Verres collectifs

Publié le par François & Marie

- Prât-me don tê u-yes, j'arrive point à n'enfiler m'n'aigu-ye Singer.

( -  Prête-moi donc tes yeux, j'arrive pas à enfiler l'aiguille de ma machine à coudre.)

L'Abel qui lisait le journal, s'interrompt un instant et cède ses verres à l'Anaïs qui a son ourlet d'biaude à terminer.

Lunettes2.jpg

 

- Ê z'écrivant bin p'tchiot su c'tè livrets d'comptes de futrie, j'y vouais ren de ren. L'Abel, t'èros-t'y tè carreaux pou ique, dè coups?

(- Ils écrivent bien petit sur ces livrets de comptes de fromagerie. J'y vois rien de rien. L'Abel est-ce que t'aurais tes lunettes par ici?)

 Et voilà un voisin sorti d'embarras!

 

L'Abel, j'a ubié mê lorgnons chu mouais, t'me prêtros t'y lê taines, j't'les rèpout'chrer à la fin d'ma virie.

- Qu'm'en çan t'restra miji la soupe d'aveu nôs, l'potchou d'laitres, qu'dit l'Anaïs.

(- L'Abel, j'ai oublié mes lunettes chez moi, prête-moi donc les tiennes. Je te les rendrai à la fin de ma tournée.)

(- Comme ça tu resteras manger la soupe avec nous le facteur, propose l'Anaïs.)

 

 Au début des années cinquante, nos verres s'ajustaient tout simplement d'un nez à l'autre par... solidarité campagnarde!

 

 

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Marie de Cabardouche 05/07/2011 10:58



Publicité gratuite, merci Andiamo!



Andiamo 03/07/2011 09:31



Aujourd'hui chacun sa paire alors.... TCHIN TCHIN ];-D



Marie de Cabardouche 02/07/2011 22:35



Bien cocasse cette histoire de dentier (bis!). 


J'ai assisté au prêt de lunettes, ne le racontez pas aux opticiens actuels!


Ces drôleries campagnardes, souvent bon enfant, sont à peine croyables actuellement...


Merci Françis d'être venu nous visiter!



Francis 02/07/2011 16:31



Je sors de la lecture d'une nouvelle de Philippe BERTE-LANGEREAU ("Dernières nouvelles du Morvan" - recommandé) où un dentier perdu un jour de foire puis retrouvé quelques heures plus tard s'est
avéré ne pas être le bon ! ça fait bien du bien que de se remémorer les facéties d'un autre temps, mais là c'est drôle comme l'Abel a toujours avec lui ce qui manque à l'Anaïs, bien gentil
l'Abel, et bien ordonné !