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La vieille dame

Publié le par François & Marie


J' vas fér' co .
Y paraîtro qu'en pregnant d' l'ège, an è pieu grind cheuse, qu'on t' vouait à travâ...
Faut se r' varper !
C' tè que r' gaidjant qu' ta crote f'rin bin d' se rappaler qu'y a d' la boune miè en d'so. 
Méme si t' seu in béquillou, t'è touj' in conscrit dans ta caboche. Faudrot y-eu z' y dir'.
Dis y-e z' y atou que t'è. Qu' tout c' que t'âs été, y'è touj en touè, qu'è z' ubi-int point çan, saprelotte !
Ape, dis te bin " Carpe diem " qu' m'en è djant din l'patouais d'eillise !


Je vais faire court.Vieille-dame.jpg
Il paraîtrait qu'en vieillissant, on devient transparent.
Il faut se rebiffer!
Ceux qui ne regarde que ta croûte ferait bien de se souvenir qu'il y a de la bonne mie en dessous.
Même si tu es un peu bancale, tu es toujours jeune dans ta tête. Il faut le leur dire.
Dis -leur aussi que tu ES. Que tout ce que tu as été est toujours en toi, qu'ils n' oublient pas ça, saperlipopette !
" Cueille le jour présent ", comme ils disent dans leur patois d'église !

Publié dans Souvenirs

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La vieille dame

Publié le par François & Marie

Prenez une belle poignée d' adolescents ( une trentaine ) avant leur départ en stage auprès de personnes âgées.

Saupoudrez chacun de leur pupitre d'une copie de la missive écrite par une vieille dame décédée en maison de retraite.*

Laissez reposer le temps d'une lecture.  

Dans la foulée, glissez subrepticement une tranche de " Si tu t'imagines " par Juliette Gréco. Laissez agir.

Vous obtenez d'abord, trente silences compacts longs et graves.

N'intervenez pas.

Laissez monter la pression.

Préparez vous, à essuyer, après quelques soubresauts, une redoutable déferlante de commentaires.

Laissez fuser.

Observez sans intervenir, patientez un peu.

Puis, avant que l'agitation des molécules n' atteigne son paroxysme, agissez. 

Réduisez petit à petit la puissance de chauffe.

Amenez progressivement  le tout à décantation.

Résultat surprenant : les trente jeunes fruits verts, un peu acides ont subit un tel chambardement qu'ils se sont subitement auto-mûris et en restent un peu blêts...

Au bout de deux heures, étrangement, ils  n'acceptent que laborieusement le démoulage vers la porte de sortie.

On rapporte des cas où des effluves de " Fillette-teu, fillette-teu, ce que tu te goures... "" se répandraient dans les couloirs, ce serait, paraît-il un signe de recette réussie...

 

Lettre trouvée dans la valise d'une vieille dame, après son décès dans une maison de retraite-

Une vieille femme grincheuse, un peu folle, le regard perdu, 

Qui n'y est plus tout à fait, qui bave quand elle mange et ne répond jamais.

Qui, quand tu dis d'une voix forte " Essayez ",

Semble ne prêter aucune attention à ce que tu fais. 

Et ne cesse de perdre ses chaussures et ses bas.

Qui, docile ou non, te laisse faire à ta guise,

Le bain et les repas, pour occuper la longue journée grise.

 

C'est ça que tu penses, c'est ça que tu vois ?

Alors, ouvre les yeux, ce n'est pas moi.

 

Je vais te dire qui je suis, assise là si tranquille,

Me déplaçant à ton ordre, mangeant quand tu le veux.

 

Je suis la dernière des dix. Avec un père, une mère,

Des frères et des soeurs qui s'aiment entre eux.

Je suis une fille de seize ans, avec des ailes aux pieds,

Rêvant que, bientôt, elle rencontrera un fiancé.

Mariée déjà à vingt ans.

Mon coeur bondit de joie au souvenir des voeux que j'ai faits ce jour là.

J'ai vingt cinq ans maintenant et un enfant à moi,

Qui a besoin de moi pour lui construire une maison.

Femme de trente ans. Mon enfant grandit vite.

Nous sommes liés l'un à l'autre par des liens qui dureront, il veille sur moi.

Cinquante ans, à nouveau autour de moi des bébés;

Nous voilà avec des petits enfants, moi et mon bien-aimé.

Voici des jours noirs, mon mari meurt.

Je regarde vers le futur en frémissant de peur, 

Car mes enfants sont tous occupés à élever les leurs.

Et je pense aux années et à l'amour que j'ai connus.

Je suis vieille maintenant et la nature est cruelle,

Qui s'amuse à faire passer la vieillesse pour folle.

La grâce s'en va de mon corps et la force m'abandonne.

Il y a maintenant une pierre là où jadis j'eus un coeur.

Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure.

Je me souviens des joies, je me souviens des peines,

Et, à nouveau, je sens ma vie et j'aime.

Je repense aux années trop courtes et trop vite passées, 

Et accepte cette réalité implacable, que rien ne peut durer.

 

Oublie la vieille femme grincheuse, regarde mieux, tu me verras.

 

Si tu t'imagines
si tu t'imaginesfillette2
fillette fillette
si tu t'imagines
xa va xa va xa
va durer toujours
la saison des za
la saison des za
saison des amours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures

Si tu crois petite
si tu crois ah ah
que ton teint de rose
ta taille de guêpe
tes mignons biceps
tes ongles d'émail
ta cuisse de nymphe
et ton pied léger
si tu crois petite
xa va xa va xa va
va durer toujours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures

les beaux jours s'en vont
les beaux jours de fête
soleils et planètes
tournent tous en rond
mais toi ma petite
tu marches tout droit
vers sque tu vois pas
très sournois s'approchent
la ride véloce
la pesante graisse
le menton triplé
le muscle avachi
allons cueille cueille
les roses les roses
roses de la vie
et que leurs pétales
soient la mer étale
de tous les bonheurs
allons cueille cueille
si tu le fais pas
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures

Raymond Queneau, L'instant fatal

Publié dans Souvenirs

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Recette fraîcheur

Publié le par François & Marie

 

Dans un pré herbu, plantez un peuplier. Patientez...
Juste une bonne dizaine d'années.
Vérifiez où en est sa  feuillée.
Quand son ombre fait une flaque sur le pré,
Arrivez !
Choisissez un bel après midi d'été,
Quand le soleil, gros jaune d'oeuf, s'étale dans son blanc bleuté...
Apportez donc un plaid, un transat ou chilienne ( non, pas la dame aux pesos, l' autre... ) et puis un oreiller.
Un hamac ? Ah non, un hamac n'est point approprié, il eut fallu planter  DEUX peupliers.
Installez-vous, affalez-vous, détendez-vous,
Les yeux fermés, écoutez...
Rien...
Quoi, RIEN ?
...................?
Ouhhhh... C'est raté, ZUT ZUT ZUT, j'ai oublié, IL FAUT  aussi UN VENT LEGER...
Tout recommencer : piocher... han, c'est dur...planter...peuplier...arroser...patienter...une année, deux années, quatre années, pffuuu, six années, pouhhh, huit années, c'est long...ah ! dix années.
Où sont les feuilles ? Ah, il faut attendre encore un peu, jusqu'au début de l'été...
Gagné ! La  flaque, là, c'est de l'ombre...vite, un truc, lequel ?  pour s'allonger... pas eu le temps de choisir, dix années c'est vite passé... et puis un oreiller, ai déménagé trois fois, dans quel carton les oreillers ?...ne pas oublier le vent léger, d' est, du nord, du sud, le vent ? peu importe, un joli petit vent...s'allonger dans le pré, soupirer d'aise, dérouler les stores des paupières, vérifier le bon état des écoutilles...
ALORS ?
Vous entendez ?
Concentration...réflexion...on dirait...ça froufroute, on croirait... ouire des gouttes...oui, des gouttes... de la pluie, une averse, une ondée, une cascade qui cascade, éclabousse...rafraîchit !
Encore gagné ! Cette cascade, c'est le vent dans les feuilles du peuplier...Essayez. 
Et en automne, quand elles se tacheront, bruniront, humez leur âcreté...Essayez.

Publié dans anecdotes

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l'apiculteur

Publié le par François & Marie

Gouvernées par une reine, elles ont butiné en avril, en mai, en juin et encore en juillet, les travailleuses Apis mellifera.
Elles ont récolté le nectar, l'ont transformé en miel doré.
Il gorge les cadres alvéolés de la ruche.
Un frais matin de fin d' été, le cérémonial peut commencer.

L'apiculteur, maître de cérémonie, s'apprête à officier.
Il s'habille pour l'occasion. De la combinaison intégrale, jusqu'au chapeau à voilette, sans oublier les très longs gants, il est couleur beurre frais; de quoi laisser indifférente la communauté butineuse.
Il les connaît ses abeilles. Il sait qu'elles sont attirées par les zones sombres (cheveux, yeux, nez, bouche, oreilles. ) et cherchent à s'y introduire.
Silencieusement, sans brusquerie, il enveloppe la ruche dans un nuage de fumée.
S'il était thuriféraire, on dirait qu'il les encense ! Mais son encens n'est que chiffon brûlé et son encensoir, enfumoir à soufflet.
Cette fumée, est-ce une marque d'honneur ? Plutôt un leurre... 
Les abeilles vont croire la ruche incendiée, donc en péril.
En insectes disciplinés, elles auront le réflexe de  sauver le fruit du travail de la communauté, se gavant de miel en vue d' un essaimage. Trop occupées, elles seront alors inoffensives pour l'apiculteur qui récupérera, en toute confiance, les cadres mobiles aux alvéoles gorgés du précieux nectar.
Il les emportera, les désoperculera avec un grand couteau, large et plat puis en extraira, par centrifugation, le miel doré.

Parfois, au printemps, lorsque la ruche devient trop exiguë, des cellules à reines sont élaborées. Peu de temps avant leurs naissances , l'ancienne reine quitte la communauté avec la moitié des effectifs de toutes les catégories d'ouvrières. On voit ces essaims, en énormes grappes vrombissantes, tourbillonner dans les airs. Le bruit les arrête. J'ai le souvenir de mon grand père castagnetttant avec ses sabots pour faire  poser un essaim, dans un arbre le plus souvent . Il le récupérait, la nuit tombée, en le faisant délicatement descendre dans une ruche vide qui n'attendait que lui .

St Ambroise, Nicolas, Bernard et Valentin sont chargés de protéger les apiculteurs et leurs ruchers.
La légende veut que St Ambroise, nourrisson, accueillît dans sa bouche en dormant, un essaim et qu'il se réveillât souriant et en parfaite santé...

Publié dans Souvenirs

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?

Publié le par François & Marie

 

Par un clair matin d'été,
Il se chapeaute et se gante de beurre frais.
De ce lieu qu'il convoite approche avec précautions,
Il fume abondamment, serait-ce l'émotion ?
Hésite un court instant puis il passe à l'action.
Viole le domicile, sans violence pourtant,
S'empare de l'or caché sans se précipiter.
Referme derrière lui et repart sans bruit.
Son contrat accompli, il va s'en retourner sans hâter son allure,
Dissimulant à peine le couteau, pendu à sa ceinture.
Protégé par Ambroise, Nicolas, Bernard et Valentin,
Il va, dans un lieu sûr, enfermer son butin.

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vacances

Publié le par François & Marie

Vacances

Profitez-en pour feuilleter les pages du blog, peut être avez-vous manqué un article ou deux… 

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Informétion

Publié le par François & Marie

eauVôs viè que j' vôs diè, an a eu bin d' la chince...an èrôt pû y rester, paissi l'arme à gauche mém'... 
Gnon nô in avôt jèmé causé... an savôt point nôs... y'è point d' nôt fôt', y'è c'ta d' Sottens ( que cause d' la Suisse...) qu'avô ren dit, an èrot pû en meuri...An s' rôt' y dè resquèpés ?...
Dîtes me vouèr', y' è bin in ETE qu' an allôt souailli d'aveu nôt dâ, fouainer, sèquier l' treuqui, fér' lè j' valles de bié ou bin r' tarrer lè poumètares...J' me trompe point ? 
GNON nô a jémé prév'niu ...

A c' t' heur' è sant bin chinceux, c'té qu' pertant in vécainces din yeuté berlines d'aveu la clim, ( qu'm' en è djiant ), lè MEDIAS ( incor' qu' m' en è djiant ) , y'e rababouinant, di coups par je :  SONJI BIN A N' AVOUAIR'  EN' TOPETTE D' AIGUE !   


Nôs... an avôt renqu' Sottens...que nôs diot ran  d' tout çan...
Pt'ét bin qu'è nôs preniôt point pou dè benêts...
Information-

eauQuelle chance ils ont eue...ils aurait pu y laisser leur vie, voire trépasser !
Personne ne les avait prévenus...ils ne savaient pas, ce n'était  pas leur faute, Radio Sottens n'en avait soufflé mot...ils seraient donc des sortes de rescapés ?
Otez-moi d'un doute, c'était bien en ETE,  que nos Anciens partaient couper les foins, à pied, faux à l'épaule ? Qu'ils sarclaient les interminables champs de maïs, qu'ils liaient à la main les gerbes de blé, qu'ils courbaient l'échine pendant des heures en butant les pommes de terre sous un soleil de plomb ?
Personne n'avait pris soin d' avertir ces travailleurs d'un grand DANGER : en été, la plupart du temps, il fait CHAUD...
Ce matin, les médias alertaient les pauvres hères-vacanciers qui s'apprêtaient à déposer, de leur plein gré, leurs fragiles postérieurs dans des berlines climatisées. Ils  allaient avoir CHAUD ( quelle nouvelle inouïe, de la chaleur en juillet !), ils devaient se munir d'une BOUTEILLE D'EAU...Gloups!... Ma tartine en a volplané dans mon bol de café au lait !
Les anciens travailleurs de la terre en auraient, tout comme moi, avalé de travers si Radio Sottens leur avait parlé de la sorte...L' humain, être dit sensé, tend de plus en plus vers le benêt assisté ...

Publié dans Histoire en Patois

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Vècançous

Publié le par François & Marie

( Conversion patoisée)
Tissu.jpeg D'aveu lè vècances, c' tè d' la ville, è vant v' ni fèr' un te chu nô, pou vouèr' nota cambrousse, qu'm'en è djiant.
  Yeut' guidou  l' ROUTMICHELINARD sô l' brè ! E l'ant pay  prou d' €, è vian l'amorti.
  L' guidou y-e  z' a dit : errêtes-vos ique, è s'errêtant. E z'émant point touj, yeut' bèton  y-e minque, ape yeut' Loto, ape yeut' mèrchand d' mègots...    
  E viant roler, roler ape roler. Y'e z'y faut du gaudron, l' harbe y'e z'y baille dè boutons...E savant point à quoi ill sert c'ta tarre, è z'èrint envie d'y mètre du béton.
  E vant r'gaidjer, l' guidou a dit qui faillot, don, è r'gaidjant... Qu'est-c' qu' è vont r' teni ? Qu'y è tro vèr, qu'y a dè fremis ape dè tavins qu' piquant, ape qu'y a point de drugstôr din c' bled, ape point d' bru, y'è mortel qu'è djiant, BREF, ON S' ENNUIE DANS CE BLED...J' crè bin qu'à c' t' heûre, y' è péché d' s' enneuilli, t' as pieu l' drêt, y' s' fè point, y'è point bin él' vé...
 L' guidou devrôt bin fér' èn' interro écrite èprés l' voyège pou voir c' qu'è z'ant r'teni...Mè,yè point s' n'affér' au ROUTMICHLINARD, li, el a lè €...le rèst...pôpôpô!
  T'sé point c'que j' fè, mouais?  J' va au-d' sus du ch'min dè vignes, j' m'aste pou tarre ape j' m'en mets pi-in la vue ! Point in bru, just' lè zuziaux que zuziotant... 
  J' fè la gnolu qu' rêvasse ... 
  J' vouais lè champs laborés in culotte de v'lours d'aveu dè grousses ranches... 
  Lè  vignes, y'è du tweed qu' m' en chu Sa bin Grècieuse Mèjesté...
  Le ptchiot trequi, j' le prins pou du sargi bin costaud... 
  Lè abres su la taupiniére, y'è qu'm' en in pompon su l' bounnot d'in ptiot mètelot...
  L' souaile m' fè sonji à c' tè grans coulèchons, in souai, qu'lè balles parisiennes s'enrôlant d' dans...
  Ape, c' tè je, y' è qu' m'en si l'été avo envié paître lè san vareuse, el avo trop chaudot, è ça embirlificoté, a èrrèchui sè botons qu'ont vèlsé din lè prés fouènés, en d' veniant dè grousses boules èn' ôr...
  Point b'zin qu' le  ROUTMICHELINARD te djiais c' qu' t' dè fér, y'è ton queûr qu' t' cause...

 

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Publié dans Histoire en Patois

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