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La noge du coucou

Publié le par François & Marie

Auj'du, chu nô, la bise nouaire fè cheudre la noge du coucou su lè perlinpimpins !

dentelle2.jpg
Aujourd'hui, sur les primevères de notre Bas-Jura tombe la dernière neige, celle du coucou !

Publié dans Dictons

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Ballerines et pataugas

Publié le par François & Marie

Patte2.jpgElle en a quatre. Le compte est vite fait. Une gauche et une droite, fines, d'un délicat ivoire, douces comme du velours. Puis une droite et une gauche emboîtantes, résistantes, antidérapantes et d'une décourageante couleur marronnasse.

   Elle a treize ans, début des années cinquante et quatre chaussures de sortie ; deux pour sortie-beau temps, deux autres pour sortie-temps maussade, voire pluvieux.

   Elle vient de recevoir sa convocation.  Dans trois jours elle sera mêlée à une centaine de filles de son âge venues concourir pour décrocher l'entrée dans leur future école.

   Trois jours plus tard, que croyez-vous qu'il arrivât ? Il plut ! Elle dut, dépitée, mettre au pied droit un lourd mocassin à la semelle en dents de crocodile. Le pied gauche fut aussi mal servi par son exacte réplique. (Souvenez-vous : au milieu de cent autres filles de treize ans...) 

   Shoes
Dès qu'elle a disposé de ses propres deniers, elle a souvent fait des pauses rêveuses face aux boutiques des chausseurs. Et, comme elle a maintes fois franchi
leur seuil, elle se retrouve avec un 

« léger» excédent de chaussures dans ses placards. 

Certains chuchotent qu'elle est affligée d'une petite névrose du pataugas. Elle les laisse dire et se garde bien de la soigner !

LES SOUILLERS.

    Ill in a quâtre. Ill in avo vite fait l'te ! 
   Ene gauche ape ène drète braman balles, qu'm'en du v'lours.
   Ene drète ape ène gauche... peutes !
   Ill a tréze ins. Y'è l'apré guérre, y'a point trop d'quouais...
   Ill a quâtre souillers: ènan pére pou l'soulè ape ènan pére pou la pieuge.
   Ill vin d'étre appalée: din trouais je, ill va à la gran'ville pou in concours (pou intrer dan ène clâsse). Y èra pi-e d'in cint donzelles aveu li! 
   Trouais je apré, v'là t'y pas qui s'met à pieuvre, mais à pieuvre, dè rabasses, dè batrasses. Ill pouvo point mettre sè braves souillers. Ill èto in coulère contre c'ta pieuge, ill a mis sè souillers peus (d'vin cint donzelles qu'allin étre, ben sûr, mouquouses...) 
   Dèpeu qu'ill a in ptcho d'quouai, ill s'achte dè souillers. Ill in a ben d'trop, mais y fè ren. Y 'avo ben trop fait malice qu'la pieuge li fasse mèttre sè souillers peus !
 

 


Publié dans Souvenirs

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La Mulette

Publié le par François & Marie

  Le soleil est encore jeune. Il réchauffe mon échine juste à point. Il n'a pas encore atteint la rosée parfumée au lotier qui réjouit mes naseaux.

Ce grand pré ? Pour moi seule !

L'abri de planches ? C'est le mien !

La cuve d'eau à l'ombre du grand chêne ? Pour moi aussi !

L'heureuse bénéficiaire, c'est moi, la mule. Mon nom ? Mulette ! Mes maîtres ont l'imagination fertile ! De bonnes gens.

mule-copie-1.jpg

On sifflote. C'est Léon le fermier avec un grand seau d'eau. Comme il est prévenant et gentil !

 -Viens ma Mulette, module-t-il.

Je trottine allégrement à sa rencontre. Il me flatte l'encolure, l'eau est fraîche, quel maître charmant !... Mais, qu'est ce qu'il fait ? Ah le sournois, le fourbe, le voyou, il m'a passé le licol ! Il sourit le tartuffe !

 -On va labourer le champ de la plaine, annonce-t-il.

Le champ de la plaine ! Mais c'est au moins à un kilomètre, autant dire mille mètres ! Une soudaine et fulgurante arthrose du canon, du boulet et aussi... du paturon, me cloue les quatre fers au sol, je prends racine...


   Le bougre a de la poigne, il tire sur la longe et me voilà affublée d'un collier, d'une ventrière et attelée aux timons du char. Le Léon est un esclavagiste !  

  -Je vais te badigeonner de chasse-mouches, ça va te protéger ma mulette, prédit cet Escobar.

Le chatouillis de la plume d'oie qu'il utilise pour me peinturlurer ne me déride même pas, je reste tête basse, j'en veux à ce Judas !  

-Hue Mulette ! Vient-il de décider !

Je suis percluse d'arthrose et... sourde. Moi aussi, je viens de le décider ! Je boude et ne bouge pas !

 Sans titre-copie-1 -Hue Mulette ! En avant ! Vient-il d'intimer !

    Sourde je reste ! Dans mon for intérieur je regimbe et rue dans les brancards (seule l'arthrose m'empêche de passer à l'acte ) !

    Il y a encore dans mon dos, deux «Hue Mulette» de plus en plus impatients et une agitation des rênes qui me réjouissent ! J'ai réussi à agacer le traître !

    Je démarre en boitant, en renâclant, en lambinant (l'arthrose-subite est redoutable !) J'entends vaguement derrière moi des remarques de semi-satisfaction, du style "pas trop tôt","tête de mule" (quelle évidence !). Bref, j'arrive clopin-clopant mille mètres plus loin ! Je me cabre (intérieurement, l'arthrose toujours !) Quand ce faux jeton m'harnache pour tirer la charrue.

   -Dans une petite heure tu retrouveras ton lotier ma Mulette! Assure mon "tyran."

    Je ne lui accorde pas un regard : une heure, ça fait tout de même soixante minutes d'exploitation de Mulette... Je démarre en zigzagant... exprès ! Les voisins de champ du Léon vont  remarquer que "ses" sillons ne sont pas droits et lui en faire la remarque, je jubile !

  "Une vingtaine d'allers et retours plus tard (et autant de pensées rancunières et

   de claudications diverses !), je me retrouve à la tête du char. Le Léon prend les rênes en sifflotant.

    Il peut économiser son "Hue Mulette", je galope déjà sur la route du retour et je ne ralentis qu'en entrant dans la cour de la ferme ! J'ai "avalé" les mille mètres en une bouchée ! 

    Le Léon a un sourire moqueur en me désharnachant, je lui fais une  guillerette petite ruade de côté pour lui signifier que je ne lui en veux pas (trop !) et je trotte vers mon lotier où je fais une, deux, trois roulades de plaisir ! 

    Vous avez dit "arthrose?!" 

- histoire vraie-  
Ene mulette.

J'seu ène mulette qu'a, renque pou li : ène chintre d'aveu du lotier, in charti, in abouèrou sô l' gran châne, du soulè ape in pâtron, le Léon qu'èrrive en subiant ! E vin m'abouèrer.E m'appale "Vin Mulette, vin...". El è bin gentite c't'houme. Sa seille d'aigue m'fè ben du ben è gorgoillot.
   Tout par in coup, j'baille bieu, c'margalou, c'traîne-culotte m' passe le licou.C't'apchâtre veut m'fére travouailli !
   J'seu in aria, racafouainie, mandrue. Quand è veut m'applayi è chai, j'fè dè peutes façons.  El a beau m'fér'encrére què m' dorlote daveu l'émouchau qu'va chaissi lè mouchillons, j'su maucontente, j'hargigne, gambille, chambrille. J'va in beuznant, j'fè ma ganache tignouse! C'te Léon mitemon è in ébrution, è ragonne. Y è in argonier, in ch'ti. Ch'eu seudiale à sè "aïsse", j'me r'varpe en fiant des seillons tirvauchis d'binelle !
   A fauche, j'découlère, y è binstôt l'bout d'l'apier...
   Pou r'veni, pôvr'ami, y barde! J'frondale, dralle, j'su alègre, lè r'dalles sautrallant!
   Sitôt dépouaigie, j'cô din min lotier, j'fè ène, deuais, trouais cubêchios in r'millant d' piaisi! 

Publié dans Souvenirs

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Paroles de Lapin

Publié le par François & Marie

lapins.jpg- Où en étions-nous, dit la lapine, ah oui ! mon clapier est vaste, bien orienté, un double grillage le protège. Ma litière est confortable.
    La fermière m'a gâtée de pissenlits croquants, elle a deviné... : mes lapereaux sont nés cette nuit! Elle sait qu'elle ne doit pas y toucher. (je peux renoncer à mes petits nus et aveugles s'ils sentent l'humain.) Elle m'a parlé doucement (sûrement avec des mots gentils de fermière). Lorsqu'elle a vu palpiter le nid de fourrure légère comme de la buée où ils sont enfouis bien au chaud, je crois qu'elle avait l'air content. Je n'ai pas bien suivi, je grignotais avec délice!
   
Ils grandiront vite.Lapinstel.jpg
    
    Il y aura des moments de jeux avec les enfants de la maison. Je serai stricte et taperai très fort "de la patte" 
si ces garnements ne respectent pas les règles :ne pas toucher à mes lapinous avant qu'ils soient des ados de trois semaines! Ne pas les tenir par les oreilles mais par la nuque, ce ne sont pas des peluches, non mais! Il y aura des jours de canicule où je les tirerai de leur sieste pour les guider jusqu'à l'abreuvoir. Le manque d'eau peut être fatal à un lapin...
    
     Il y aura des moments de frayeur 
quand une fouine nous menacera à travers le double grillageJe protégerai ma marmaille en la poussant tout au fond du clapier. Je couinerai, glapirai, ferai tant de ramdam et de tam -tam que la prédatrice s'enfuira bredouille. (ouf!)

   Il y aura au menu de certains dimanches du civet aux croûtons aillés...
  
   Il y aura des mardis où la fermière fera dix kilomètres à vélo pour aller vendre sous un marché couvert des oeufs, des poules et... des lapins.
    Il y aura un vilain bonhomme qui criera "Peaux de lapins, pôôôô..."en agitant des clochettes et en tirant une vieille charrette. La fermière dépendra des peaux raidies autour de leurs manchons de paille (souvenez-vous des civets du dimanche...) elle en récoltera quelques piécettes qui réjouiront les enfants (ceux- là même qui joueront avec mes lapereaux) et alourdiront leurs tirelires.
     On appelle ça "une vie de lapin fermier"... Mais où en étions nous ?ah oui : les pissenlits... délicieux,
vraiment!
      lapin2.jpg
L'avou sque j'en èto?
J'su prou bien din mè lépiniéres d'aveu d'la boune peille ape in grillaige qu'm'en y faut.
La fone du meix vin d'me bailli du nan-nan: dè grugnots! Ill savo ben qu'jalo lapini c'ta nè. Ill a r'gaidjé lè pouais-foulots lavou mes ptchiots san nano,sin ren touchi (ill saye qui faut point fornailli).Ill causot gentite, j'crais ben qu'ill freguillot un pcho!
Mes ptchiots è van grandi, è van avouair'ène vie d'lèpins! 
E juèrant d'aveu lè bessots du meix (j'taqu'rai d'la patte si è lè preniant pou lè arayes !).
E ubieurant point d'bouaire si fai chaud (in lèpin pourro  meuri si el a point prou d'aigue.) 
E z'èront pô quan èn' béte vindra pou no saigni (mais j's'rai ique pou me r'varper,fére du bru,trac'maler) ape y s'ra li qu'èra pô! 
Y'en èra que d'vindront râgout d'lèpin ,l'je du Seigneur...
Y en èra qu's'ront escarbillis lè madjis d'fouaire...
Y en èra qu'vont fini dans la carioule de c'tu que cheupe :"Pô d' lépins ,pôôôô"...
Y è san ène vie d'lèpin...
L'avou sque j'en èto?...lè grugnots: du nan-nan vré de vré j'vo dit!
 

Publié dans Souvenirs

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VOUAILLA.

Publié le par François & Marie

  
   I sin l'gri pin èpeuces. Y'è l'gran-pére qu'fieume san bouffârde en li-ant tou fô l'journau d'ique.
   Dè grans avans que siardant l'ére. L'pére, l'hivâ darnié avo tailli lè avanchers, è z'ont trempouilli qu'y en finisso point, ap'è z'ont sochi quan y fio du soulè. C't'hiva è lè maille, è viou fére dè mânnes pou lè poumes-è-tarre ape pou rintri l'bô. I li faut renque in cutè, in pouçon ape sè mins.
   D'aveu quêtre aig-euilles la gran-mére, l'métou l'Mongris su lè g'noux, qu'mensse dè choussons è gueurge pou rèchauder lè pis din lè sèbouts.
   La mére è sô l'lusot qu'monte ape qu'besse pou vouair quiâ pou r'mander sè chausses d'aveu èn'û. Fènette, la ptchiote cheine, dreume su sè pis, ill sè ben qui va point deurer ape qu'ill va fini la nai din la peille d'la gringe.
   Y'a in viou journau su lè touèle ciria. Les ptchiots peinturant d'aveu la gouèche yeutè qué-hiers d'Noué. E san in biaude in pilou, è pouvant vouailli in pchô, y'é mècredi sè (è vont point chu l'instruisou l' judi).
   Lé bouillotte zainzaine su l'fu que qui-aire un ptchô fô d'aveu lé bise que s'a l'via.
Y'é prèsqu' hui heurs du sai, faudrot brinchi l'TSF pou lé f'mille Deuraton ! Apré,  su lé Suisse,y'en a qu'juant ène piéce d'té-hètre. In l'oyant in va mingi dè poumes ruges, dè "mougnots d'chins".
   Du tillol ape du mié, y va fére du nan-nan pou ben dremi. Lè ptchiots y'allant, y'è l'moument.
  
Y'é ène vouailla d'hivâ pou chu nô,veu lè an-nians cinquinte (épré l'JC!)

50 37 Radio CM 74
Voir la traduction

Publié dans Souvenirs

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L'bariau du cotchi

Publié le par François & Marie

Canevas"Y è l'bariau du cotchi lavo c'qu'iavo tout c'qui faillot pou neuri la ptchiote fèmille. Ape yèto du bio, vo peutes m'craire!
 Lè poulailles  èmi-in ben v'ni escarbilli la tarre ape tout déconfrèchi. Illes arrivint maugré l'doubje grillaige à n'intrer pou ène barche, y'èto dè fouinaudes!
  Les potches dè soues dè neurains étint rapsaudées en d'dans d'aveu dè tôles que rèsistaint quand è lè tracmallin . Y'èto dè vré sinlliers quand è vien sotchi."

traduction ici



Publié dans Histoire en Patois

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Boun An-Nian

Publié le par François & Marie

carte 2 voeux
Nos-Anges-a-Nous2.jpg


"D'Janvi à Dècembe de c'ta nouvalle an-nian, qu'votè Inges Gèrdiens vo proutègiant".
    
   "De Janvier à Décembre de cette nouvelle année, que vos Anges Gardiens vous protègent."

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Rose Maraude

Publié le par François & Marie

 La vieille maison est à l'abandon.
      Un grand rosier sans épines plus que centenaire s'enroule dans les chéneaux. Ses roses chaudron  mettent des taches de feu sur les tuiles moussues. Je décrète que l'adoption de celles qui s'aventurent au dessus de  la route, domaine public, ne peut être assimilé à de la maraude!Rose wetpaper
      Mon ami rosier a disparu un matin d'automne haché par un engin maniaque d'élagage vertical. Seul subsiste un éclat de bois accroché aux racines.
      Ô joie ! le printemps suivant l'a vu renaître, l'été, refleurir. Mais il a dû céder à l'automne face à son ennemi.
      Le duel du gentil sans piquants et de la lame crantée a duré cinq ans.

     Je l'ai repéré hier à son bouquet de pousses nouvelles...hérissées de vigoureuses épines.

     Je l'ai félicité!: 
"Courage, Rosier-David, tu vaincras Goliath." 
  
 C.KLEINY a bo timps qu'y a pieu nion dans c'ta majon. Pieu qu'in gran abre à rouses sans èpeunes qu'à touj'été ique, è va jusqu'è ch'nos ape sô lè tièles.
       V'là t'y pâs qu'è sa fè déviougi pou l'essarpeuse.Y'en restô pieu qu'èn'èquiape.
       
La premeure y'a r'bailli du r'gingô, el a méme fieuri! Doumège, évant l'hivâ, è sa fé souailli...
       Y'a deuré qu'm'en çen cin enias. J'l'avô r'vu l'aut'je, eh ben vô m'crairé si vô vié ,li qu'avo pont d'èpeunes el en è pien,dè grousses costaudes, in vré hurchon! J'en avô lè rognons badjots, è va gaigni, j'vô dis!
 

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La Messe de Minuit

Publié le par François & Marie

creche--neige.jpgY est ben vré,aga:
               Y fè frè :quètre en d'so d'ren.La noge a jalé.Y r'liche so lè galoches.Y a dè miténes ape dè bonnots,dè coulaichons ape dè perlines.Mamieneige.jpg
 
 Y est ben vré,aga:
             Binstôt minait,lè quieuches sonnant,l'eillise est tout almée.Y s'èbote su lè piarres,les bâncs d'bou sin piens.
             L' Justin vin d'chinter Minuit chrétien.  
  
Y est ben vré,aga:
              El est ique su la peille,l'Jésus d'aveu l'Josè ape la Marie.Y a l'âne ape l'bu qu'souffiant pou qu'El é point frè.
  
Y est ben vré,aga:
              Ill a breuli pindint la Messe d'minait.La "Tronche" a beilli dè braves bréses ruges.D'main in va gadjer sè cindres qu'vont protaigi la majon des èlides pindint ène in.
  
Y est ben vré,aga:
             E nos a point ubiés,El est v'ni,le p'tchiot Jèsus.El a émouné dans mè sèbots in brave lié d'cateau aveu ène armouère ape ,dins c'tes men frére,in ch'vau din lè ridelles d'in châ ruge.
    
Y est ben vré,aga:
              
D'min y èra ane bale bûche d'Noué,d'aveu quètre lusots d' l'Avent.
    
Y est ben vré,y est Noué...y a pieu d'soixinte ins.
Grosse BucheM
oins quatre degrés.

     La neige crisse sous les galoches.Minuit2

     Inutile la lampe de poche suspendue à la pèlerine du père de famille qui ouvre la marche, la lune suffit.

     Le reste de la maisonnée suit avec entrain ; il y a des mitaines et des bonnets tricotés-maison que l'on étrenne et des écharpes qui givrent devant la bouche.

      Bientôt minuit, les cloches sonnent, l'église a allumé toutes ses ampoules et ses cierges, ça sent l'encens. Les sabots font chanter les grandes dalles de pierre. On tousse, on frotte ses doigts gourds, on demande à voix basse,pressante,une place sur les bancs de bois, on met un peu de temps à s'installer, on est pataud, engoncés dans des vêtements superposés (souvenez vous : moins quatre !)

       La messe est en Latin, chantée. Les feuilles des missels font un bruit de soie froissée. Un doux engourdissement dû à la chaleur du coude à coude s'installe. Soudain, d'une voix puissante, Justin clôt l'office en entonnant le traditionnel Minuit Chrétien. On le reçoit, en apnée, parcourus de frissons de plaisir et de respect.

       Creche2.jpgPREMIERE VERIFICATION : Il est né. Il est là dans la grande crèche devant l'autel. L'Enfant Jésus. On L'admire en silence, dressés sur la pointe des galoches. On est impressionné, content. Avant de partir, on glisse une petite pièce dans l'urne tenue par un grand ange souriant qui remercie en hochant la tête. (Cet ange me fascinait, j'aurais vidé ma tirelire pour ses angéliques acquiescements !)

       Dehors, il fait moins froid, le vent du nord fait voleter des frimas que l'on vole du bout de la langue !

       DEUXIEME VERIFICATION dès le seuil de la maison franchi : elles sont là les belles braises rouges, elles réchauffent le nez lorsqu'on les regarde au travers des grilles de la grande cuisinière Gaudin. Ce sont celles de la grosse bûche de chêne qui s'est consumée pendant la messe de minuit. Demain, leurs cendres seront recueillies et conservées, elles protégeront la maison jusqu'au prochain NOËL.

        Du miel dans un verre de lait si chaud qu'il brûle les doigts et le palais, les petits sabots bien en vue devant le feu et au lit ! (on est déjà demain !)tracteur

        Clichémon lapin TROISIEME VERIFICATION au réveil : Il n'a pas oublié, Il est venu ! Le Petit Jésus a déposé dans mes sabots un lit de poupée bleu ciel et l'armoire assortie et dans ceux de mon frère une belle charette rouge et son cheval de bois.      (Un papa ça sait tout faire,même s'il doit prolonger tard sa journée de travail dans la "chambre à four "penché sur son établi.)Lapineigeux.jpg

          QUATRIEME VERIFICATION(c'est la dernière) à midi, au moment du dessert : elle est là, la belle bûche au chocolat, striée à l'aide d'une fourchette, décorée de houx en pâte d'amandes, de feuilles de laurier et des quatre bougies de l'Avent.     (Une maman sait, elle aussi, créer la surprise.)Grosse Buche

           Plus de doute, toutes vérifications faites c'est bien un NOËL...il y a plus de soixante ans.

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Majon d'Leune

Publié le par François & Marie

Vo sété c'qui'è ène "Majon d'Leune"?
      C'tu qu'avo point d'avriau pou sa fone ape sè p'tchiots, pouvo in ène nè, su ène érodon, construi qu'men ène grand caborote.
      Feillot point biscugni in barrotin lè carrons ape lè tieules. Y fayot qu'la chemnia feume quand l'soulè arrivo. Maindien, la majon d'leune èto cen yeutre, è pouvin étre è chaudot; ôtreko y avo point de pian d'urbanisme...

Voyez la traduction
ici

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