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Défi n°111 "Papotage de pieds de chaises" proposé par Eglantine-Lilas pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

           

             " FAIRE PAPOTER LES CHAISES DE LA BRASSERIE D'EMILE".

( lire la suite sur le défi 126)

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- Ouille, ouille, ouille! Aux abris les copines, v'là le gros Léo! J'appréhende d'être une fois de plus l'élue qui va écoper de son quintal.

Pour les chaises de la brasserie d'Emile, débute une journée ordinaire.

- Tu l'as bien cherché espèce de bombasse ma belle! Quand on est une chaise rembourrée qui veut se donner des airs de fauteuil aux accoudoirs prétentieux  moelleux, on ne doit pas s'étonner d'être convoitée, persifle la vieille chaise bistrot en bois rustique, boucané noyer.

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- Mais je...

- Quand on est une allumeuse coquette peinturlurée rouge géranium, quand on trône en place privilégiée dos au radiateur, vue imprenable sur les coups de théâtre du carrefour et à bonne distance de l'haleine des toilettes, on assume! renchérit la surannée.

- Merci pour tes encouragements vieille bique!  Humppp...inspiration, ffffu... fffu...ffu...fu...expiration-décontraction... Profitons des quelques secondes de répit humppp... laissons l'Emile et mon amoureux transi faire le rebâtissage du mondefffuuu...fu...plus que... cinq, quatre, trois, deux, un, zéro... 

C'est parti! 

En un, Gros Léo, de loin me capture dans son colimateur.

En deux, Gros Léo coince le canard frais du jour sous son aisselle dextre.

En trois, Gros Léo emprisonne dans ses sénestres doigts boudinés le demi de blanc sec qui tangue en équilibre précaire.

En quatre, Gros Léo fond dans ma direction en un déhanché fébrile, tel Chaperon rouge tentant de semer Gros leu très méchant.

En cinq, Gros Léo oppressé vire au carmin et plouf! m'accoste.Tous aux chaloupes!

Un aller-retour, crrrijijichhh puissance 8, à donner la chair de poule fait grincer le carrelage en fraisage de dentiste et hurler les quatre pieds de la "privilégiée" en ripage de craie sur le tableau noir.

- Ouche! che mec, che le détechte, l'exchécre et chétéra! ai-je à peine la forche de chuchurrer entre mes ratiches.  

- Ah! Tu l'as bien cherché, jeune donzelle C'est un truc qui ne risque plus de m'arriver, chevrote l'ancêtre teinte. Si comme moi tu étais rigide, marronnasse et inconfortable, on t'ignorerait superbement. Depuis fort longtemps on m'a répudiée. Pourtant on m'a conservée... loin des regards. "Démodée mais costaude, pourrait encore dépanner", qu'ils m'ont étiquetée... On m'a collée au rancart zone courants d'air, sous le vieux ficus qu'on oublie d'arroser et qui me jonche des écalures gratteuses de ses feuilles racornies, crissantes comme des chips.

- Ouh! la jalouse. Cougar ratée va...Tu as été la reine il y a...

- ... Il y a trente cinq ans, quand alors mon vernis rutilait sous les néons. Depuis, j'ai terni. On m'a reléguée dans le coin le plus déprimant du bar. J'y joue les gardiennes de zoo! Les araignées me considèrent comme un échafaudage increvable digne de leurs essais architecturaux, les mouches confondent ma couleur avec celle de leurs crottes et en rajoutent, le vieux caniche du père Labelote me prend pour niche, lui et sa laisse roupillent pendant des heures enroulés à mes quatre solides points d'ancrage qui fleurent le chien mouillé. Quelle déchéance...

- Comme j'aimerais être à ta place ma bêê-lle vermillonne, bêle le tabouret de bar. Toi, on te repère, te convoite, te choisit, on te rend visite. Moi je ne suis que l'utilitaire sans âme, l'entremetteur entre les assoiffés et les verres à remplir. C'est à peine si on m'effleure d'un petit bout de fessier pressé. Lorsqu'on investit mon assise c'est souvent affalé en pitoyable crêpe sans cervelle et sans grâce. Quelle disgrâce...

Et patati-patata, ainsi se déroule le feuilleton chaisier de la journée entre quiétude, aléas et cahin-caha.

Le soir venu, on ferme, on baisse les lumières.

Alors s'amorce le répit de la nuit des sièges pattes en l'air, en comique posture, ventre plaqué sur le Formica des tables résignées. 

Tandis que la wassingue serpente indolente sur le carrelage à rapproprier, ils implosent en petits rires, gloussent, pouffent, rouscaillent, feutrent des baillements, bref, décompressent, communiquent sur la même longueur d'ondes, entre pieds de chaises de bonne compagnie.

- ...Ah! la nouvelle... la jolie chaise-fauteuil... vois! elle a le teint groseille jusqu'au bout des orteils...

- Je sens que tu vas rêver d'elle, que ta nuit soit belle...

- ...Tes pieds sentent le pipi d'chat...

- C'est pour éloigner les souris! Hihi! Bonne nuit!

- ...Ton vernis s'écaille mon tabouret...

- C'est vrai ma caille, je deviens chauve des mollets...et si on dormait?

L'ancêtre rustique oubliée dans son coin, ronflote, blottie tout contre son ficus jauni.

Certains mauvais esprits prétendent que ces deux compères auraient autrefois mené de concert, une vie de barreaux de chaise...

 

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anniversaire

Publié le par François & Marie

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6 novembre 1814 : naissance d' Adolphe Sax, facteur d'instruments de musique belge († 4 février 1894).

 6 novembre1887 : naissance de Walter Johnson, lanceur de baseball américain († 10 décembre 1946).

 6 novembre1908 :naissance de Françoise Dolto, médecin et psychanalyste française († 25 août 1988

6 novembre 1925: naissance de Michel Bouquet, acteur français 

6 novembre1961 : naissance deFlorent Pagny, chanteur français.

6 novembre 2009 naissance de Cabardouche . 

 

Publié dans anecdotes

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