous où est allée Marie? 

 

Rappallez-vôs l'défi "Lilou-Frédotte n° 69, 28 novembre 2011":

 

 pontcharlespragues2.jpg

A Prègue su l'pont Tsarlé, l'cloune Ôl'pitre avôt rembirlificoté èn' dè cin ètouèl' qu' brequillôt au-te du Sïnt Népomucène. J'sus étée lèvan*, in Tchéquie pou contrôlaie si l'ètouèl' répsôdée pou l'Ôl'pitre ètôt touj' ique! Eh bin, ill y'ètôt d'aveu lê quètre z'autres! 

Otylie effect2A Prague sur le pont Charles, le clown Ôl'pitre avait rafistolé l'une des cinq étoiles de l'auréole de Saint Népomucène*. Je suis allée là-bas en Tchéquie pour m'assurer que l'étoile bricolée par Ôl'pitre était toujours là! Eh bien, elle y était, avec les quatre autres!

C'tê qu'm'an vouai-yu beuz'ner, piantée d'vaint c'tu Sïnt tout beurot ant dû songi "y'ê èn' beuznote" c'ta Marrrie d'Cabardouche qu' vouait pi-eu gnon ape qu'è in ravaitchainte ébâbi...M'en mouque bin! 

Ceux qui m'ont vue, béatement en arrêt devant la statue toute noire de ce Saint, ont dû prendre Marie de Cabardouche pour une simplette... Je m'en moque bien, je l'ai vu et même touchu! 

  ( cliquez sur l'image pour accéder au défi n°69)

 

karluv-most-jean-nepomucene-et-le-ballon-129* (Jan Népomucky) Jean Népomucène naquit en Bohême vers1340. Consacré prêtre à Prague, il devint le prédicateur de la cour du roi Venceslas IV.

Le roi (jaloux) lui aurait demandé de trahir le secret de la confession de la reine Jeanne de Bavière, Jean Népomucène refusa. Il fut arrêté, torturé à mort et jeté depuis le pont Charles, dans la rivière Vltava (ou Moldau). Cinq étoiles auraient été vues sur son corps sans vie. Canonisé en 1729, il est le Saint protecteur de la Bohême.  

* lèvan (ou lavan): là-bas (forme altérée de "aval"). 

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l'Armand-

Publié le par François & Marie

Lui, c'est le Georges;

dans les années trente, il épouse l'Armande.

C'en est fait, désormais on l'appelera l'Armand!

Li, yè le Djôrge.

Pou lèvôt din lê an-nians trint', ê mèria l'Ermande.

C'qui faît que d'ce je là, ê s'appala l'Ermand!

Cliche-armand.jpg

 

L'Armand, novateur, avait en projet d'aller représenter

les machines à coudre dans les foyers.

A l'idée que son Armand allait initier

des ménagères affriolées par ces alléchantes nouveautés,

Armande faisait la sourde et était prête à en découdre!

Vlà t'y point qu' l'Ermand qu'êtôt bin d'aivant gaidje,

vouillôt étr'r'montrant d' Singér.

La Ermande voyai-ôt d'in bin mauvais u-ye

san Ermand veu totes c'tê fones qu'étint fines foules de c'tê novés ingins d'coujure.

Ill restôt sodje ape il fiôt la caire!

  

Bref, pour ne point mettre le feu aux poudres

et éviter de son Armande s'attirer les foudres, 

à se convertir cantonnier l'Armand dut se résoudre...

Oubliées navettes, fusettes et canettes

il adopta un balai, une pelle et puis une brouette.

C'qui fâît que l'Ermand d'vint cantonni...

Vaillôt mi-e ubier l' sint frusquin d'coujure

ape acceptaïe la r'maisse, la pôle ape la beuriotte.

  

Il y gagna au change en empruntant ce créneau;

de compagnon des points de couture nouveaux 

il fut intronisé maître des chemins vicinaux.

Virtuose des fossés qu'il creusait et des talus qu'il fauchait,

expert en empierrage de nids de poules et d'ornières,

il étalait et damait les tas de pierres

que les paysans de corvée, lui amenaient des gravières.

E y êvôt djaigni. Li qu'èrôt viai étr' prïnce d'la coujure, s'en d'veniôt l'rouê dê tchairêres.

E creuillôt lê tarreaux, souaillôt lê tâleus ape esaitchôt lê baôchons.

El  êtôt bin aise pou grèveler lê odjnaies ape rempi-i lê creuillons.

 

Bienveillant il laissait l'herbe des accotements

en pâture aux bien maigres troupeaux des indigents.

Tout comme une couturière eut débridé les pinces des corsets,

méticuleusement, des chemins il échancrait de saignées* les bas côtés.

Les eaux s'y écoulaient, dégageant le sentier afin que les souliers

du vérificateur Agent Voyer ne fussent point mouillés!

Boun' gent, ê souaillôt point la boun' harbe dê êcoutés, y' êtôt pou lê vèchs d'èn' poure vave qu'avôt point d'chintre.

Bin soignou, ê creuillôt dê roues daves pou qu' l'aigue sait point in débodjement (dê coups qu'san Aidgaint Vouaiyer vindrôt d'aveu sê pt'chiots sou-yers!)

    

D'un vaste chapeau paillé, du soleil il se protégeait 

et sous la pluie, d'un sac de jute il s'encapuchonnait.

Il était réservé, calme et discret.

Boun' gent, ê fiôt point d' bru, sô sin chépiau d' pêille ou bin sin tchaip'ron.

 

Arrêtait son ouvrage pour échanger deux, trois mots

avec le facteur ahanant sur son vélo,

ou pour cueillir pour l'omelette du soir

une poignée de mousserons et quelques escargots.

Dê coups, ê s'êrettôt pou bacaler d'aveu c'tu potchou d' lattres qu'avôt bin du mô su sin biclou ou bin pou queudre dê mouêchirons (pou la moulette du saï), ape quêques ptchiètes caguoilles.

 

Peut-être lorsqu'il s'appuyait un moment sur son fossoir

pour effacer sa sueur d'un grand mouchoir,

percevait-il rythmés par les trilles des oiseaux,

ces mots-clés qui l'avaient fait rêver,

...tui- tchip- Sain-gè-re- pé-da-lier...

...tui- tché - fils- z'en- aigui-llées...

...cou-cou- d'coutu-rier les ciseaux... 

Quin el êtôt êpâlaïe su san fossou, pou torchi san moêtou din san mouchou,

qui c' que t'dit qu'lê zuziaux li tchintint point,

...Tui-tchip-y'ê- la -Sin-gér... tchu-tui- lê fis in- ai-gu-yllies... cô-cô, d' coujuri-in -lê -ci-siaux...

 

Allez donc savoir...

Va t'en dan savouêr...

............................................................................................................................................. 

Saignée: petite rigole.

 

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Aqueut' vouèr... ( écoute voir !)

Publié le par François & Marie

 

Sambadi l'mêtin chu êllé jusqu'à la grand'ville, nota p'tchèt' prêfecture.

Samedi matin je suis allée jusqu'à la grand'ville, notre petite préfecture.

J'ême bin m'proumouner sô sê brav'ercades. Quan y pieut, t'es à l'assote, quan y'a trop d'soulê, ill sant bin frêchottes, ill me bottant, n'y v'là!

J'aime bien me promener sous ses jolies arcades. Quand il pleut, on est à l'abri, quand il fait très chaud, elles sont fraîches, elles me plaisent, tout simplement!

  J'ê r'lochi lê veutrines. J'ê essay-i dè rouilléres, dê affutiaux ê couleus du premie-temps, m'ê êchté dê brav'ptchiots souillés, j'baguenaudôs...

J'ai  léché les vitrines, suis entrée essayer des effets aux couleurs printanières, me suis acheté de jolies petites chaussures, ai musardé...

Tout par in cô, d'vant chu la mechrie, j'vouais l'ridjo d'fâ bachi. La merchande de chêpiaux varrouille sa potche de d'dans, sa lemièr'clairôt. J' m'èrrette ébâbie. Qu'm'en c'qui s'fê don, que j'me dis, qu'ê fremant veu anz'heur ape le quât?  Y s'rôt-y ar'ver quêque cheuse sô c'tê ercâdes, ape que tous se s'rint mis in arrindgement pou fremer rectâ? Y'êrôt-y du diabe la d'ssô?

Subitement je prends conscience que le rideau de fer de la mercerie est baissé, que la marchande de chapeaux verrouille sa porte de l'intérieur tout en laissant la boutique éclairée. Je m'arrête, étonnée,

- Pour quelle raison les commerces cessent-ils leur activité à onze heures quinze. Est-ce qu'il serait arrivé quelque évènement qui ferait que les commerçants des arcades ferment solidairement leurs échoppes  ? Celà cacherait-il quelques maléfices?

 

 clockOh bin faut que j' says! Je r'tern' veu chu la merchande de taupés, ill êtôt touj ique à fregonner dari sa potche varrouillie; j'cugne un ptchiot coup ê carreaux.

- Qu'est ce qu'y a dan pou qu'y sait d'jà fremé à c't'heure? 

Il faut que j'en aie le coeur net! Je toque à la porte de la boutique de chapeaux,

 - Qu'est ce qui se passe pour que ce soit déjà fermé? 

- Bin y'ê qu'y ê pi-e d'midi ape le quât!

C'est tout simplement qu'il est plus de midi un quart!

Te m'crê t'y si j'te dis qu' j'avos l'air bin capot... j'avôs tout bâllement u-bié qu'an an ètôt dèpeu huit je à l'heur de tchâtemps! Y m'fê songy que le r'loge d'ma torpédo a encô èn' heûre de r'tâ (j'ching'rê quan y m' piêra, pou que j'crayes qu'y ê mouais qu' dêcide, nan mê dê coups!) 

Tu me crois si je te dis que j'avais l'air bien stupide... j'avais oublié que l'heure d'été sévissait depuis huit jours !

La pendule de ma voiture a encore une heure de retard ,j'en changerai quand ça me plaira, pour me donner l'impression que c'est moi qui décide, non mais!

 

Publié dans Histoire en Patois

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