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Hivârnaission

Publié le par François & Marie

(Hibernation patoisée.)

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Ill a jèmais vi-e sotchi d' sa gringe c'ta balle 301 d'chu l'Peugeot. Poutchânt l' René èrôt eu bin  b'zin d'li pou aller qu'ri dè empiettes.  
Etôt-ill jalée? Y 'en a avu poutchant dè coups de r'virvole, l' démarrou tiri. Ren!
Avôt-ill pô d' la noge ou bin de r'lichi ape d'se r'trouver au tarrau? Va-t-en don savouèr.
Ill è prou mèligne, ill avôt p'tétre bin point l' goût d'sotchi din l' frè. Ill vouyôt dremi bin au chaudôt.
Ill avôt pi-e ren, pi-e d'essieu-glâce, pi-e d'cône, pi-e d'lusot, pi-e ren!
A la tout'fin, l' René a mis la Lisette dans lè r'dalles du châ ape è sant pertis. T'èrôs dit dè mertiens, è z'ètint imbirlificotés din dè rouillères ape dè coulaichons pou point trop grebilli. L' René avôt lè bèccantes toutes bi-inche de grèsi. La 301 rigolot bin li, ill qu'mençot s'n'hivârnaission.

Publié dans Histoire en Patois

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Hibernation

Publié le par François & Marie

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Elle sursaute! N'est-on pas en train de chahuter son système bielle-manivelle?
La vieille et pourtant rutilante berline 301 Peugeot en éternue de saisissement.
Qui ose projeter de lui faire quitter son abri par température négative? Songerait-on à  la catapulter au milieu des intempéries? Elle rechigne à l'idée d'exposer aux frimas sa superbe carapace noir de jais méticuleusement lustrée à la "Nénette".
Elle boude à l'idée de risquer ses pneumatiques dans la neige gelée. Elle aurait trop la fâcheuse sensation d'exposer leur gomme à une horde de rongeurs-grignoteurs. Elle en frémit!
A l'avant de sa carrosserie on s'acharne. On allonge démesurément l'oreille de son starter, on  retourne pirouetter sa manivelle. Poliment, elle toussote une fois, deux fois. Elle dose l'intensité de ses expectorations juste pour qu'on la sache en vie mais aucunement disposée à démarrer.
Elle ordonne au lymphatique essuie glace de se tenir coi. Elle impose silence au bouillonnant klaxon, il devra attendre son aval pour assassiner de nouveau les dièses en bêlant. Elle invite affectueusement ses alliées, les lanternes à faire pâles figures.
Enfin, les perturbateurs jettent l'éponge. Certes, ils maugréent que le moment est mal choisi,  qu'ils ont affaire au chef-lieu, la torpédo n'en a cure. Têtue, elle se recroqueville dans le parfum de ses coussins, vérifie l'alignement des glands qui oscillent aux cordons des portières et entre en trêve hivernale.
La berline perçoit vaguement un remue-ménage autour du tilbury qu'on attelle. Elle discerne le pas lourd mais guilleret de la jument comtoise, tirée de sa douillette litière qui s'ébroue en soufflant des geysers blancs. Cette pouliche n'est pas chichiteuse, un jour, elle lui revaudra la pareille.Dada.jpg
La donzelle aux bandages caoutchoutés a juste un peu mauvaise conscience en imaginant l'équipage filant dans le soleil froid. Elle aurait pu éviter aux voyageurs les cils brodés de givre, les mentons gercés par la couverture rêche aux relents de feutre humide, elle aurait pu...Mais dans un soupir de batterie épuisée, elle se laisse voluptueusement glisser en une hibernation bienheureuse.

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Défi n°45 "Noël au balcon" proposé par Tricotine pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Défi n°45 proposé par Tricotine.
Prenez cette part de dicton "Noël au balcon", interprérez- la à votre manière, laissez libre cours à votre plume.
Vous devez intégrer "Noël au balcon" ainsi que trois autres parties de dicton dans votre écrit.

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"VOULOIR C'EST POUVOIR". Fort de cet adage, il s'est persuadé qu'il y arriverait ! 
Au départ, il s'est fait de l'obus boute-roues un allié. 
Puis, prétextant que "PRUDENCE EST MERE DE SURETE", a agrippé les joints des pierres en agriffant les moindres saillies. En se contorsionnant il s'est hissé, s'est entortillé. Il a peiné, ahanant en silence, n'avait-on pas prétendu devant lui que "LES MURS ONT DES OREILLES"?
Enfin, après de vertigineuses acrobaties, il est parvenu aux dentelles de pierre du balcon. Epuisé, il s'y est accroché, s'y est arrimé en labyrintiques circonvolutions.
Il venait de relever le défi. La gageure était sérieuse, il voulait que ses géniteurs soient fiers de lui. Le soir frisquet de Pâques, ils les avait entendu chuchoter  - PAQUES AUX TISONS, verrons-nous NOEL... AU BALCON ?
Noël...Etait-ce bien de lui qu'il s'agissait? 
Tout remonte à une nuit de décembre. Hedera et Helix songeaient à procréer. Pour l'heure, ils squattérisaient la façade nord de la cathédrale de Reims, chatouillant les séraphiques orteils d'un Ange et s'estimant les artisans de son sourire... Les Noël! Noël!  chantés en Alléluias d'allégresse décidèrent du petit nom de leur futur rejeton. Cette décision incongrue ne manquât pas de générer d'acerbes commentaires au sein de la communauté Hédéra- hélix-sagitti-folia. 
C'est donc bien Noël, leur  petit lierre, qui vient de répondre au voeu de ses géniteurs en se hissant courageusement jusqu'au balcon de la cathédrale, malgré la peur bleue qu'il a des grotesques et terrifiantes gargouilles.

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L'aire de rien

Publié le par François & Marie

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Transmutation à partir de RIEN proposé par Olivier de Vaux

 

C’est à n’y RIEN comprendre.

Vous en RIEZ encore !

Ne vous FIEZ pas aux apparences, ni à la position des lettres dans les mots.

Professeur Hur Luberlu, peu FIER, de bien haut vient de retomber.

Médi Zante, son assistante, depuis longtemps chuchotait derrière son dos qu’il était fou à LIER.

Elle est depuis quinze ans fidèlement LIEE à celui dont elle se gausse des calamiteuses expériences officinales.

Penaud, regard de cocker et mèche en pétard, il la convia à LIRE les résultats de ses dernières recherches. Elle s’attendait au pire.

Tout commence un dimanche de grandes marées.

Nonchalant, il laisse traîner sa filoche rose fluo du côté des rochers à l’abri des déferlantes, la tête farcie de formules alchimiques.

Il baille, signe que l’heure du goûter est arrivée, et puis la mer qui monte menace de le noyer.

Alors qu’il garrotte d’une vieille ficelle effilochée son épuisette sur son vélo rouillé, il y retrouve ébahi des œufs de LIRI.

Retiré dans son antre au milieu des cornues, il dorlote, chouchoute ces espérances de mollusques gastéropodes. Dans l’incubateur de son athanor, il les dépose rêvant de les offrir en ragoût persillé et aillé à sa dulcinée.

A présent, comment expliquer à sa belle qu’il n’y aura pas de réveillon de la mer. L’éclosion espérée n’a pas été celle d’une bernique mais d’un minuscule oisillon de LORI arc-en-ciel. A n’en point douter, en bon perroquet, ce babillard humiliera Hur allant partout conter sa mésaventure.

Hur qui souffre d’un gigantesque complexe d’infériorité vis-à-vis de son lointain et valeureux cousin Ben Hur s’en remettra t-il?

 

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images de neige

Publié le par François & Marie

 

La dame blanche

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La sentinelle en hermine

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Grou Lépin

Publié le par François & Marie

Y fè fré, grou lépin a mis san coulèchon !
Brrrr,  lapin grosses joues a mis son châle!

grso lapin

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Défi n°44 "Vous avez rencontré une célébrité, racontez" proposé par Hauteclaire pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Défi n°44 proposé per Hauteclaire-
"Vous avez rencontré une célèbrité, racontez-nous".

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De tous temps, de partout, tu as bien existé,
      Je t'ai rencontrée,célèbrité. 
Sur les fresques antiques, louant les gladiateurs,
Dans les temps médiévaux, par la voix des crieurs,
Sous le ciseau habile du tailleur des pierres.
      Je t'ai rencontrée, célèbrité.
En cet individu honteux de ses actes odieux, 
En cet autre aux exploits glorieux, 
Que l'on va chanter dans les rues,
Distribuant partitions au public accouru,
      Je t'ai rencontrée, célèbrité.
En images ventrues dans les colonnes Morris,
Ou accolée aux fontaines Wallace en tracts illicites,
      Je t'ai rencontrée, célèbrité.
Malgré tous tes diplômes, ton travail acharné, tes recherches avancées,
On ne sait quel nom donner à ton métier,
Tu es chercheur, vague qualificatif,
Pour te trouver, il faut feuilleter la presse scientifique.  
Qui le fait? Nul dans la rue ne te reconnaît.
Lorsque tu paraîs dans une vaste assemblée, 
Tu as droit à des clap-clap ramollis et à peine polis,
Le public renfrogné restant sur son séant assis,
Attend très impatient pour faire une standing ovation,
A une brailleuse survoltée qui se trémoussera tout en fin d'émission.
      Il ne t'a pas rencontrée et pourtant il t'aurait bien méritée, célèbrité. 
En magazines people, vantée à la une ainsi qu'en pleines pages,
Sur écrans, tu te vends, tu t'exhibes en faisant grand tapage. 
On te déchiffre en mémos,en textos,
On te retrouve étalée sur les bus et même sur les vélos,
      Je t'ai rencontrée, célèbrité.
Tu subis le châtiment de ton mérite, la punition de ton talent.
Tu t'es mise en lumière, à ton intimité renonçant.
Tu t'es laissée pièger, victime consentante.
Tu te singularises, tu veux de ton nom faire renom.
Mais s'il y a beaucoup d'appelés, il y a peu d'élus pour la postérité,
Même s'ils ont eu leur moment de célèbrité.

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poème tract

Publié le par François & Marie

Lipoclub deuxième session gérée par Maître Olivier de Vaux

 "Réécrire, à votre manière, le poème de Jacques Prévert dont je vous donne le texte ci-après :"

 

Soyons clairs, vous n'avez droit à aucune autre lettre que les onze d' ESARTULINOC et vous êtes invités à rester dans l'esprit du poème en procédant à votre version qui, forcément, ne sera pas littérale. Vous pouvez fort bien écrire quelque chose de nettement plus court.

 

Le message 

La porte que quelqu'un a ouverte

La porte que quelqu'un a refermée

La chaise où quelqu'un s'est assis

Le chat que quelqu'un a caressé

Le fruit que quelqu'un a mordu

La lettre que quelqu'un a lue

La chaise que quelqu'un a renversée

La porte que quelqu'un a ouverte

La route où quelqu'un court encore

Le bois que quelqu'un traverse

La rivière où quelqu'un se jette

L'hôpital où quelqu'un est mort.

Jacques Prévert

Tract

 

Une créature a écarté l'entrée.

Une entité a enclos l'issue, s'autorisant à en sauter le seuil.

Sur la causeuse en terrien roturier s'est cul-tassé,

En courtisan a câliné l'ocelot,

Lacéré ensuite le citron.

Saisissant une carte, il en a ânonné les écrits.

A retourné sec la selle au sol,

S'est rué à la sortie licite,

A trotté sur le sentier

Sillonné l'orée et l'essart.

En torrent s'est élancé.

Suite : s'éterniser sur terre, oint à l'arnica ? Ressusciter ? 

Nenni !

Occis, à l'asile s'est éteint.

 

 

 

 

 

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Vocabulaire du jour

Publié le par François & Marie

Certes la météo hivernale provoque de multiples désarrois, désagréments, voire drames qui doivent être pris en considération.
Le vocabulaire de ceux qui nous informent manque cruellement de nuances et se résume à galère, pagaille monstre, naufragés, apocalypse, quel que soit le cas de figure. 
dadameAinsi, nous décrit-on les passagers d'un train circulant normalement entre Bordeaux et Paris, comme étant en état de choc thermique (vingt degrés au départ, de la neige à l'arrivée) . Sans doute n'ont-ils que le calendrier des Postes pour leur rappeler que nous sommes le neuf décembre et qu'il n'est pas raisonnable de sortir en chemisette. 
En revanche, cette jeune conductrice qui cherchait à se garer au milieu des embouteillages pour allaiter son nourrisson devait se sentir bien seule...
Que dire de cette dame en escarpins qui avait bien du mal à rester verticale, elle confiait essoufflée :
"Je m'accroche au poteau qui passe"!  
Lâchement, j'ai orienté le curseur sur France musique où débutait " La symphonie d'une cocotte-minute amoureuse de son couvercle" qui se terminait en un rafraîchissant charleston!

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Scritch-chrick-crich

Publié le par François & Marie

 ?
Reste en suspens mon pianotement de syllabes, voyelles et autres accents.
Intriguée, je m'en vais vérifier.
Pianotons, tic-tic-tic-cit (dérapage incontrôlé) tic-tic.
En écho, crich-chrick-scritch-
virevolte-shric.

A deux mètres derrière moi, une souricette se régale d'une noix.
L'idée de ce muridé dans mon espace privé fait mon front se plisser.
Mon fauteuil prestement repoussé, je me mets à fureter,
Pour évidemment ne rien trouver.


mouseII.JPGLes rongeurs qui dans mon pré sautillent, je ne leur cherche pas bisbille,
Mais sous mes tapis, je ne veux pas de souris!
Un piège j'ai posé et suis allée me coucher.
Au matin j'ai constaté que j'avais affaire à une futée,
Qui a grignoté le comté sans se laisser piéger!
Depuis, je pianote du clavier, pas vraiment décontractée,
Les pieds lévités afin de l'éviter!

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