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Défi n° 182 ( " Logorallye ") proposé par Lilousoleil pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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" Logorallye. "

Écrire un texte en vers ou prose où seront inclus quatorze mots anciens (proposés par  Lilousoleil ) commençant tous par la lettre " f " (liste en bas de page)

Lilou nous donne la possibilité de laisser deux mots de côté.

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- Trois cent quatre vingt dix huit, trois cent quatre vingt dix neuf... quatre cents !

Ouf ! le compte est bon.

Yiannis- Achille vient de marquer soigneusement de son fer à repasser les quatre cents plis réglementaires de sa fustanelle immaculée. Dans son unité d'élite, celle de la Garde présidentielle grecque, ça rigole pas, quatre cents c'est quatre cents, pas de discussion possible.

Entre pouces et index, ce type aussi baraqué que le Colosse de Rhodes, soulève délicatement les trente mètres de tissu plissé, les tient à bout de bras. Ému, il admire sa jupette, la trouve si légère, si éthérée qu'il en pleurerait.

D'ailleurs, sans même s'en apercevoir, il pleure. C'est discret, ça ne laisse pas de flaque, Yiannis-Achille est si grand que ses larmes s'évaporent avant de toucher le sol.

Précautionneusement, il allonge bien à plat la précieuse pièce de son costume sur la fonçaille de sa paillasse; quel bonheur de pouvoir veiller sur elle même, même en dormant. 

Yiannis-Achille est heureux. Enfin... presque heureux. Une légère petite inquiétude l'empêche de l'être totalement.

Il a... oserai-je le dénoncer ?

Euh...! Il a triché...

Yiannis-Achille a tri-ché !

Voilà qui est dit.

Triché...  juste un peu.

Juste un peu, pourtant c'est bel et bien de la triche puisqu'il n'a pas tout à fait respecté le règlement.

Et le règlement c'est le règlement.

Dans ce Corps d'élite hellénique, on ne badine pas avec le règlement.

Oui mais... lorsqu'on a mal dans son propre corps à cause d'un cotillon qu'il faut porter pour appartenir à ce Corps... on pourrait peut-être dénicher une clause du règlement qui permettrait de contourner le règlement, non ?

D'abord on supporte le désagrément. Sous le jupon ça fait comme un agacement, ça chatouille puis ça démange, ça échauffe, ça pique, ça cuit...

Le règlement c'est...

... C'est le règlement, on sait, on sait ! Au règlement on se plie, on en prend d'ailleurs vite le pli mais quand ça devient intenable, on va consulter.

Et lorsque tombe la sentence de l'Homme de Sciences - Cher ami, vous faites - euh comment dire - vous faites dis-je, de l'érythème, euh de l'érythème des plis - ça ne fait pas un pli, on se dit que la coupable est la fustanelle. On la soupçonne d'avoir été tissée en lin frelaté. On subodore que ses quatre cents plis ont provoqué l'érythème... des plis.

Yiannis- Achille prend grand soin de sa personne, il estime que ses plis en font partie intimement  intégrante et qu'il doit veiller à leur intégrité.

Après une nuit blanche, à l'aube, ça lui prit, il fit le mur, bien que ce soit interdit par le règlement.

Subrepticement il se glissa du côté de chez l'Alejandro le filetoupier. Ce batteur de chanvre et de lin a une tête de filou. L'Alejandro certifie qu'il a remporté légalement, juré craché, le marché des fustanelles; nul n'en croit mot. Ce vieux renard aurait-il eu l'audace de remplacer le lin, dicotylédone à jolies fleurs bleues, par une vulgaire fétuque des prés qui gratouille ? Ou bien, pis encore, aurait-il substitué à cette noble plante, de triviales herbes aquatiques urticantes, tailladées nuitamment au faucard avant de les planquer dans une vieille flette pointue pour les achever au fentoir ?

Yiannis-Achille fouina, rampa sous les fenêtres des ateliers, zieuta, eut des sursauts tremblants en découvrant des rangées de faux, des colonies de faucilles, des hachettes, des herminettes, des cisailles-guillotines, des laminoirs. Il frémit, il gémit de trouille. Il avait une sainte horreur du coupant, abhorrait le tranchant, maudissait l'acéré; il se retenait de hurler à la vue de pinces à ongles de pieds et reculait horrifié devant des ciseaux de couturière innocemment oubliés sur un coin de table.

Pour fuir au plus vite cette zone agressive, en hâte il effectua un repli, décréta que tout rien ne paraissait suspect chez l'Alejandro.

Puisque la fustanelle semblait bien la cause du feu de ses plis, il déclara feu le règlement et le contourna.

Auprès de sa hiérarchie il posa un jour de perm'.

Le règlement stipulait d' indiquer impérativement le motif de ladite perm'.

Yiannis-Achille opta pour la formule  " RENDEZ-VOUS D'IMPORTANCE. "

Ses copains le charrièrent, se gaussèrent.

- " IMPORTANCE "... c'est son prénom ? "  IMPORTANCE DE BAGATELLE" ça sonne bien ! Ça fait aristo !

- Ou alors c'est son nom ?  Mâdemoiselle Vétille D' IMPORTANCE ? ou bien Miss Fanfreluche D' IMPORTANCE ? On a bon ? on brûle ?

Ils le chahutèrent, le traquèrent en vain. Il ne lâcha rien.

Il utilisa des ruses de Sioux, réussit enfin à forlonger ces indiscrets.

Il fila droit chez son pote Angèlo le ferrandinier. Angèlo ne pouvait rien lui refuser. En effet, Yiannis-Achille ne s'était-il pas proposé, spontanément en tant que fidéjusseur lorsque Angèlo monta sa fabrique d'étoffe de soie ?

Yiannis-Achille fut reçu à bras ouverts par Angèlo qui lui offrit des falafels à l'hoummos et lui servit l'ouzo, le spécial, celui qui occis les filaires ! Cet ouzo là, Angèlo le tire directement d'un tonneau qu'il rebouche d'un fausset, cette broche de bois, polie par les ans, qui fleure si bon l'anis.

Yiannis-Achille s'ouvrit à Angèlo, lui dit tout de ses soucis inguinaux et pétrousquineux. Angèlo compatit aux problèmes de plis de son ami.

Yiannis-Achille dénonça la piètre qualité de la toile de lin d'Alejandro.

Ex abrupto, sans faire un pli, Angèlo qui méprisait la rusticité du travail d'Alejandro, traita celui-ci de dindon et promit à Yiannis-Achille une fustanelle en satin de soie, aussi fine, douce et légère qu'une plume.

Yiannis-Achille avança que le règlement n'accepte que la toile de lin...

T'occupe ! le coupa Angèlo, " ILS " n'y verront que du feu et toi tu n'auras plus le pétard en feu !

Yiannis-Achille rasséréné reprit une larme d'ouzo et s'en revint joyeux à la caserne en croquant à belles dents un falafel croustillant et doré offert par Angèlo, pour la route.

Son air gai énerva ses copains de chambrée. Jaloux, ils le snobèrent et, bien qu'ils en meurent d'envie, ne lui posèrent aucune question pas même sur la couleur des yeux d'IMPORTANCE. Ils se rembrunirent plus encore lorsqu'à la cantine du soir il dédaigna le friand au fromage, la moussaka et le gâteau au sucre, signe irréfutable que ce crétin veinard ne vivait plus que d'amour et d'eau fraîche.

Rapidement les plis de Yiannis-Achille retrouvèrent leur joie de vivre. Grâce à la douceur de leur voisinage satiné et soyeux, tout allait pour le mieux.

Un matin de mars un vent du nord teigneux se mit à souffler avec rage.

Malgré les turbulences d'Éole, les fustanelles ordinaires ne faisaient qu'onduler, elles savaient se tenir.

Celle de Yiannis-Achille, légère comme une plume, vlouff, se souleva, le ventousa jusqu'aux oreilles, le goba, l'entortilla si bien qu'il se mit à ressembler à un énorme cierge pascal.

Tétanisé, figé de honte dans son terrier vertical et soyeux, Yiannis-Achille réalisa, qu'à son corps défendant, il exposait à son Officier en Chef et à toute la Compagnie du Corps d'élite une vue imprenable sur ses bas de laine blanche, ses fixe-chaussettes noirs et sur l'intimité de son linge de corps, imprimé de mignonnes petites chouettes multicolores, tant appréciées par la Déesse Athéna.

Si tous demeurèrent impassibles, ils se félicitèrent de l'opportunité offerte par la démarche saccadée de leur parade qui leur permit d'évacuer, par spasmes, l'immense fou-rire qu'ils contenaient à grand peine.

Après ce " léger incident ", je vous laisse deviner l'ambiance des chambrées et les quolibets qui s'abattirent sur Yiannis-Achille, le colosse à la fustanelle vaporeuse et aux plis fragiles !

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faucard : instrument de coupe utilisé pour les herbes aquatiques

fentoir : large couperet à l'usage des bouchers

ferrade : marquage des bœufs au fer rouge

fétuque : graminée des prairies

ferrandinier : fabricant d'étoffe de soie

fidéjusseur : celui qui se porte caution pour autrui

filaire : ver parasite d'Afrique tropicale de l'homme et divers animaux

filetoupier : batteur de chanvre

fissipède :  qui a le pied divisé en plusieurs doigts

fausset : broche de bois pour boucher un trou fait au foret dans un tonneau

flette : petite chaloupe au service d'un chaland (péniche) de rivière

forlonger : distancer, laisser en arrière

fonçaille : planche supportant la paillasse d'un lit sans sommier

fustanelle : petite jupe évasée et plissée qui fait partie du costume masculin traditionnel des Grecs

 

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Défi n° 181 (Monopoly) proposé par " La Cachette à Josette " pour la Communauté des Croqueurs de mots ".

Publié le par François & Marie

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Josette nous donne pour consigne de :

" Lancer les dés pour une partie de Monopoly et avec le chiffre obtenu (entre deux et douze) écrire ce que l'on veut, à partir de la case sur laquelle on tombe. "

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Inspiration extrêmement libre de

" ♪ J'AIME PAS LES RHODODENDRONS ♫ " (interprété par Sim)

                         ♫    ............................................................... ♪

 

J'aime bien l' marron et le bleu clair

J'aime le rose et puis l'orange

J'aime bien Nancy et puis Paris

MAIS J'AIME PAS LE MONOPOLY (bis)

 

Je n'aime pas le Monopoly

parce que l' Monopoly

est d' la famille des jeux d' gros sous

des hypothèques, de la banqu'route,

pis des amendes et des crédits,

bref, des tracas et des soucis.

Depuis pas mal de décennies,

J'AIME PAS LE MONOPOLY (bis)

 

Que ferais-je de quatre gares ?

Nord, Lyon, Montparnasse St Lazare

sans la voix culte de Simone

qui me fait oublier que

les gares sont mon cauchemar,

me donnent de la spasmophilie.

J'AIME PAS LES GARES, J' N'AIME PAS NON PLUS

LES LOCOS DU MONOPOLY (bis)

 

Je lance mes dés...  MAYDAY MAYDAY !

quatre plus trois font SEPT, quelle chance

je me retrouve sur la case " CHANCE "

alors j' me dis : oui oui oui oui,

JE CROIS QU' J'AIME BIEN L' MONOPOLY ! (bis)

 

Pourtant pourtant et re-pourtant

y 'a comme un truc qui m' met à cran...

pour y voir encore plus net

illico j' mets mes lunettes.

VOILÀ, J' DOUTE DU MONOPOLY... (bis)

 

CHANCE, d'habitude c'est festif

et mérite l'exclamatif !

Alors pourquoi, ce restrictif

qui en quatre coupe les tifs,

pourquoi ce grand framboisé  ?

sous " CHANCE ", en interrogatif ?

JE N' R'AIME PAS LE MONOPOLY (bis)

 

Je réitère : que fait sous " CHANCE "

ce signe de ponctuation ?

cette bizarre interrogation ?

Je n'ai pas foi en cette fripouille

bien qu'il ait une bonne bouille,

genre queue de matou dressée

qui voit son Humain arriver

avec Ronron en cuillerée.

NAN, J' N'AIME PAS LE MONOPOLY (ter)

 

- Afin de te réconcilier

avec ce jeu cher aux banquiers,

pioche donc une carte CHANCE.

 Ach ! Tu es tombée sur PRISON !

- SOS... MAYDAY MAYDAY MAYDAY !

C'en est pour toujours fini

JAMAIS JAMAIS JAMAIS

JE N'AIMERAI L' MONOPOLY (bis + ter-miné !)

et GNAGNAGNA...

 

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