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Défi n° 126 proposé par Jeanne Fadosi "Les chaises d'Emile" (suite) pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

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Vous vous souvenez des chaises d'Emile (défi n°111). "C'est l'été, les oubliées sur la terrasse se retrouvent ici. Laissez-vous inspirer par cette image et personnalisez votre titre".

chaises---reduc1

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 Les chaises dans les prés, le début de l'été... (sur l'air de "colchiques dans les prés, c'est la fin de l'été").

- Fait chhaud...

- ...

- Ça piiique!

- ...

- On s'ennuiiie...

- Tu t'ennuies! Oui les chardons ça pique, oui le soleil sans l'ombre d'une ombre, ça cloque, oui les orties ça urtique, réplique excédée la vieille chaise en noyer boucanée.

chaise2.jpg

- ...

- Ainsi la jolie petite chaise Vermillonne s'ennuie. Mademoiselle craint les orties, les moustiques, les guêpes et les fourmis. Pourtant Vermillonne était bien partante pour s'exiler " le long des prés déserts où le sentier dévale.../" *

- J'étais lasse d'être comprimée par le quintal du gros Léo, voilà!

- Mademoiselle peut être tranquille, gros Léo a l'effroi du coryza! Il ne risque pas de venir nous retrouver en pleine cambrousse où "/... la pénétrante odeur des foins coupés s'exhale"*.

- Sauvée! 

Ces jours derniers, au café d'Emile l'ambiance était morose. 

Son chiffre d'affaire dégringolait, son moral et sa peau grisaillaient. Il menaçait sévère de virer atrabilaire.

Inquiets, ses clients-acolytes se creusèrent le ciboulot pour colmater le trou dans la comptabilité du limonadier.

Après cogitations, palabres, querelles, ils se rabibochèrent et lui soufflèrent l'idée d'expatrier une partie de son mobilier dans la prairie jouxtant la brasserie.

C'est bien connu dit l'un, dans les monts et les vaux le chaland de l'été qui crapahute sac au dos, a bien besoin de temps à autre d'abreuver le chameau!

Un autre argumenta, colles-y donc deux sièges et une table potable, tu vas voir, ce sera très rentable.

Emile immergé dans le pétrin, submergé par les conseils de ses copains, émergea enfin de son état chafouin. J'y pensais justement hier déclara-t-il de très mauvaise foi! J'ai sous la main une vieille chaise marronnasse qui roupille sous un ficus momifié, c'est elle que je vais expatrier. Cette vieillerie ne craint ni le soleil ni les intempéries, ça va la ventiler décida l'Emile soudain tout requinqué. 

- Tss, tss... Ton antiquaillerie , elle est costaude mais, entre nous, assez... moche et bien peu attrayante, remarquèrent ses compères, il en faudrait une seconde une coquette, une affriolante... 

chaise.jpg

 Te souviens-tu gaie luronne, c'est à ce moment là que tu t'es mise à rutiler de toute ta couleur vermillonne. Eh eh! aujourd'hui tu fais moins la fanfaronne. Tu trépignais, tu te trémoussais, tu voulais capter l'attention de l'Emile. Tu te pâmais, ââhh les filles, je vais être très tendance et très chic,  je vais recevoir l'Oscar "Mobilier Outdoor", pour moi ça vaut de l'or, c'est Hollywood! Et te voilà dehors, de ton voeu exaucée, pourtant au lieu de jubiler tu récrimines, fait chaud, ça pique, ça gratte!

- ... Mais ça libère du gros Léo! Dorénavant Miss Outdoor-Vermillon ne réceptionnera que des sportifs élancés, musclés, bronzés, légers! la classe!

- Bien sûr ma jolie! Et que feras-tu des porteurs de croquenots à crampons qui t'érafleront? Et des transpirants qui te ventouseront de leurs cuisses en sueur? Et des excursionnistes nordiques qui t'écorneront de leurs bâtons? Et des impatients qui ébrécheront de tes pattes le vermillon? Et des ...

- Arrête! tous ceux-là, vieille chipie, ils seront pour toi tralala!

- C'est bien toi qui disais "l'Outdoor n'a pas de prix"!  Quant à moi...tu verras, tout le monde me fuira tantchaise22.jpg les moineaux et les pies m'auront crépie, ne le dis pas, je viens de passer avec eux un contrat tralala !

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* "Soir sur la plaine" Albert Samain    

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Défi n° 125 proposé par Eglantine-Lilas pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

 

Vous visitez le Louvre, c'est la fin de la journée, fatiguée vous vous asseyez devant le tableau de La Joconde qui...vous interpelle.

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- Les Antiquités grecques... ça c'est fait, les étrusques, les égyptiennes, les romaines, c'est vu aussi, les peintures flamandes, allemandes, hollandaises, itou... les sculptures...

Comme d'autres cochent la liste des courses, poireaux, PQ, salsifis, ciboulette, Amélie- Bertille, elle, biffe les "départements" du Louvre qu'elle avale depuis ce matin.

Concentrée, la gloutonne flapie se répand sur un strapontin qui tombe à point. En opinant elle rature Rembrandt, Le Lorrain, Le Brun, Poussin...

- Louboutin?

-  POU-SSIN pas Loubout?...? Attention Amélie-Bertille, tu as encore abusé de fraises Tagada, tu entends des voix... Reprenons... Pierrot dit "Le Gilles"...

- Christian!

- Rhâ, non GI-LLES! pas Christian! Holà, qu'est- ce qui t'arrive A-B, tu dérailles ou bien?...

- Des Chrrist Loub! j'en rrêve...Joconde

Gloups... Bic en suspension, yeux en rondelles, lèvres cul de poule interloqué, Amélie-Bertille fixe la source d'où sourd le sourd roulis de "r".

En apnée elle réalise qu'elle est face à La Mona, La Lisa, La Joconde qui la fixe, l'interpelle. 

- Tes scarpetta... tes escarrpins, Mamma mia, qué fortouna! des Louboutin! Je les rrepèrre à cent pas. Le Léonardo m'avait avertie, on verrra que ton buste et ta testa, tou peux rester en pantofolas. Qué stoupidita! ouné dona en pantoufles, même si Le Léonardo il les peintoure pas, te donne un sourire de femme de ménage, no?

Amélie-Bertille déglutit, s'ébroue, cherche des lunettes à ajuster, se souvient que par coquetterie elle n'en chausse point encore, avance un museau précautionneux et dubitatif vers La Mona.

- Euh... MademoidameLicondeSajo, vous avez parlé?... à moi?...

- Oui, moi y'en avoir parlé à toi! Et pourquoi ne parlerais-je pas, hein? C'est lassant à la fin de devoir toujours se justifier.

- ... Mais...

- Oh! toi aussi tu as des à priori, tu te dis qu'un portrait ça ne doit pas parler, que ça doit rester coi et regarder sans ciller tous ceux qui  le zieutent en dégoisant des tonnes de balivernes... Tu me déçois, j'espérais qu'une nana aux vertigineux escarpins aurait l'esprit plus large...

Je vais te faire voir moi si j'ai l'esprit riquiqui, s'énerve en interne l'Amélie.

- Papotons ma Lison! réplique -t-elle piquée au vif. Ainsi, des charentaises frustrantes sont la cause de ta célèbre risette ma Lisette!

- C'est le Léonardo qui commande... Kif kif pour ma coiffure, tu l'as vue de près ma testa? Le Maestro Léo a décrété qu'oune Signora de qualité se doit d'être voilée. Résultat, mon brushing est tout raplaplat, qué miséria! Toi, tou as un si bello capello, splendido!

- Oh ma chère, ça n'est qu'un petit rien en satin de soie qui coûte un bras...

- Hihi, on a la preuve que la Vénus de Milo a la même modiste que toi!

- Et qu'elle a acheté deux chapeaux!

- Léo a aussi ordonné: tou poses bene saggio, a mani vuote... À mains nues! C'est bien une réaction masculine; moi j'aurais aimé des bagues, des bracelets, penses-tu! Sur mes mains nues il aurait pu au moins déposer un chaton, ça m'aurait tenu compagnie...Pfou, tu n'imagines pas combien je me fais suer depuis plus de cinq siècles.

- Cinq cents ans et tu n'as pas pris une ride! Vite, file-moi la marque de ta crème revitallo-repulpante!

- Moque-toi! Et toi, tou as un Léonardo à la casa qui peint tes yeux, tes joues, ta bouche?rouge-a-levres.jpg

- ... Et qui m'autorise des pantoufles puis me transforme en encadrée docile, condamnée à voir défiler des foules en bermudas? Tu rigoles Mona! Je me self-léonardise, ma boîte à couleurs tient en cette trousse vermillon!...Vais...oups, pardon, je baille de fatigue, vais...(baille- baille) faire une petite retouche (baille- baille- baille)...de (baille)...gloss...(baille-baille)...

Bye-bye! Arrivederci! Amélie-Bertille s'affale endormie aux pieds de Mona Lisa en buste.

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Un staff interloqué, suspicieux, voire soupçonneux, décontenancé, (dé)composé de six gendarmes ( parce que les six cognes sont de retour) en grand uniforme, de douze gardiens de musée en casquettes de gala (effectif doublé qui prouve aux militaires qu'ici c'est chez eux, non mais!), du Très Haut Directeur des Musées nationaux(qui pourtant n'est pas perché sur des escarpins Louboutin), de Mme la Ministre de la culture soi-même (qui se désole, fallait bien que ça tombe sur moi...), d'une centaine d'admirateurs de Léonardo Dicaprio (fourvoyés?), s'interroge: 

1- Pourquoi la très distinguée, chapeautée et louboutinée Amélie-Bertille a-t-elle infligé un maquillage gratis et approximatif à La Joconde?

2- Pourquoi la sus-dite Amélie-Bertille nie-t-elle l'évidence?

3- Pourquoi se permet-elle de tutoyer la célèbre Mona Lisa?

4- Pourquoi l'apostrophe-t-elle, la traitant d'ingrate, d'égoïsta muto, de traîtresse qui veut pas refiler à sa copine la marque de sa crème magique-rectifiance-intense...

5- Pourquoi lui assure-t-elle que les charentaises c'est bien fait pour ses pieds?

6- Pourquoi affirme-t-elle que si la Mona n'a pas de chat c'est bien fait pour sa pomme?

Mona Lisa

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Prévoir quelques sandwiches et un jerrican d'eau plate pour le staff qui risque bien de passer une nuit agitée au musée...

 

 

 

 

 

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Défi n° 124 par Dimdamdom59 pour les Croqueurs de mots-

Publié le par François & Marie

Pendaison de crémaillère 

Résumé 

La Zinzoline et le Déplumé se sont portés acquéreurs d'un bien romantique chargé d'Histoire et de mystère. Leur enthousiasme va t-il survivre à l'aménagement dans cette vénérable bâtisse ? 

Elle - Je ne sais pas ce qui t'a pris de t'emballer pour cette baraque, le ménage n'a pas été fait depuis l'invention de la lampe à pétrole, les murs sont tordus comme des ceps de vigne et les huisseries tombent en miettes ! 

Lui - Mais bibiche c'est toi qui ...

Elle - Aaaaah ne m'interromps pas, Innocenté, c'est une catastrophe ! Heureusement que je suis là pour sauver la situation. Je vais transformer cette ruine en palace qui aura l'heur de faire pâlir de jalousie toute la bonne société alentour ! Mais tout d'abord il est de notre devoir de célébrer l'acquisition de cette dévastation, de cette gentilhommière de caractère: nous allons promptement, une crémaillère pendre ! Ordonne La Zinzoline qui n'hésite pas à opérer des inversions grammaticales audacieuses. 

Lui - On va manger des gâteaux ? 

Elle - Ne m'énerve pas ! Nous allons surtout montrer que nous  avons acquis la perle rare, en organisant une réception à "casser la baraque " annonce  la Zinzoline pas peu fière de son bon mot ! 

.....

Le soir de la mondanité venu La Zinzoline et le Déplumé attendent les invités pour ce qui doit être l'événement social majeur du moment, or l'heure passe et personne ne vient frapper l'huis vénérable et vermoulu. 

Elle - Rassure moi Innocenté, tu as bien posté tous les cartons annonçant notre pendaison de crémaillère ? 

Lui - Bien entendu ...

Elle - Alors, j'ai beau compter et recompter, je ne vois que deux invités : toi et moi ! ce qui est assez peu pour une réception mondaine ! 

Lui - Je dois avouer que ... bretouille t-il mi-fugue mi-raison.

Elle - Mais je crois avoir entendu un bruit, enfin, s'exclame t-elle, nos invités honorent notre invitation !

La Zinzoline parade dans le hall d'entrée mais de convives : point ; se peut-il qu'elle se soit fourvoyée ? Innocenté, quant à lui, aimerait bien goûter un des petits fours qui décorent avec grâce une table dressée pour l'occasion, et tente un repli discret en direction des amuse-bouches. Après s'être fait sermonner, taper sur les doigts et traiter de goinfre,  Innocenté est chargé d'identifier les grincements et les couinements qui bruissent un peu partout.  

fantome

Peu rassuré, il saisit le bras de celle qui dans la tourmente, sait prendre les décisions.

- J'ai comme l'impression que cet endroit est hanté. 

- C'est fort possible, je n'ai jamais vu de torchons ni de linge de table flotter ainsi dans l'air du soir. 

- Devons-nous paniquer ? 

- Mais surtout pas, mon pauvre ami ! Les fantômes sont du dernier chic et donnent un cachet absolument authentique à notre maison ! Je t'interdis de paniquer ! Va plutôt leur proposer du guacamole et des chips et n'essaie surtout pas de faire le malin : les fantômes sont de fins esprits !

.......

Peu après...

Le même staff de blouses blanches dubitatif, (voir le défi n° 123), se concerte:  comment gérer un groupe de voisins terrorisés bégayant des propos incohérents où il est question de fantômes, de ripailles et de rires dans une maison hantée ?

IMG copie-polapolaroïd de la soirée.



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