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Défi n°65- "De fil en aiguille" proposé par Tricotine, Capitaine de la Communauté "Les Croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

Prenez dans cet ordre: du fil, une ou des pelote(s), du tissu, des perles, du coton, un ou des bouton(s), un ou des (s), un patron, un peu d'imagination, un outil tranchant de votre choix et une ou des aiguille(s).

Vous écrirez un texte sous la forme qui vous plaira, qui n'a strictement rien à voir, de près ou de loin, avec la couture ou le tricot!

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Du coup de fil qui venait de le tirer du lit à deux heures du matin, Kakou n'avait retenu que l'essentiel "Urgence... Venir au plus vite."

Il inspira, expira à fond pour chasser cette impression de nerfs en pelote.

Le tissu de sa veste de pyjama en pilou lui collait à la peau.

D'infimes perles brumisaient son front, ses jambes étaient en coton.

Fébrilement il ferma sa porte et les boutons de son vieux trench cache-misère. 

Les dés étaient jetés. Quel cas d'école allait-il découvrir?

tranchant-effet-Il se remémora les situations délicates auxquelles il avait été confronté...

Son expérience lui servirait-elle dans cette urgence? 

Il fallait que ce soit du sérieux pour que le grand patron soi-même le réveille à l'aube.

Rapidement il fut sur place; le trajet avait été court dans la ville endormie.

Il se brossa méticuleusement les mains, revêtit la blouse et le masque, engouffra sa tignasse sous une charlotte élastiquée, chaussa les bottes immaculées.

Lorsqu'il entra dans la salle blanche, le silence le surprit,

Aucun chuintement mécanique, pas le moindre cliquetis.

Quelques silhouettes s'agitaient, le boss lui fit un signe de tête reconnaissant.

D'un rapide coup d'oeil il constata l'ampleur de la tâche, il y avait urgence en effet.

Un assistant empressé lui tendit l'objet tranchant.

Fiévreux et concentré, il s'en saisit. 

D'un geste sûr et précis, il coupa.

La masse libérée glissa mollement sur la balance,

L'aiguille s'affola, gigota, oscilla,

Puis... s'immobilisa sur 250,0001g !

Euréka! Kakou n'avait pas perdu la main.

Soulagé il brandit fièrement en signe de victoire son fil à couper le beurre.

Il venait d'extraire, à vue et avec une marge d'erreur infinitésimale, une fraction de l'énorme motte ivoirine.

Le grand chef se détendit, lui tapota l'épaule,

- Bravo Kakou Yard! ("cacouillard": surnom donné à un apprenti fromager-laitier en Franche-Comté). A toi l'insigne honneur de remplacer cette satané conditionneuse de plaques de beurre qui m'a laissé en rade; les piles de la cellule électro-optique* sont nases. Il t'en reste quelques cinq cents kilos à débiter en demi-livres d'ici neuf heures**. Courage mon gars, c'est bien toi le meilleur! 

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*    Ne cherchez pas à acquérir ce genre de modèle, il est classé irrévocablement obsolète.

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** En aparté, je vais vous livrer la fin de l'histoire.

Kakou découpa méticuleusement une dizaine de plaquettes sous l'oeil admiratif du grand patron. Dès que celui-ci eut tourné les talons, pas fou, il cessa cette tâche fastidieuse et attendit la "prise de quart" de ce bougre d'incompétent de la maintenance. 

Malgracieux, il lui intima l'ordre d'avouer où il cachait la réserve de piles.

L'incapable de service confessa qu'il était en rupture de stock.

Kakou  lui  fit du chantage conseilla d'aller dare-dare dérober à son fils (endormi) sa console de jeux (et ses piles) et de revenir plus dare-darement encore, en équiper la cellule en hypo-énergie, sinon ce serait à lui de jouer les trancheurs de plaquettes.

Rapter le doudou-fétiche d'un pré-ado ne posait aucun problème de conscience à Kakou. Il lui rendait même service en lui donnant ainsi l'occasion de passer plus de temps à réviser son prochain contrôle de maths. Il se demandait même s'il ne mériterait pas une médaille pour cette BA.

Dans la salle carrelée de blanc le train-train se réinstalla.

L'électro-optique optiqua à nouveau. 

Le mec de la maintenance rongea son frein en lançant à Kakou de venimeux regards.

Le reste de la nuit vit Kakou s'éclater sur  la console de jeux (rechargée sur le secteur,  précision pour les tatillons rigoureux).

Le boss lui attribua une prime très conséquente pour "Travail manuel nuiteux et éprouvant, effectué avec efficacité, célérité et conscience professionnelle remarquable". 

Le grand patron envisagea même d'instituer une médaille pour cette circonstance exceptionnelle.

Kakou décida de troquer ses blouses col Mao contre de plus appropriées à revers maxi, afin d'y épingler toutes les décorations qui ne tarderaient pas à lui échoir.

Il fit encadrer de matière plastifiée imitation vieil or et mettre sous verre sécurit son outil tranchant (qui est du plus bel effet sur le faux marbre de sa fausse cheminée).

Le gars de la maintenance réclama sa retraite anticipée. Son fils retrouva sa console mais s'ingénia à rester réfractaire aux mathématiques.

Ainsi va la vie ... 

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Défi n°64 proposé par "Dresseurs de pierres", pour la communauté "Les croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

En trois cents signes maximum et sans écrire le mot "bleu" dans aucune langue, faites-nous voir la vie en bleu.

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                      Froid et primaire, telle est ta réputation.

                      T'occulter ne restera pas sans répercussions.

                      Vous l'aurez voulu, ce sera le tohu bohu.

effets

L'arc en ciel se retrouvera tout maigrichon,

Gommée, de Monsieur Klein, la célèbre couleur, 

Nus les gendarmes, les footeux, les adeptes de salopettes,

Implosées les bouteilles de gaz, 

Eparpillées les étoiles de l'Europe,

Rétréci en bi le pavillon tricoloré,

Décousus les cols des ouvriers,

Evaporés les mers, les océans, les ciels d'été, 

Recalés les débutants, les cordons-cuisiniers,

Déplumés les martins-pêcheurs, les geais et puis aussi les paons,

Déboulonnés les panneaux autoroutiers, 

Interdites les obligations, obligées les interdictions...

Exit les contusions! (Ah,bien heureuse disparition!)

Muselés les mots.....qui ne se disent qu'avec les yeux. Quel dommage...

Heureusement dès lundi, fini le bizutage!

                       D'ici là, sans faillir, nous allons contourner l'interdiction. 

                       En sobriquets nous allons redorer ton blason,

                       Quel chari-vari dans les conversations!

En ami prévenant - Très chère prenez garde à ne point vous ébouillanter! Voyez d'un petit rond cyanosé le robinet d'eau froide est estampillé.

En accro à la mode - N'est-elle pas sublimement relookée en cobalt ma poubelle aux cartons?

En pingre - Que je t'offre des saphirs? A quoi bon, le gratis de tes beaux yeux améthyste te va si bien! 

En gourmet - Mumm, je vais céder à la tentation et reprendre une lichette de ce persillé caussois et aussi de ce penicillium glaucum auvergnat, pour finir mon croûton.    

En diva des arrangements floraux - Pour rester dans le ton d'un beau bouquet céleste, des pédicelles lilas, quelques sommités myosotis, de blanches violettes et des asters corindon.

En prolétaire en colère - Pâle sang azuréen, il n'y en a que pour les De méthylène, De Prusse ou De Majorelle!

En chorale déjantée - Approchez les lapis lazuli, topaze, éméraldine et autres céruléens, venez chanter avec nous -  "Baille-moi in-digo, deux digo, trois digo,doudouuu"!

                        Vivement lundi que l'on puisse à nouveau roucouler avec Rina Ketty (si,si!), la berceuse du rêve....(interdit!). 

 

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L'vouleu d'Due

Publié le par François & Marie

Note aux lecteurs : le texte est présenté de deux façons : une première fois en patois et une deuxième en français, il suffit de decendre un peu pour accèder à la version française.  

L'aut'diminch' l'Françouais s'proumounôt è puges. 

Y'avôt dê gens bin av'gniants qu'avint in bânc d'bricoles d'yeut' mér-grand.

Y y-e z'y fiot bin in ptchot dèpit d'laissi parti lê cheuses d'yeut' mémé-Louison, mê fayot vidi la majon...

E li racontint in ptchiot bout d'sa vie d'brave fone.

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 menage-effet.jpgY'êtôt d'çan in vinderdi, la Louison fiôt la pous'rôt' din l'é-yise.

Ill ring' atout lê affûtiaux b'nis du curaï. Ill chêt sû èn' biaude qu'ê point trop bi-inche ma fouais.

Boun'fonne, ill l'a n'empoutche chu li pou la buer. 

V'là t'y pâs qui s'met à pieûvr'qu'm'en vêch' que piss'. Total, la biaude veut point  sôchi! Vouat, y'attendra bin! qu'ça dit la Louison.

L'diminch', ill s'en y va à la mésse.

L'curaï qu'ê in prou bon houm', auj'd'heu a l'êr ê cent coups, ê t'bourriaude lê burattes, ê maîche lê êvangies in rounant in d'dains. Les ptchiots servious d' mess' se t'ni-int à carreau! El a prêsqu' côrru in patalant pou grimpaïe à la chér', l'êr in coulèr', la bêrette d' traviole.

Qu'est ce qu'y'a dan qu' l'étabute?

E t'fê in zig-zag in guise d'signe de crouais ape s'êgrippe ê conteux d'la chér' pou couâner,

cure-effet.jpg- T'voul'ras point! qu'ê dit l'coummand'ment hui. Vôs m'crairez si vôs viez, in vouleu est v'ni din la majon b'nite du Sêgneu ape m'a voulé m'n'aube! La pi-e balle. Y'ê pou çan qu'aujdu j'seus fagoté din èn' vi-lle, tout' déconfraichie, r'mendée, rapondue ape qu'me sarre ê intournures. C'tu qu'a fê çan, y'ê sûr d' sûr qu'ê va reûti in n'Enfiê'. Si quéquion l'cougnait, ê dê l' dénonci ou bin ê d'vindrâ san compêr'; ê z'êrant tous lê deux veu l'Diaîle! Y'ê grân p'ché d'vouler Dûe! Amen!

E te r'met san bêrette d'binelle ape s'en r'tern' in patarou.

 Lè r'no-illes d'bénitier an r'veniant point, ills ant l'bâc pinci ape l'u-ye dê poulailles-couisses!

La poûr Louison, li, ill voudrôt rintrer sô tarre, ill ê ruge qu'm'en in queulat, ap'ill piônne, ill piônne...

Ill a pô d'rôti an Enfiê...Ill s'épante d'n'aller tout aivouêr ê curaï...

Y ê à la grand' Victouèr qu'ill èrrive à dir' c'que l'étabute.

 La Victouèr qu'a pô d'ran, va la n'enmouner veû l'curaï qu' va êt' bin aise, mê in ptchot capot... E  baill' san b'ni à la gentit' Louison!

Pou s'raichter, l'diminch d'èprés, in chér', el a r'merchiê la boun' Louison (qu'ê d'venie tout'ruge) pou tout l'mau qu'ill s' bayôt pou li ape pou l'ai-yise.

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Fait-t'y point du bin d'öyi tout çan d'notê je?

 

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François aux puces ce dimanche découvrit

Sur un étal le contenu des armoires d'une grand mère. 

Ses petits-enfants lui confièrent

Qu'ils avaient dû vider sa maison,

Que de ses affaires, ils devaient se défaire...

Ils lui contèrent avec une pointe d'émotion que, toute sa vie

ménage-effetLouison avait entretenu l'église du village, sans répit. 

Un samedi elle se dit que l'aube du curé aurait bien besoin d'être blanchie.

Aussitôt chez elle pour la laver elle l'emporta

Pensant lui rapporter pour le dimanche, en bel état.

Las! il se mit à pleuvoir et aucun linge ne sècha.

Mamie Louison se rassura,

- Not'curé en a bien une autre, celle-ci ne lui manquera pas.

Le dimanche pour la messe, l'abbé avait en vain cherché

Son aube la plus neuve, tous tiroirs retournés...

Scandalisé, il déduisit qu'elle lui avait été volée.

Courroucé, il en vêtit une très usée et rapiécée

Qui le serrait aux entournures, hé, hé, il avait un peu forci.

Furieux, mal à l'aise, il en fit le sujet de son homélie,

Menaçant des foudres du Très Haut celle ou bien celui

Qui avait osé profaner sa sacristie.

curé-effetL'assemblée offusquée, compatissante et stupéfaite

Pour le coup délia plus que de coutume sa bourse pour la quête!

Grand -mère Louison en silence se mit à pleurer,en grande confusion.

Epouvantée par la perspective des Enfers où elle redoutait de finir,

Pour une aube qu'elle voulait... juste blanchir...

Intriguée, Victoire sa voisine de banc,

Après moult chuchotis interrogatifs pressants

Et quelques coups de coude insistants

Réussit à confesser Louison.

Elle l'accompagna auprès du curé qui donna sa bénédiction,

Soulagé, ému et quelque peu confus...

Le dimanche suivant en aube immaculée, publiquement,

Il rendit hommage à Louison qui rosit modestement.

Victoire lui fila un coup de coude complice - Alleluia!

Qui fit briller les yeux et sourire de contentement la mère-grand.

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A la suite de ce récit,

Ne riez pas si je vous dis

Qu'il passa autour du bric à brac du banc

Comme un instant de recueillement.

Qu'on y parla doucement 

Manipulant avec précaution

Les modestes trésors de grand-mère Louison,

Et que François adopta six verres, pour la maison... 

Verres effets

Publié dans Histoire en Patois

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Défi n°63 "Invitation à un repas virtuel" proposé par Eglantine Nalge, pour "Les Croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

Invitation à un repas virtuel-

 

Dans mon verger, les "Croqueurs de mots" à un buffet sont conviés.

arrosageEn les attendant, j'ai juste semé de la graine de tréteaux, les hâtifs- costauds- pas bancals, puis arrosé et laissé pousser.

Il a suffit ensuite de les saupoudrer de semence de planches "les robustes-sans échardes" et de laisser venir à bien.

Et enfin de recouvrir le tout du lin brut des nappes. Paaarfait! 

Il était temps! Portant des paniers pleins, les conviés arrivent bien décidés à mêler mets et mots afin que chacun s'y retrouve bien à propos.

Servez-vous, approchez! Il y a de quoi tous vous contenter.

Les bretzels tournicotés pour les tourmentés.

Les farces savoureuses pour les blagueurs invétérés.

Les cornichons et les citrons pour les grognons.

Le kir chanoinesque pour les mécréants qui détestent la messe.

Les niniches au beurre salé pour les amateurs de mots pimentés-sucrés.

Les biscuits roses pour les moroses.

banquet

Les vols au vent pour les rêveurs... au regard absent. 

Les vins pétillants pour les auteurs pétulants.

Le brocciu, la coppa, le muscat de Frontignan pour les amoureux des accents.

L'absinthe pour les artistes gagas de Manet, de Degas.

Les rigolos questionneront leur voisin - ti punch ou ti punch pas?  

Les malchanceux, une fois n'est pas coutume auront du bol...plein de cidre.

Les lésés souvent plumés, se vengeront sur le pâté...d'alouette. 

Les bien-aimés savoureront un gratin chouchou.

Les timides oseront le munster, le maroilles, le roquefort et même le livarot.

Les faiseurs de belles lettres se pencheront sur  les mir-a-belles.

Les tristes se noieront dans la bière et les gais dans le muscadet.

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Jongleurs des mots, épicuriens, carpe diem! 

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Pour le maïs, j'ai oublié de vous dire…

Publié le par François & Marie

Pou l'trequi, j'ai ubié d'vôs dir'-

Le maïs que nous avons effeuillé ensemble chez le Louis (fin novembre 2010) a sèché pendant plusieurs mois sous l'avant toit en ribambelles d'énormes grappes, les "andouilles".

Mais2.jpgEl a bin sôchi sô l'sevron l'trequi du Louis.

Les plus beaux épis aux grains souples ont été mis de côté puis grillés dans le grand four à pain.

An a guêdjé lê pi-e braves rôs pou lè gaudes. 

Vient ensuite l'égrainage. C'est l'affaire des enfants! Il faut voir comme ils se disputent la place à califourchon sur le banc de l'égrainoir.

Fayot vouêr qu'm'en lê ptchiots freguillint quân yêtot v'ni l'temps d'l'égrenou!.

Allez hop! Avec énergie ils tournent la manivelle et s'esclaffent au tintamarre d'orage de grêle des grains qui tombent dans le seau métallique.

Rien n'est perdu, les rafles (épis dénudés) termineront en brosses à habits et en lustreuses pour souliers du dimanche! C'est elles aussi qui vont activer dans l'âtre la cuisson du fricot.

An envouyê-yot ren lê, an guêdjot les borrons pou fêr r'leure lê souyers, n'en'l'ver la pous'rôt' dê preleures, ap'atou pou l'fû du fricot! 

On va moudre finement les grains torréfiés pour recueillir une farine jaune à la saveur de noisette, "les gaudes".

gaudes3effets.jpg

Y'ê prou bon c'tê gaudes, ill sentant la neusille! 

Mêlée à de l'eau, touillée et touillée en huit (huit fois un , huit...huit fois deux, seize, huit fois quatre vingts...que c'est long!) dans une marmite en fonte noire, cette bouillie va glouglouter des heures sur la plaque de la cuisinière à bois. Plus l'épais brouet est lisse, plus il prouve l'habileté de la maîtresse de maison. Tout juste si on ne répudie pas celle qui oserait laisser des grumeaux!

Ape y faut viri, viri... La patronne a bin du maux pou qui raist' point d' catons ape ill dê avouêr l'u-ye pou qu'ê burlint point su la piatine.

Pendant de longues années, trois fois par jour, les gaudes resteront le seul aliment des gens de la terre les plus pauvres.

Y'avôt çan, ape ren d'autre, ape t'piaunos point... 

On surnommait ces coutumiers (bien malgré eux) de la farine dorée, les "ventres jaunes". 

 Ils ont gardé de cet épisode de vie un souvenir d'écuelles bien peu réjouissantes.  Il fallait souffler sur la peau épaisse des gaudes pour ne pas se brûler la langue. (On a conservé l'expression "souffler les gaudes" en parlant de qui s'endort en ronflotant en gonflant les joues!)

Leur seul luxe était de les améliorer d'un peu de lait. Ils ne se le permettaient qu'au moment des vêlages de leurs vaches montbéliardes, le lait étant interdit de vente en fromagerie pendant les périodes de mise bas. 

Dè coups, t'avôs in ptchiot d'lê, quand lê vêchs fi-int l'viau, y'ètot du nannan, t'sé!

Ils n'imaginaient pas que de nos jours, sur les meilleures tables, les gaudes reviendraient à la mode...

 Y paraîtrôt qu'aujd'eu, chu lê rupins,ê migeant dê gaudes, ape qu'ê en sant gormands!  T'y crêts-te çan? J'crês bin qu'à c't'heur' y'en a qu'sant in ptchiot maboules, t'sé t'y!

Publié dans Souvenirs

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Défi n° 62 "Tout le monde veut prendre sa place" proposé par Lilou-Frédotte pour la Communauté "Les croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

TOUT LE MONDE VEUT PRENDRE SA PLACE-

 Vous prenez la place d'un personnage ou d'un objet sur l'image. Vous racontez son histoire, ses émotions, ses impressions.

 

defi-62

Hier cet espace foisonnait de vie. 

Ce matin il est quasiment vide, figé.  

L'herbe, oui même l'herbe de la place, sous la terre s'est cachée...

Le banc a bien tenté de s'échapper vers l'arrière; il s'est creusé, creusé...

Mais ses deux pieds d'éléphant l'ont gardé prisonnier...

La poubelle, aussi vite qu'elle a pu a couru s'accoter au béton de la maison;

Rouille de trouille, elle observe, les yeux ronds. 

La bâtisse apeurée elle aussi, a juste pris le temps de planquer

En hauteur ses croisées, réduites à de petits pointillés... 

Bonz'un s'est aligné loin avec les réfugiés. 

Mains jointes il implore -  Du péril il faut me protéger,

En tronc d'arbre s'il le faut, je suis prêt à muer, pitié...

Dans le feuillage il tente de se fondre mais, va-t-il en réchapper?

En tongs et robe safran un fût a bien peu de crédibilité... 

Bonz'deux, angoissé, n'est pas là de son plein gré;

C'est cette maudite courte paille qui l'a désigné...

Il fixe la menace, tout en pupilles dilatées. 

Bouche ouverte, en apnée.

Le plat de sa main tente de rassurer,

Rien à faire, trapèzes tétanisés

Et deltoïdes bandés hurlent - Danger!

Les doigts de l'autre main sont crispés,

Agrippés au collier du tigre résigné.

Ce félidé rayé on l'a choisi; à le dresser on s'est même ingénié.

Il savait qu'à l'épreuve un jour il serait confronté.

Le moment est venu... Il lui faut assumer.

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Tout est tétanisé. D'où vient cette frayeur?

Une angoisse est palpable, une peur...

Où se terre l'éventuel agresseur?  

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Approchez! Oui, vous... plus près! 

De vous à moi...j'ai un secret à livrer: 

Je suis le seul responsable du danger,

Et du tintouin qu'il a suscité, 

Et m'en trouve bien amusé! 

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Pas sûr que vous m'ayez remarqué...

Mon tronc a l'air bien inoffensif pour un profane

Qui ignore que je suis un "douriane"*...

Et voilà l'énigme éventée!

Vous éventer, vous aèrer, croyez-moi vous aussi y courrez,

Lorsque de mes fruits vous découvrirez la fétidité. 

Mes "dourianes", des costaudes, plus de dix livres vont peser.

Banian2.JPG.jpg

D'énormes épines leur coque est caparaçonnée.

C'est leur odeur pestilentielle qui fait le plus parler d'elles: 

"Elles sont d'une puanteur socialement inacceptable". (... sic!)

"Interdites dans les lieux publics, même dans les bagages". (..sic!) 

"Leur odeur âcre et forte est proche de celle des égouts." (...sic!)

"Elle rappelle par sa putridité  alliacée,(... sic!) 

Les relents de vieilles chaussettes usagées". (si,si!..sic!)

Mais comme il en faut pour tous les goûts, 

"Les écureuils, les éléphants, les oran-outangs,

Les cochons et les tigres en sont friands" (...nan? si,si!)

C'est à leur ramassage qu'on a éduqué l'animal strié.

Il va mettre en paniers cette manne longtemps réservée

Aux seuls Empereurs de Chine. Ils étaient "envoûtés

Par ce plaisir parfumé" (... et re-sic !)

Mais ce genre de "gourmandise" doit se faire désirer;

Chaque décennie seulement, je donne à profusion

A ces moines de quoi gagner des picaillons.

En commerçant mes fruits, ils vont se faire du beurre,

Faisant leur l'adage: "l'argent n'a pas d'odeur!"

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  * Durian: arbre de l'Asie du sud-est (prononcer "douriane", ça m'arrange!)

  

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15 août

Publié le par François & Marie

Aujourd'hui c'est la fête à Marie !

Les mots des rues changent de couleur pour lui souhaiter plein de paix et de bonheur.

François

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Ono m'a toper

Publié le par François & Marie

- Wâââ!

oies-002.JPG

 

- Oupla! ...wââ!

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- Hep, wâ-wâ-wâ-wâ?

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- Zou! wâ-wâ!

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- Euh...wâ? wâ?

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- ...Wâ? Wâ?... wâââ-snif... 

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( Scénario et mise en scène : Marie)

 

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Défi n°61 "La valise" proposé par Lénaïg pour la communauté de Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Thème "la valise"-

 

Au fin fond des feuillages de mon arbre généalogique

Je me suis découvert une aïeule métissée  Arabo-Italienne,

 wahila (sac de blé...), valigia. 

Lointainement, (1856, pensez donc!) dans "Le" Bescherelle

Elle a fait parler d'elle. 

    Valise: s f - espèce de long sac de cuir, qui s'ouvre dans sa longueur, propre à être porté sur la croupe du cheval et dans lequel on met des hardes pour sa commodité.

Voyage

 

J'ai gardé d'elle quelques traits, à quelques détails près.

Les années m'ont rendue autonome.

Révolu le temps du doux balancement

Sur la croupe chevaline, confortablement tiède,

Aux effluves-crottin...

On a vissé sur mon dos une caractérielle poignée,

Qui s'escamote ou se pousse du col... à son gré!

Puis, après des années de cogitation,

On m'a boulonné deux paires de  roulettes, en arpions.

Pour l'heure, garée dans l'ombre d'un placard,

Je perçois la voix familière de ma globe-trotteuse attitrée

Qui alentour annonce, 

- Je vais faire ma valoche!

D'une poigne énergique elle saisit ma poignée.

Holà, ce poignet a l'air bien déterminé,

A l'horizon un voyage serait-il programmé? 

Moi qui dormotais flasque, je vais enfin gonfler!

Je connais le rituel, elle m'y a habituée.

J'emmènerai ma baroudeuse dans trois jours

Ou quatre, au plus tard. Pour l'instant, elle répète.

C'est un examen blanc! Elle va m'ouvrir grand,  

Face au placard aux habits. Elle a fait le tri,

Quatre piles qui, du voyage, ne feront pas partie:

En une, le trop chaud; en deux, le trop léger;

Trois, le trop habillé; la quatre (la plus dodue)

C'est la pile-déprime, celle des "c'qui n' lui va plus"...

chemises.jpg

Me voyant béer, elle se met à m'abecquer

De hardes indispensables! Pour magasiner,

Pour dormir, ou sur le sable se promener.

Il y en a aussi pour le "s'il pleut" en ville,

Le "s'il pleut avec vent" de suroît, de noroît .

Le "s'il fait chaud", chaud tempéré (son préféré),

Chaud caniculaire (son abhorré...), avec ou sans vent coulis.

Le "s'il vente" avec soleil ou sous une grande pluie.

Le "s'il fait gris: ardoise, anthracite ou souris".

Le "si le temps fraîchit en un après-midi."

Au secours! de hardes pour sa commodité,

Me voilà débordée, saturée et gavée!

Ma parole elle voudrait faire entrer Paris en bouteille!

Sapristi, à ses nippes elle tient!  Résultat, moi qui pensais

Partir seule en voyage avec elle, las! "Adieu la valise..."

("C'en est fait, tout est fini"), me voilà condamnée à cohabiter

Avec deux autres paquetages trop neufs et trop gonflés,

(Sainte Fermeture Eclair, veillez sur nos coutures!).

A-t-elle réalisé que par Dame Nature

De un + un = deux bras, elle a été dotée?

Alors pourquoi vouloir trois bagages joufflus adopter?

Sait-elle aussi qu'il lui faudra descendre puis monter,

Pour le quai "deux", trois raides volées d'escaliers.

A faire trois fois l'aller-retour se sait-elle condamnée,

Afin de convoyer ses triplées tour à tour

Abandonnant les unes puis l'autre sur le quai,

Sorte de Mère Poucet au dilemme confrontée.

N'osant solliciter l'aide des employés

" èsèn'céèfe" casquettés battant le pavé

Qui regardaient ailleurs lorsqu'ils la croisaient.

Exceptionnellement l'un des leurs, bien luné 

(viendrait-il par son chef d'être félicité? ou augmenté?) 

Bref, un normal, lui a proposé, 

- Ma p'tit'dame, j'vais vous aider! 

Reconnaissante, elle sourit - Merci, merci!

Mais grognotte en son for intérieur

- Merci pour la B A, mais p'tite dame... p'tite dame...

1m68 tout de même, hein!

- Y'a pas d'quoi! et nous dépose sous le tableau de composition

(souvent décomposé-inversé) de Maître TGV.

Prodige! La voiture "deux" stoppe bien où il faut!

- Une minutes d'arrêt!

En soixante secondes, "p'tite dame", énergique,

Dans le gros boa nous catapulte. .

Sur un lit de fakir, inconfortable, métallique et tout froid,

Elle nous coince et nous entasse, trio bien regroupé.

Puis sans un au revoir, elle investit la place vingt trois.

Dans le sens de la marche (bien aise!), siège isolé

(bien aise-bis!), climatisation en sommeil (bien aise- ter!),

Elle y feuillette des feuillets, y rêvasse éveillée,

Y dormote à moitié, y savoure chocolat à croquer.

- Terminus! Veillez bien à ne rien oublier.

Pour elle, dure réalité, elle doit nous assumer...

Résignée, elle nous propulse sur le quai, vlam, boum, splach.

Comme des sacs de blé! (hé, hé, certains n'ont pas suivi, je les ai repérés!)

Elle nous roulette jusqu'au pied du roulant (lui aussi) escalier,

En hâte et sans nous suivre, elle nous y projette, 

Nous abandonne à notre sort de bagages non accompagnés.

Pourtant elle ne peut nous renier, elle nous a bracelés,

Nommés et prénommés, comme l'a préconisé

En annonces suaves, au son d'un carillon,

Dame Simone Hérault, voix mélodieuse des gares.

Notre abandonneuse, en bas de l'escalier, figée, attend. 

Pour elle le temps se suspend. Elle le savoure avec chouchou,

Son précieux sac besace qui la tient par le cou.

Elle se donne l'illusion de voyager enfin léger!

Elle regarde amusée les autres qui se pressent

Accrochés à leurs bagages comme à une laisse...

Fi, elle n'est pas de ceux-là! Elle se délecte ravie,

Du luxe de deux mains vides au bout de ses bras ballants.

- S'il vous plaît le temps, encore cinq secondes de sursis...

Quatre, trois, deux, un... puis pose un pied, à regret

Sur cette marche qui va grimper, grimper, grimper

Et la déposer malgré elle près d'un trio de valises vautrées.

Qu'elle  feint de ne pas reconnaître,

.............................................perfide indifférence... 

Elle est près de  nous renier.

L'oeil suspicieux d'un vigile la rappelle à la réalité. 

Elle s'ébroue et sprinte, brandissant sa monnaie,

Quand faut y aller, faut y aller! 

Décidée, elle libère de ses chaînes le dernier europhage-chariot,

A la barbe d'un grand escogriffe, interloqué par son culot, 

- Priorité! Moi meûsieur, j'ai des triplés!

Fermement, elle nous tasse sur l'engin à roulettes,

Aussi ouaté que le lit du yogi,

Et, déterminée, nous drive vers la sortie. 

Finalement à bon port nous sommes arrivées.

...Il ne reste plus qu'à espérer que les pots

De confiture-maison qui farcissent ses chaussons 

N'auront pas explosé dans le feu des actions.

...Le retour?

Que croyez vous! Même scénario, mais à rebours... 

 

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Boîtes à escarmouches-

Publié le par François & Marie

 Boîtes aux lettres

Monsieur Particulier a deux boîtes aux lettres,

Conservées toutes deux par paresse.

L'une svelte, haut perchée sur son pied léger,

Le teint vert et frais, une terre cuite en béret.

Sûre d'elle, l'oeil cyclopéen vif et brillant,

Sur le chemin elle empiète d'un bon pas en avant. 

L'autre en retrait, sur pied gris et massif de guingois,

En timide petite boulotte, larmoie.

Barbouillée de lichen et de rouille,

Dans le buisson elle voudrait dissimuler sa bouille.

Il arriva que le préposé- postier, gêné dans sa  progression

Par la prétentieuse qui rayait sa voiture de fonction,

Décida, agacé de lui donner une leçon. 

Fûté, il eut l'idée de ne jeter dans la boîte pimbêche,

Que découverts bancaires et factures revêches.

Alors qu'au coffret de la modeste il confiait les épistoles

Des sourires de naissances, des mariages annoncés,

Ainsi que cartes postales joliment coloriées, 

Et autres courriers du coeur aux vélins parfumés.  

Monsieur Particulier fut d'abord intrigué.

Puis convaincu que par un esprit malin

Le réceptacle altier se trouvait habité. 

Il le brisa sur le champ et le précipita au panier.

Mettant enfin la biscornue en vedette sur son vilain pied penché.

...Et toc!

Publié dans choses vues

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