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Défi n°77 "Voici quelques photos..." proposé par Nounedeb pour les croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Voici quelques photos. Comme des cartes, battez, coupez, rebattez, étalez-les et faites-en un texte.

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sea.jpg

Sale cabot!

- ...Euh certes Maître... le premier violon est parfois...

- Pauvre niais! foin du premier violon! tonne le Maestro, c'est après le clébard de la concierge que j'en ai, ce bestiau a volé ma baguette.

sea2 - ...il a volé votre sandwich?

- Pauvre niais! il a boulotté ma baguette de CHEF à pommeau de nacre d'Australie (deux cent quatre vingt dix euros, quarante quatre cts, ttc), la confondant avec un vulgaire nonosse, explose le Maître ulcéré. 

-...et...dans deux heures... le concert...

- Pauvre niais! pas de baguette, pas de concert, tranche Maestro.  

 

sea3"Pauvre niais", en dévoué factotum, observe inquiet l'estrade dressée sur le port de Dunkerque, où s'affairent les ingénieurs du son (qui ignorent encore qu'ils n'enregistreront que du silence) et les régisseurs lumière qui n'auront plus qu'à fermer leurs quinquets.

Hébété, le "sans baguette", en chef affligé, scrute ses mains vacantes et en stances se lamente.

sea4.JPG- Sans elle les cinq doigts de ma dextre ne sont que maladroits sénestres...

Sans elle me voilà Aranjuez sans Concerto, Juliette sans Roméo...

Sans elle, le vibrato trémolé du basson va expirer en frisottis mollassons.

Sans elle la guitare en son caisson va étouffer son harmonique progression...

Sans elle tout n'est qu'humiliation, déconfiture et mortification. 

A cet inconfort je préférerais être Lully... mort...

sea5.JPGAh sombre destinée, le sort en est jeté, je vole, je cours me noyer... 

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Il se rue sur la plage en queue de pie, sans quitter ses beaux souliers vernis,

Indifférent aux cris des goélands

courroucés par les pans de satin de cet oiseau géant.

Il a perdu le nord et court, court se jeter dedans la mer du nord.

Ce qu'il n'a  pas prévu, le ballot 

c'est qu'à marée basse, très très loin sont les flots.

Hors d'haleine il halète et stoppe net,

Ecoeuré, humilié de devoir sans eau se noyer. 

Les deux pieds empêtrés dans une sorte de galimafrée

délaissée par la dernière marée, il se laisse choir, désespéré.

Plouf! il chut, le séant dans les détritus.

Accouru, son vigilant factotum qui ne perd pas le concert de vue,

dégote dans le fatras où gît le postérieur de son supérieur, 

une branchette de bois, qui lambinait par là.

Il fait ni une ni trois, ramène sur la digue un Maestro un peu déboussolé,

qu'il requinque d'un cordial mêlé à une bière ambrée.

sea6.JPGIl lui met en main le bois flotté poli, d'un très beau blanc cassé,

aunant exactement deux cent quarante deux millimètres,

norme la plus proche du nombre d'or qu'affectionne le Maître.

Nul ne sut pourquoi ce soir là, le chef, bienheureux et béat, sous un feu d'artifice doré, tournant le dos à son orchestre,  marquait la mesure de sa baguette drossée, face à une mer argentée...

 

  

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La garde des seaux

Publié le par François & Marie

Marie à l'œil, quand elle chemine, pour faire revivre les objets lentement laissés dans un sommeil solitaire, ils nous rappellent qu'ils furent vivants à une époque où les contenants métalliques étaient très utilisés, c'était "l'âge du faire" .

cimetiere-des-seaux-008.jpg

cimetière des seaux 013

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Publié dans choses vues

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Défi n°76 proposé par Lilou-Frédotte pour les croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Thème "Au pied de la lettre".

Inventer une histoire à partir d'une expression telle que "donner sa langue au chat" ou toute autre, choisie dans le poème de Claude Roy.

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COUR DE CASSATION, mars 2012.

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auraIl (avocat général) - Accusée,veuillez décliner votre identité.

Elle (accusée) - Aurore Rhodium79 impasse des Orfèvres.

Il - Vous reprochâtes des babioles à la victime, qu'exprimâtes-vous?

Elle - C'était un veau à tête d'aigle*.

Il (étonné) - Vous l'estimâtes pourtant bel homme, du genre...étalon.

Elle - Cessez de lui tresser des auréoles... 

Il - Vous le laminâtes?

Elle - Il me donnait envie de le tréfiler.

Il - Et pourtant il restait coi.

Elle - Le silence était son principe absolu...

Il - Le droguâtes-vous?

Elle - Si peu...En minces feuilles sur des chocolats.

Il - ...et en dose massive d'antibiotique... Le jour de vos cinquante ans de mariage, ,vous le plaquâtes.

Elle - J'en avais l'opportunité!

Il - Afin de perpétrer votre crime, il vous fallait une bonne base.

Vous choisîtes un individu généreux au coeur d'or, qui se trouvait être un ingénieux aux mains en or

Vous le gavâtes de confiseries dorées à la feuille, le rendîtes accro à la poudre jaune dorée de l'auréomycine et lui offrîtes des vacances sur une plage au sable aurifère, où il se fit dorer la pilule.

Vous attendîtes patiemment le jour de vos noces d'or pour le plaquer et le rendre ainsi, à coup sûr totalement  conducteur d'électricité, si bien qu'il se désintégra et fondit dès qu'il voulut se raser.

Vous le ramassâtes à la petite cuillère sans chausser vos lunettes et à la hâte le moulâtes en lingot. Ni vu ni connu, le corps avait disparu.

Vous parvîntes presque au crime parfait. C'était compter sans la vue perçante de votre banquier (qui sortait de chez Arf- le -leu) bien étonné de retrouver deux fers de protection profilés pour le bout des chaussures, au milieu de tout cet or fondu.

Vous fîtes donc disparaître cet homme en or avec, ce me semble, une once de préméditation, c'est pourquoi je requiers une peine exemplaire pour cette histoire à dormir debout, qui vaut son pesant d'or.

idee.jpgElle - Le dissoudre dans le cyanure eut été bien tentant, j'y songerai pour le suivant...

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* Veau d'or, estampillé "or massif".

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