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15 août

Publié le par François & Marie

Aujourd'hui c'est la fête à Marie !

Les mots des rues changent de couleur pour lui souhaiter plein de paix et de bonheur.

François

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Ono m'a toper

Publié le par François & Marie

- Wâââ!

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- Oupla! ...wââ!

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- Hep, wâ-wâ-wâ-wâ?

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- Zou! wâ-wâ!

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- Euh...wâ? wâ?

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- ...Wâ? Wâ?... wâââ-snif... 

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( Scénario et mise en scène : Marie)

 

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Défi n°61 "La valise" proposé par Lénaïg pour la communauté de Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Thème "la valise"-

 

Au fin fond des feuillages de mon arbre généalogique

Je me suis découvert une aïeule métissée  Arabo-Italienne,

 wahila (sac de blé...), valigia. 

Lointainement, (1856, pensez donc!) dans "Le" Bescherelle

Elle a fait parler d'elle. 

    Valise: s f - espèce de long sac de cuir, qui s'ouvre dans sa longueur, propre à être porté sur la croupe du cheval et dans lequel on met des hardes pour sa commodité.

Voyage

 

J'ai gardé d'elle quelques traits, à quelques détails près.

Les années m'ont rendue autonome.

Révolu le temps du doux balancement

Sur la croupe chevaline, confortablement tiède,

Aux effluves-crottin...

On a vissé sur mon dos une caractérielle poignée,

Qui s'escamote ou se pousse du col... à son gré!

Puis, après des années de cogitation,

On m'a boulonné deux paires de  roulettes, en arpions.

Pour l'heure, garée dans l'ombre d'un placard,

Je perçois la voix familière de ma globe-trotteuse attitrée

Qui alentour annonce, 

- Je vais faire ma valoche!

D'une poigne énergique elle saisit ma poignée.

Holà, ce poignet a l'air bien déterminé,

A l'horizon un voyage serait-il programmé? 

Moi qui dormotais flasque, je vais enfin gonfler!

Je connais le rituel, elle m'y a habituée.

J'emmènerai ma baroudeuse dans trois jours

Ou quatre, au plus tard. Pour l'instant, elle répète.

C'est un examen blanc! Elle va m'ouvrir grand,  

Face au placard aux habits. Elle a fait le tri,

Quatre piles qui, du voyage, ne feront pas partie:

En une, le trop chaud; en deux, le trop léger;

Trois, le trop habillé; la quatre (la plus dodue)

C'est la pile-déprime, celle des "c'qui n' lui va plus"...

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Me voyant béer, elle se met à m'abecquer

De hardes indispensables! Pour magasiner,

Pour dormir, ou sur le sable se promener.

Il y en a aussi pour le "s'il pleut" en ville,

Le "s'il pleut avec vent" de suroît, de noroît .

Le "s'il fait chaud", chaud tempéré (son préféré),

Chaud caniculaire (son abhorré...), avec ou sans vent coulis.

Le "s'il vente" avec soleil ou sous une grande pluie.

Le "s'il fait gris: ardoise, anthracite ou souris".

Le "si le temps fraîchit en un après-midi."

Au secours! de hardes pour sa commodité,

Me voilà débordée, saturée et gavée!

Ma parole elle voudrait faire entrer Paris en bouteille!

Sapristi, à ses nippes elle tient!  Résultat, moi qui pensais

Partir seule en voyage avec elle, las! "Adieu la valise..."

("C'en est fait, tout est fini"), me voilà condamnée à cohabiter

Avec deux autres paquetages trop neufs et trop gonflés,

(Sainte Fermeture Eclair, veillez sur nos coutures!).

A-t-elle réalisé que par Dame Nature

De un + un = deux bras, elle a été dotée?

Alors pourquoi vouloir trois bagages joufflus adopter?

Sait-elle aussi qu'il lui faudra descendre puis monter,

Pour le quai "deux", trois raides volées d'escaliers.

A faire trois fois l'aller-retour se sait-elle condamnée,

Afin de convoyer ses triplées tour à tour

Abandonnant les unes puis l'autre sur le quai,

Sorte de Mère Poucet au dilemme confrontée.

N'osant solliciter l'aide des employés

" èsèn'céèfe" casquettés battant le pavé

Qui regardaient ailleurs lorsqu'ils la croisaient.

Exceptionnellement l'un des leurs, bien luné 

(viendrait-il par son chef d'être félicité? ou augmenté?) 

Bref, un normal, lui a proposé, 

- Ma p'tit'dame, j'vais vous aider! 

Reconnaissante, elle sourit - Merci, merci!

Mais grognotte en son for intérieur

- Merci pour la B A, mais p'tite dame... p'tite dame...

1m68 tout de même, hein!

- Y'a pas d'quoi! et nous dépose sous le tableau de composition

(souvent décomposé-inversé) de Maître TGV.

Prodige! La voiture "deux" stoppe bien où il faut!

- Une minutes d'arrêt!

En soixante secondes, "p'tite dame", énergique,

Dans le gros boa nous catapulte. .

Sur un lit de fakir, inconfortable, métallique et tout froid,

Elle nous coince et nous entasse, trio bien regroupé.

Puis sans un au revoir, elle investit la place vingt trois.

Dans le sens de la marche (bien aise!), siège isolé

(bien aise-bis!), climatisation en sommeil (bien aise- ter!),

Elle y feuillette des feuillets, y rêvasse éveillée,

Y dormote à moitié, y savoure chocolat à croquer.

- Terminus! Veillez bien à ne rien oublier.

Pour elle, dure réalité, elle doit nous assumer...

Résignée, elle nous propulse sur le quai, vlam, boum, splach.

Comme des sacs de blé! (hé, hé, certains n'ont pas suivi, je les ai repérés!)

Elle nous roulette jusqu'au pied du roulant (lui aussi) escalier,

En hâte et sans nous suivre, elle nous y projette, 

Nous abandonne à notre sort de bagages non accompagnés.

Pourtant elle ne peut nous renier, elle nous a bracelés,

Nommés et prénommés, comme l'a préconisé

En annonces suaves, au son d'un carillon,

Dame Simone Hérault, voix mélodieuse des gares.

Notre abandonneuse, en bas de l'escalier, figée, attend. 

Pour elle le temps se suspend. Elle le savoure avec chouchou,

Son précieux sac besace qui la tient par le cou.

Elle se donne l'illusion de voyager enfin léger!

Elle regarde amusée les autres qui se pressent

Accrochés à leurs bagages comme à une laisse...

Fi, elle n'est pas de ceux-là! Elle se délecte ravie,

Du luxe de deux mains vides au bout de ses bras ballants.

- S'il vous plaît le temps, encore cinq secondes de sursis...

Quatre, trois, deux, un... puis pose un pied, à regret

Sur cette marche qui va grimper, grimper, grimper

Et la déposer malgré elle près d'un trio de valises vautrées.

Qu'elle  feint de ne pas reconnaître,

.............................................perfide indifférence... 

Elle est près de  nous renier.

L'oeil suspicieux d'un vigile la rappelle à la réalité. 

Elle s'ébroue et sprinte, brandissant sa monnaie,

Quand faut y aller, faut y aller! 

Décidée, elle libère de ses chaînes le dernier europhage-chariot,

A la barbe d'un grand escogriffe, interloqué par son culot, 

- Priorité! Moi meûsieur, j'ai des triplés!

Fermement, elle nous tasse sur l'engin à roulettes,

Aussi ouaté que le lit du yogi,

Et, déterminée, nous drive vers la sortie. 

Finalement à bon port nous sommes arrivées.

...Il ne reste plus qu'à espérer que les pots

De confiture-maison qui farcissent ses chaussons 

N'auront pas explosé dans le feu des actions.

...Le retour?

Que croyez vous! Même scénario, mais à rebours... 

 

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Boîtes à escarmouches-

Publié le par François & Marie

 Boîtes aux lettres

Monsieur Particulier a deux boîtes aux lettres,

Conservées toutes deux par paresse.

L'une svelte, haut perchée sur son pied léger,

Le teint vert et frais, une terre cuite en béret.

Sûre d'elle, l'oeil cyclopéen vif et brillant,

Sur le chemin elle empiète d'un bon pas en avant. 

L'autre en retrait, sur pied gris et massif de guingois,

En timide petite boulotte, larmoie.

Barbouillée de lichen et de rouille,

Dans le buisson elle voudrait dissimuler sa bouille.

Il arriva que le préposé- postier, gêné dans sa  progression

Par la prétentieuse qui rayait sa voiture de fonction,

Décida, agacé de lui donner une leçon. 

Fûté, il eut l'idée de ne jeter dans la boîte pimbêche,

Que découverts bancaires et factures revêches.

Alors qu'au coffret de la modeste il confiait les épistoles

Des sourires de naissances, des mariages annoncés,

Ainsi que cartes postales joliment coloriées, 

Et autres courriers du coeur aux vélins parfumés.  

Monsieur Particulier fut d'abord intrigué.

Puis convaincu que par un esprit malin

Le réceptacle altier se trouvait habité. 

Il le brisa sur le champ et le précipita au panier.

Mettant enfin la biscornue en vedette sur son vilain pied penché.

...Et toc!

Publié dans choses vues

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La mairchande

Publié le par François & Marie

(La marchande de fruits et légumes en patois.)

 

 L'aut'je, chu allaie au mairchi. Qu' m'en çan pou vouèr, j'ê bin tout ça qu'me faut chu mouais, y m'fèyôt just'in ptchiot m'lon. Y ravigote.

L'autre jour, je suis allée au marché. Comme ça, pour voir; j'ai bien tout ce qu'il me faut chez moi, il me fallait juste un petit melon pour me rafraîchir. 

 Si t'veux du bon légueume ape du brav'mirlicanton d'cotchi, y t'faut n'aller veu "la cèlébr"!

Ill ê cougnue. Ill ê ique dêpeu presqu'in d'mi centnie, d'aveu san pal'tôt ruge, san d'vantier, san chignette noèr' ape sè mitaines.

Si tu veux du bon légume et du bon fruit du jardin, il faut aller voir "la célébre"!

Elle est connue. Elle est là depuis presqu'un demi-siècle, avec son gilet rouge, son tablier, son chignon noir et ses mitaines.

marchandeAveu li, t'fê point c'que t'veux d'sê mairichaindises, crê me!

Avec elle, tu ne fais pas ce que tu veux de ses marchandises, crois-moi!

Y'a dê z'ardouaises pouêtchou su san banc.

Sur son banc, il y a des ardoises partout. 

Sê espairges diant, " quedues à la rosia, vôs'étins encô din vôtê lançus".

Ses asperges disent, "cueillies à la rosée du matin, vous étiez encore dans vos draps". 

Su sê côdres, "vô êrez en charchi dê qu'm'en çan à Pairis".

Sur ses courges, "vous irez en chercher des comme ça à Paris". 

Su sê côrgétes, "an lê pieum'point, y'ê point dê poulôts".

Sur ses courgettes, "on ne les plume (pèle) pas, c'est pas des poulets". 

Su sa sâlâd', "y'è point in éderdon pou garni l'fond du sâ" ape, "j'gaidje l'vart pou l'nanan d'mê polailles, vôs airez l'raiste".

Sur sa salade, "c'est pas un édredon pour garnir le fond du sac" et puis, "je garde les feuilles vertes pour gâter mes poulettes, vous aurez ce qui reste".

Su sê poumes è tarre, èn'r'môtraince, "ill z'amant point vouèr trop quiâ, bouchi-lê".

Sur ses pommes de terre, une remarque, "elles n'aiment pas voir trop clair, recouvrez-les". 

Aivis su sê favioles, "an lê n'ai-ye point, ê savant point noge-i, an les aitouffe, y'ê bin mi-e".

Avis sur ses haricots, "on ne les noie pas, ils ne savent pas nager, on les étouffe, c'est mieux". 

Su sê m'lons, ill aiffierme,  " sûr qu'ê sant bin bons, y'ê mouais qu'lê ai brôdaies."

Sur ses melons elle affirme, "bien sûr qu'ils sont bons, c'est moi qui les ai brodés".

Oh, ill fê point gros d' bru, ill r'gaidje si t'as bin r'luqué sê aiffiches; si t'en fê point cas, ill te fê lê gros z'u-lles, ên' vrê instruizouse!

Ape gnon rababouine, t'en aivise point, t'sé!

Elle ne fait pas beaucoup de bruit, elle s'assure que tu as bien regardé ses affiches; si ce n'est pas le cas, elle te fait les gros yeux, une vraie maîtresse d'école

Et personne ne proteste, t'avise pas de le faire! 

 

 

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Défi n°60- Lipogramme en "e", proposé par Julien pour la communauté "Les Croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

Fanchon's pot au lait -

 

PerretteFanchon sur l'occiput ayant un pot au lait,

à califourchon sur un mini polochon,

affirmait aboutir sans mal à Paris.

La souris allait à grands pas, cotillon court, poids mini, 

ayant mis aujourd'hui pour avoir l'air prompt,

jupon banal,  godillots plats.

Fanchon comptait dans sa raison

tout l'usufruit du lait,

utilisait son fric pour s'offrir cocos à foison pour trois couvaisons,

- Qui vont aboutir par maints soins actifs !

La nana cogitait - Chapons, coqs, canards grandiront autour du mas;

Goupil, bon gars, laissant bonis suffisants pour avoir un cochon,

( du son! voilà porc frugal satisfait.) 

Mi-gros à l'achat, il grossira, vaudra bons picaillons.

Puis il y aura sur champ, bovins bondissants.

Youpi!

L'air gai, Fanchon sauta: lait patatras!

Tchao bouvillon, mamma-bouvillon, cochon, poussins...

Tout fut à vau- l'aqua! 

Trottin l'air assombri, toisant son capital sur sol diffus

courut pour avoir du conjoint un pardon, 

risquant moult gnons...

 

L'anodin fabliau amusa, finit bouffon, qu'on bâptisa "pot au lait".

 

Ah... qui jamais n'affabula, sain ou fou sur palais castillan,

puis "a novo" chut au sol, aussi niais qu'auparavant...  

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Fruits, légumes et chaperon-

Publié le par François & Marie

- JA-MAIS ! 

 Le ton de la marchande des quatre saisons, reine de la Place du marché, bien que pédagogiquement mesuré, est impératif.

Péremptoire, son index à l'ongle carminé émerge de la mitaine jais.

- Malheureux! Ja-mais de frigo pour MES tomates élevées sur goémon, elles en cailleraient de honte. 

Un peu penaud, ledit "malheureux" promet de conserver les pommes d'or sur son dressoir, près de la photo (sans danger, juré craché!) de sa première bicyclette. En revanche, il donne sa parole, il éloignera des délicates solanacées la boule neigeuse du Mont St Michel, on ne sait jamais, la vue de cet or blanc risquerait bien les faire éternuer.

La marchande de végétaux qui investit le marché depuis plus de quarante ans, ne rigole pas avec ses denrées. Elle a de la considération pour ses fruits et légumes, ce sont ses bébés. Elle les chaperonne, les dorlote, les mignote et les bichonne.

 Opinant du chignon choucrouté aussi noir que ses mitaines, elle avertit l'acheteur qu'elle soupçonne inexpérimenté,

- MES haricots, on les cuit à l'étouffée, hein! Pas question de les noyer et les délaver à gros bouillons! Interdiction absolue!

Plus tard, les poings bien campés sur ses hanches généreuses, elle observe une blonde platine, bronzée pain d'épices, minimalistement enshortée, maximalistement enlunettée de noir, tintinnabulante des bracelets, qui se dresse sur la pointe de ses sandales-bijoux, en boudant (sans une ridule) une moue très étudiée puis flûtise,

- Je veux dê "bêêrgers ronds". 

L'air malicieux, la reine du marché réplique,

- Bonjour aussi! MES bergerons y font comme vous, y bronzent! Mais y rôtissent pas dans des cabines à UV!  Eux, y prennent leur temps, y ne sont pas encore descendus de leur abricotier, y faudra patienter...

L'adepte du bistre artificiel n'apprécia pas cette sortie et se carapata, vexée, en petits piétinements qui se voulaient méprisants mais qui étaient surtout incertains vus l'altitude des talons et le déplacement du centre de gravité causé par l'immense cabas super chic qui lui sciait l'avant bras et provoquait d'horribles fourmis jusque sous ses ongles teintés Zip inox qu'elle exhibait avec une désinvolture cent fois répétée face au miroir innée.

  

Alors qu'une snob déguisée en vacancière tâtait nerveusement et flairait suspicieusement les cucurbitacées, en marmonnant,

A PARIS pour ce prix bla bla...... melons, à PARIS... bla bla bla, à  PARIS...Bons au moins?

La marchande chevronnée informa calmement l'estivale et radine envahisseuse (après avoir précautionneusement garé ses deux mains dans la poche-kangourou de son tablier de jardinier afin de neutraliser d'éventuelles pulsions étrangleuses),

- Si MES melons n'étaient pas excellentissimes, vous croyez peut-être que je me serais amusée à les "broder"! J'suis pas dedans! Si y sont pas bons vous me les rapporterez! Et puis, si la vie est moins chère à PARIS, faut pas vous gêner pour y retourner!

  

Un chaland qui affirmait, sûr de lui, à cette vendeuse avertie,

- Les courgettes ça se pèle!  Fut fusillé d'un regard noir surgi des grosses lunettes et s'entendit notifier,

- Si vous tenez absolument à récupérer des pelures, prenez des bananes, et ne touchez pas à un centimètre de la peau de MES courgettes!

 

Un autre jour, un élément masculin que l'on avait visiblement envoyé contre son gré acheter une scarole, se fit tancer par la maraîchère,

- Et, où il est votre panier?

- J'ai pas!

- Ouais je vois l'topo, un macho avec un cabas, ça l'fait pas comme dirait l'autre. Vous  imaginiez peut-être que j'allais froisser et étouffer MA belle scarole dans un sac en plastique? Pas de ça chez moi!  Vous allez emporter votre salade sur vos deux mains bien à plat.

- Quoi! Mais elle est large comme une roue de charrette!

- Et alors? Paraîtrait qu'un homme c'est musclé, vous les avez oubliés avec le panier vos "muscs"?

- Pfff...

- On va arranger ça. Schlic schlic schlic et schlic!

- Arrêtez avec vos ciseaux, va plus rien rester...

- Vous affolez pas! J'ai juste taillé le bout des grosses feuilles vertes que Madame aurait trouvées trop amères, elles vont faire le régal de mes poulettes. Preux Chevalier, tendez les mains, voilààà, bien à plat, le Saint Graal n'est pas trop lourd à porter?...

- Pfff...

Les bras croisés sur son gros gilet rouge à torsades, le chaperon des légumes a remis froidement à sa place un chauve qui lui réclamait des "patates",

- Vous voudrez bien appeler "charlottes" MES belles pommes de terre et veiller à les abriter un peu mieux de la lumière que vous ne protégez du soleil votre crâne d'oeuf !

 

Et toc!

Je vous avais prévenus, les bons légumes régionaux sur le marché des vacances, ça se respecte et ça se mérite. A bon entendeur, salut!

Publié dans choses vues

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Défi n° 59 "Les grandes vacances de votre enfance" proposé par Gill Bill

Publié le par François & Marie

destin

Thème: Les grandes vacances de votre enfance-

 

Début juillet, dans les années soixante, "tous les garçons et les filles" jubilent.

"Darla-Dirladada"! Youpi, "l'école est finie"!

Pour cause de grandes vacances, ils fêtent la fermeture de l'Institution dont la paternité a été accordée (bien à tort) à ce "sacré Charlemagne".

 A eux la liberté,"le ciel, le soleil et la mer"! 

Les vacances pour les filles, c'est du minaudage. Elles réclament - "Emmène-moi danser ce soir"... Puis se bousculent pour un petit morceau de miroir où elles rimelleront leurs yeux de "biche oh ma biche"...Chacune voulant être "la plus belle pour aller danser"!

Les vacances pour les garçons c'est se hâter d'aller reluquer "les filles du bord de mer", histoire de vérifier qu' "elles sont toutes belles, belles, belles" dans leur "itsi -bitsi-bitsi-petit-bikini"!

  Les vacances pour ces "âge tendre et tête de bois", c'est la boulimie des journées avec "les copains d'abord". 

C'est la fête foraine, où ils vont s'éclater sur la chenille et les autos-tamponneuses, s'écoeurer de barbe à papa, frimer au tir à la carabine, et... pas de veine, rater toutes les cibles! C'est y applaudir "l'homme orchestre" et peut-être y croiser un "marchand de bonheur"!

C'est le temps des pique-niques au bord de l'eau. C'est s'enivrer de soleil, de rires et de limonade, se gaver de saucisson en réclamant "les cornichons"! 

C'est l'excitation des virées en Vespa "pour une amourette" avec "Aline" qui a avoué à son bon ami - "Sacré Félicien", "j'ai la mémoire qui flanche", je suis à la recherche d' "un coin qui me rappelle" où on se disait "des mots bleus"...  

 C'est aussi la cueillette des groseilles pour en faire de la gelée en fredonnant "les enfants du Pirée".

 C'est mettre à fond le transistor à minuit pour twister et onduler un madison avec les Yé-Yé!

 Les vacances... ça se termine ...On pense -"Je ne regrrrette rien" et "c'est beau la vie"! On va vivre de "souvenirs, souvenirs"...

"Roméo" raccompagne "la petite Julie" sur le quai de la gare. Galant, il pousse le lourd "chariot" plein de bagages. Comme il la voit un peu nostalgique, il lui murmure "Daniela", Julie (oups! fais gaffe au prénom mon gars!), je vais sécher "sur ton visage une larme"...

Dans le brouhaha il lui crie -"Ne me quitte pas"!  

- "J'entends siffler le train" lui répond-elle! 

Elle sait qu'elle ne le reverra pas avant que "tombe la neige" et qu'il passera son "été indien" à rechercher des "belles, belles"...Certes, il lui écrira quelques lettres qui débuteront par - 

                                        "Jolie môme", 

         "Nous partirons ensemble" sur "la Costa Brava", nous y ferons "une longue marche", "cheveux fous et lèvres roses"...

 

Elle n'en croira pas un mot, déçue par sa "non demande en mariage". Puis un jour elle apprendra qu'il a épousé "Jeanne", une "Vénus callipyge"...

La petite Julie dépitée s'interrogera : "et maintenant que vais-je faire?"...

Elle attendra..."C'est en septembre", "le jour où la pluie viendra" qu'arrivera le temps "des feuilles mortes" et celui de ...la rentrée.

 

  Et maintenant...SLC- Salut Les Copains  Situez Les Chanteurs !

 Juliette Gréco. France Galles. Franck Alamo.Marcel Amont. Yves Montand. Dalida. Eddy Mitchel. Christophe. Les Compagnons de la chanson. Johnny Hallyday. Sylvie Vartan. Nino Ferrer. Edith Piaf. Lény Escudéro. Isabelle Aubret. Lucky Blondo. Françoise Hardy. Pétula Clarck.  Richard Anthony. Jacques Brel. Adamo. Joe Dassin. Michelle Torr. Claude François. Gilbert Bécaud. Jean Ferrat. Georges Brassens. François Deguelt. Sheila. Christophe. Jeanne Moreau.

 

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Verres collectifs

Publié le par François & Marie

- Prât-me don tê u-yes, j'arrive point à n'enfiler m'n'aigu-ye Singer.

( -  Prête-moi donc tes yeux, j'arrive pas à enfiler l'aiguille de ma machine à coudre.)

L'Abel qui lisait le journal, s'interrompt un instant et cède ses verres à l'Anaïs qui a son ourlet d'biaude à terminer.

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- Ê z'écrivant bin p'tchiot su c'tè livrets d'comptes de futrie, j'y vouais ren de ren. L'Abel, t'èros-t'y tè carreaux pou ique, dè coups?

(- Ils écrivent bien petit sur ces livrets de comptes de fromagerie. J'y vois rien de rien. L'Abel est-ce que t'aurais tes lunettes par ici?)

 Et voilà un voisin sorti d'embarras!

 

L'Abel, j'a ubié mê lorgnons chu mouais, t'me prêtros t'y lê taines, j't'les rèpout'chrer à la fin d'ma virie.

- Qu'm'en çan t'restra miji la soupe d'aveu nôs, l'potchou d'laitres, qu'dit l'Anaïs.

(- L'Abel, j'ai oublié mes lunettes chez moi, prête-moi donc les tiennes. Je te les rendrai à la fin de ma tournée.)

(- Comme ça tu resteras manger la soupe avec nous le facteur, propose l'Anaïs.)

 

 Au début des années cinquante, nos verres s'ajustaient tout simplement d'un nez à l'autre par... solidarité campagnarde!

 

 

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Défi n°58 "Alors ce week end à Paris..." proposé par M'Annette pour la communauté "Les croqueurs de mots."

Publié le par François & Marie

Assise sur le pas de la porte, Françoise questionne Marie - Alors ce week end à Paris, ça s'est bien passé?

                                    ..............................................

  - T v'là donc rev'nue ma bonne Marie-Katel, comment c'était ton véquande parisien?

- Un raz de marée ma brave Françoise-Elwyna! J'croyais qu'j'avais changé d'planète. Y'a un monde fou qui court et grouille de partout. Chez nous, même à la grand'foirede Rennes, on prend l'temps de s'saluer, de se r'filer des combines pour stopper la piéride du chou-fleur, de comparer le cours de la sardine et celui de l'autruche. Dans cette métropole, on s'croise en prenant bien garde de n'point se r'garder, on fend la foule, nez au vent, l'air antipathique, genre "défense d'approcher". Y semblent tous affairés et très préoccupés. Des fois même y causent tous seuls en faisant des gestes, ça fait un peu peur...Comme y font pas attention à toi,tu t'prends les portes battantes dans le nez. On te bouscule si tu marches au rythme du ressac tranquille. Eux, tu croirais qu'y sont en perpétuelle tempête, en gros temps, c'est exténuant.

Bretonnes2.jpg- Bin dis donc, c'est du sauvagisme... 

- T'entends plus un son breton, y causent un Français bizarre  -"Bonjour-an", oui-an !  Et pis, rien n'est "gratuit-an", faut avoir le porte-monnaie toujours bec ouvert, tu paies même pour faire du vélo! J'aurais bin dû amener l'mien, ça m'aurait évité de chercher un taxi à toit ouvrant pour y loger ma coiffe de gala. Dans le train des taupes, le métro qu'y disent, un sauvage s'est agrippé aux dentelles de ma tubulure, croyant s'accrocher à une barre verticale. 

- Aucun savoir-vivre... Et comment "ça" se nourrit c't'engeance?

- Pas question de t'régaler de galette saucisse, pas assez light qu'y disent, ni d'andouille, ça pue, qu'y disent! Y vont au fast-food manger avec les doigts un hachis à la sauce rose coincé entre deux éponges...Tu rêves d'une bolée de cidre ou d'un bon lait ribot, on t'apporte un coca en boîte de conserve! Un indigène du coin en voyant mon beau tablier brodé m'a confondue avec une serveuse, t'imagines! 

- Sacrilège! ...T'avais emporté des niniches?

- Encore heureux, plein mon cabas! Risquait pas que je les oublie! Mon péché mignon est d'en tremper une ou deux au beurre salé dans mon bol de café. Là-bas c'est le chimgomme qui remplace la niniche, va donc tremper cet élastique dans l'café... J'avais prévu un beau Kouign-amann maison en provision de route, ben, y n'aime pas sortir de sa province, y s'est r'trouvé tout brisuré... 

- Tu connais la devise "L'biscuit breton, même en miettes, c'est bin l'plus bon"!

- C'est bin vrai Françoise-Elwyna. Là bas le café est si amer que j'l'ai sucré avec tous les débris de mon gâteau au beurre frais de baratte. Pour compenser, j'ai fait une razzia sur leurs sucres enveloppés. Y n'ont pas supporté l'heure de pointe dans le métropolitain et ont explosé au fond de mon sac. Depuis, j'ai un cabas englué qui crisse de partout.

- Notre fleur de sel, elle crisse aussi, mais elle est bien de chez nous, elle...Et des dolmens? J'parierais qu'y a même pas d' dolmens par chez eux?

- Si fait, si fait! Y'en a un, bien haut et ils en sont fiers. Il est en roc métallique boulonné. Ils appellent ça une Tour... Eiffel je crois. Elle doit servir de phare, elle dégouline de clignotants à t'en donner le tournis.

- Mais, y'a pas la mer là-bas!

- Bernique! Y a qu'une grosse, mais vraiment grosse rivière bien sale, avec des mouches dans des bateaux, là, j'ai pas tout compris...

- Bien fait! Nous on a la mer de tous les côtés... Et pis, vont-y à la messe?

- P't'être bin, quand y z'ont mis dehors les troupeaux en bermuda, en clic-clac kodak, y peuvent p't'ètre causer en paix à Ceux d'en Haut. Y a plus de cent églises dans ce patelin, t'as l'choix pour les horaires! Y en a une, haut perchée qui ressemble à la pièce montée du mariage de la Solenn et de l'Erwann et pis une autre, graaande, avec une rosace tellement belle que c'était comme si j'avais vu une apparition...

- Y doivent être bin r'ligieux dans l'secteur...

-  Sûrement, hein...

- Font-y des Pardons, avec des binious?

- Ouais, j'crois bin. Pour le premier mai. Les commis de l'Etat de tous poils, les non commis et même les retraités sont très pieux et  font souvent des Pardons. Mais comme y'a pas d'binious, y z'appellent ça manif... Y s'attroupent, s'agitent, klaxonnent, trompettent et  beuglent dans des gros entonnoirs en agitant des draps peinturlurés. Et ça revient souvent! Y doivent avoir pas mal à se faire pardonner. 

- Bizarre quand même...Et pis, y'a -t-y des crêpes?

- Sûrement puisqu' y'a même un moulin de la Galette, y z'essaient d' nous faire concurrence. Y'a aussi un autre moulin, il est rouge, çui-là. J'l'ai pas visité, j'avais mal aux pieds, j'ai dormi pendant que l'Albin allait l'explorer avec le Grégor et le Jakez. Y sont rentés à l'aube, comme pour le dernier fest-noz...  

- Les moulins doivent fermer tard par là-bas...C'est bizarre cette vie là. On est mieux chez nous, tu crois pas Marie-Katel?

- Voui Françoise -Elwyna...

- Y t'resterait pas une niniche au fond de ton baluchon?

- Si, une rescapée que j'ai trimballée dans la capitale.

- ...

- T'aime pas?

- Elle sent la Grand'ville...et pis elle poisse de sucre écrasé.

- Viens on va s'en chercher qu'éques-unes toutes fraîches chez l'Héliaz.

- Hummmoui, Marie-Katel! Des qui sentent bon la sardine à la fleur de sel pour tremper dans l'chocolat chaud au chouchen!

- T'as raison Françoise-Elwyna, y connaissent pas c'qu'est bon dans leur Pandémonium...

-  Curieux que tu me parles de pandémonium, vaste sujet! Alors qu'Alban s'encanaillait, j'ai été conviée à une nocturne privée au Louvre pour considérer un détail du célèbre tableau "Le Pandémonium". Je l'ai choisi pour illustrer ma thèse " Le sublime exaspéré des Mondes perdus"...J'ai pris du retard, ma soutenance est dans un mois à Londres.                                 

-  Ce sera vite venu, mon amie doctorante. J'ai à faire également, hier j'ai décelé une anomalie lors du dernier fixing de 17h 35 du CAC 40. Mon MP3 m'a restitué des calculs de  moyenne pondérée assez alarmants. Il me faudra tirer ça au clair avant mon départ pour Tokyo. N'oublie pas que tu m'y accompagnes!

- Bien Madame l' Inspectrice des Finances, laisse-moi juste le temps de désensucrer mon cabas!

                                                                                     et bla, bla, bla, et bla...

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