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Défi n°64 proposé par "Dresseurs de pierres", pour la communauté "Les croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

En trois cents signes maximum et sans écrire le mot "bleu" dans aucune langue, faites-nous voir la vie en bleu.

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                      Froid et primaire, telle est ta réputation.

                      T'occulter ne restera pas sans répercussions.

                      Vous l'aurez voulu, ce sera le tohu bohu.

effets

L'arc en ciel se retrouvera tout maigrichon,

Gommée, de Monsieur Klein, la célèbre couleur, 

Nus les gendarmes, les footeux, les adeptes de salopettes,

Implosées les bouteilles de gaz, 

Eparpillées les étoiles de l'Europe,

Rétréci en bi le pavillon tricoloré,

Décousus les cols des ouvriers,

Evaporés les mers, les océans, les ciels d'été, 

Recalés les débutants, les cordons-cuisiniers,

Déplumés les martins-pêcheurs, les geais et puis aussi les paons,

Déboulonnés les panneaux autoroutiers, 

Interdites les obligations, obligées les interdictions...

Exit les contusions! (Ah,bien heureuse disparition!)

Muselés les mots.....qui ne se disent qu'avec les yeux. Quel dommage...

Heureusement dès lundi, fini le bizutage!

                       D'ici là, sans faillir, nous allons contourner l'interdiction. 

                       En sobriquets nous allons redorer ton blason,

                       Quel chari-vari dans les conversations!

En ami prévenant - Très chère prenez garde à ne point vous ébouillanter! Voyez d'un petit rond cyanosé le robinet d'eau froide est estampillé.

En accro à la mode - N'est-elle pas sublimement relookée en cobalt ma poubelle aux cartons?

En pingre - Que je t'offre des saphirs? A quoi bon, le gratis de tes beaux yeux améthyste te va si bien! 

En gourmet - Mumm, je vais céder à la tentation et reprendre une lichette de ce persillé caussois et aussi de ce penicillium glaucum auvergnat, pour finir mon croûton.    

En diva des arrangements floraux - Pour rester dans le ton d'un beau bouquet céleste, des pédicelles lilas, quelques sommités myosotis, de blanches violettes et des asters corindon.

En prolétaire en colère - Pâle sang azuréen, il n'y en a que pour les De méthylène, De Prusse ou De Majorelle!

En chorale déjantée - Approchez les lapis lazuli, topaze, éméraldine et autres céruléens, venez chanter avec nous -  "Baille-moi in-digo, deux digo, trois digo,doudouuu"!

                        Vivement lundi que l'on puisse à nouveau roucouler avec Rina Ketty (si,si!), la berceuse du rêve....(interdit!). 

 

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L'vouleu d'Due

Publié le par François & Marie

Note aux lecteurs : le texte est présenté de deux façons : une première fois en patois et une deuxième en français, il suffit de decendre un peu pour accèder à la version française.  

L'aut'diminch' l'Françouais s'proumounôt è puges. 

Y'avôt dê gens bin av'gniants qu'avint in bânc d'bricoles d'yeut' mér-grand.

Y y-e z'y fiot bin in ptchot dèpit d'laissi parti lê cheuses d'yeut' mémé-Louison, mê fayot vidi la majon...

E li racontint in ptchiot bout d'sa vie d'brave fone.

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 menage-effet.jpgY'êtôt d'çan in vinderdi, la Louison fiôt la pous'rôt' din l'é-yise.

Ill ring' atout lê affûtiaux b'nis du curaï. Ill chêt sû èn' biaude qu'ê point trop bi-inche ma fouais.

Boun'fonne, ill l'a n'empoutche chu li pou la buer. 

V'là t'y pâs qui s'met à pieûvr'qu'm'en vêch' que piss'. Total, la biaude veut point  sôchi! Vouat, y'attendra bin! qu'ça dit la Louison.

L'diminch', ill s'en y va à la mésse.

L'curaï qu'ê in prou bon houm', auj'd'heu a l'êr ê cent coups, ê t'bourriaude lê burattes, ê maîche lê êvangies in rounant in d'dains. Les ptchiots servious d' mess' se t'ni-int à carreau! El a prêsqu' côrru in patalant pou grimpaïe à la chér', l'êr in coulèr', la bêrette d' traviole.

Qu'est ce qu'y'a dan qu' l'étabute?

E t'fê in zig-zag in guise d'signe de crouais ape s'êgrippe ê conteux d'la chér' pou couâner,

cure-effet.jpg- T'voul'ras point! qu'ê dit l'coummand'ment hui. Vôs m'crairez si vôs viez, in vouleu est v'ni din la majon b'nite du Sêgneu ape m'a voulé m'n'aube! La pi-e balle. Y'ê pou çan qu'aujdu j'seus fagoté din èn' vi-lle, tout' déconfraichie, r'mendée, rapondue ape qu'me sarre ê intournures. C'tu qu'a fê çan, y'ê sûr d' sûr qu'ê va reûti in n'Enfiê'. Si quéquion l'cougnait, ê dê l' dénonci ou bin ê d'vindrâ san compêr'; ê z'êrant tous lê deux veu l'Diaîle! Y'ê grân p'ché d'vouler Dûe! Amen!

E te r'met san bêrette d'binelle ape s'en r'tern' in patarou.

 Lè r'no-illes d'bénitier an r'veniant point, ills ant l'bâc pinci ape l'u-ye dê poulailles-couisses!

La poûr Louison, li, ill voudrôt rintrer sô tarre, ill ê ruge qu'm'en in queulat, ap'ill piônne, ill piônne...

Ill a pô d'rôti an Enfiê...Ill s'épante d'n'aller tout aivouêr ê curaï...

Y ê à la grand' Victouèr qu'ill èrrive à dir' c'que l'étabute.

 La Victouèr qu'a pô d'ran, va la n'enmouner veû l'curaï qu' va êt' bin aise, mê in ptchot capot... E  baill' san b'ni à la gentit' Louison!

Pou s'raichter, l'diminch d'èprés, in chér', el a r'merchiê la boun' Louison (qu'ê d'venie tout'ruge) pou tout l'mau qu'ill s' bayôt pou li ape pou l'ai-yise.

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Fait-t'y point du bin d'öyi tout çan d'notê je?

 

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François aux puces ce dimanche découvrit

Sur un étal le contenu des armoires d'une grand mère. 

Ses petits-enfants lui confièrent

Qu'ils avaient dû vider sa maison,

Que de ses affaires, ils devaient se défaire...

Ils lui contèrent avec une pointe d'émotion que, toute sa vie

ménage-effetLouison avait entretenu l'église du village, sans répit. 

Un samedi elle se dit que l'aube du curé aurait bien besoin d'être blanchie.

Aussitôt chez elle pour la laver elle l'emporta

Pensant lui rapporter pour le dimanche, en bel état.

Las! il se mit à pleuvoir et aucun linge ne sècha.

Mamie Louison se rassura,

- Not'curé en a bien une autre, celle-ci ne lui manquera pas.

Le dimanche pour la messe, l'abbé avait en vain cherché

Son aube la plus neuve, tous tiroirs retournés...

Scandalisé, il déduisit qu'elle lui avait été volée.

Courroucé, il en vêtit une très usée et rapiécée

Qui le serrait aux entournures, hé, hé, il avait un peu forci.

Furieux, mal à l'aise, il en fit le sujet de son homélie,

Menaçant des foudres du Très Haut celle ou bien celui

Qui avait osé profaner sa sacristie.

curé-effetL'assemblée offusquée, compatissante et stupéfaite

Pour le coup délia plus que de coutume sa bourse pour la quête!

Grand -mère Louison en silence se mit à pleurer,en grande confusion.

Epouvantée par la perspective des Enfers où elle redoutait de finir,

Pour une aube qu'elle voulait... juste blanchir...

Intriguée, Victoire sa voisine de banc,

Après moult chuchotis interrogatifs pressants

Et quelques coups de coude insistants

Réussit à confesser Louison.

Elle l'accompagna auprès du curé qui donna sa bénédiction,

Soulagé, ému et quelque peu confus...

Le dimanche suivant en aube immaculée, publiquement,

Il rendit hommage à Louison qui rosit modestement.

Victoire lui fila un coup de coude complice - Alleluia!

Qui fit briller les yeux et sourire de contentement la mère-grand.

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A la suite de ce récit,

Ne riez pas si je vous dis

Qu'il passa autour du bric à brac du banc

Comme un instant de recueillement.

Qu'on y parla doucement 

Manipulant avec précaution

Les modestes trésors de grand-mère Louison,

Et que François adopta six verres, pour la maison... 

Verres effets

Publié dans Histoire en Patois

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Défi n°63 "Invitation à un repas virtuel" proposé par Eglantine Nalge, pour "Les Croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

Invitation à un repas virtuel-

 

Dans mon verger, les "Croqueurs de mots" à un buffet sont conviés.

arrosageEn les attendant, j'ai juste semé de la graine de tréteaux, les hâtifs- costauds- pas bancals, puis arrosé et laissé pousser.

Il a suffit ensuite de les saupoudrer de semence de planches "les robustes-sans échardes" et de laisser venir à bien.

Et enfin de recouvrir le tout du lin brut des nappes. Paaarfait! 

Il était temps! Portant des paniers pleins, les conviés arrivent bien décidés à mêler mets et mots afin que chacun s'y retrouve bien à propos.

Servez-vous, approchez! Il y a de quoi tous vous contenter.

Les bretzels tournicotés pour les tourmentés.

Les farces savoureuses pour les blagueurs invétérés.

Les cornichons et les citrons pour les grognons.

Le kir chanoinesque pour les mécréants qui détestent la messe.

Les niniches au beurre salé pour les amateurs de mots pimentés-sucrés.

Les biscuits roses pour les moroses.

banquet

Les vols au vent pour les rêveurs... au regard absent. 

Les vins pétillants pour les auteurs pétulants.

Le brocciu, la coppa, le muscat de Frontignan pour les amoureux des accents.

L'absinthe pour les artistes gagas de Manet, de Degas.

Les rigolos questionneront leur voisin - ti punch ou ti punch pas?  

Les malchanceux, une fois n'est pas coutume auront du bol...plein de cidre.

Les lésés souvent plumés, se vengeront sur le pâté...d'alouette. 

Les bien-aimés savoureront un gratin chouchou.

Les timides oseront le munster, le maroilles, le roquefort et même le livarot.

Les faiseurs de belles lettres se pencheront sur  les mir-a-belles.

Les tristes se noieront dans la bière et les gais dans le muscadet.

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Jongleurs des mots, épicuriens, carpe diem! 

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Pour le maïs, j'ai oublié de vous dire…

Publié le par François & Marie

Pou l'trequi, j'ai ubié d'vôs dir'-

Le maïs que nous avons effeuillé ensemble chez le Louis (fin novembre 2010) a sèché pendant plusieurs mois sous l'avant toit en ribambelles d'énormes grappes, les "andouilles".

Mais2.jpgEl a bin sôchi sô l'sevron l'trequi du Louis.

Les plus beaux épis aux grains souples ont été mis de côté puis grillés dans le grand four à pain.

An a guêdjé lê pi-e braves rôs pou lè gaudes. 

Vient ensuite l'égrainage. C'est l'affaire des enfants! Il faut voir comme ils se disputent la place à califourchon sur le banc de l'égrainoir.

Fayot vouêr qu'm'en lê ptchiots freguillint quân yêtot v'ni l'temps d'l'égrenou!.

Allez hop! Avec énergie ils tournent la manivelle et s'esclaffent au tintamarre d'orage de grêle des grains qui tombent dans le seau métallique.

Rien n'est perdu, les rafles (épis dénudés) termineront en brosses à habits et en lustreuses pour souliers du dimanche! C'est elles aussi qui vont activer dans l'âtre la cuisson du fricot.

An envouyê-yot ren lê, an guêdjot les borrons pou fêr r'leure lê souyers, n'en'l'ver la pous'rôt' dê preleures, ap'atou pou l'fû du fricot! 

On va moudre finement les grains torréfiés pour recueillir une farine jaune à la saveur de noisette, "les gaudes".

gaudes3effets.jpg

Y'ê prou bon c'tê gaudes, ill sentant la neusille! 

Mêlée à de l'eau, touillée et touillée en huit (huit fois un , huit...huit fois deux, seize, huit fois quatre vingts...que c'est long!) dans une marmite en fonte noire, cette bouillie va glouglouter des heures sur la plaque de la cuisinière à bois. Plus l'épais brouet est lisse, plus il prouve l'habileté de la maîtresse de maison. Tout juste si on ne répudie pas celle qui oserait laisser des grumeaux!

Ape y faut viri, viri... La patronne a bin du maux pou qui raist' point d' catons ape ill dê avouêr l'u-ye pou qu'ê burlint point su la piatine.

Pendant de longues années, trois fois par jour, les gaudes resteront le seul aliment des gens de la terre les plus pauvres.

Y'avôt çan, ape ren d'autre, ape t'piaunos point... 

On surnommait ces coutumiers (bien malgré eux) de la farine dorée, les "ventres jaunes". 

 Ils ont gardé de cet épisode de vie un souvenir d'écuelles bien peu réjouissantes.  Il fallait souffler sur la peau épaisse des gaudes pour ne pas se brûler la langue. (On a conservé l'expression "souffler les gaudes" en parlant de qui s'endort en ronflotant en gonflant les joues!)

Leur seul luxe était de les améliorer d'un peu de lait. Ils ne se le permettaient qu'au moment des vêlages de leurs vaches montbéliardes, le lait étant interdit de vente en fromagerie pendant les périodes de mise bas. 

Dè coups, t'avôs in ptchiot d'lê, quand lê vêchs fi-int l'viau, y'ètot du nannan, t'sé!

Ils n'imaginaient pas que de nos jours, sur les meilleures tables, les gaudes reviendraient à la mode...

 Y paraîtrôt qu'aujd'eu, chu lê rupins,ê migeant dê gaudes, ape qu'ê en sant gormands!  T'y crêts-te çan? J'crês bin qu'à c't'heur' y'en a qu'sant in ptchiot maboules, t'sé t'y!

Publié dans Souvenirs

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