Recette fraîcheur

Publié le par François & Marie

 

Dans un pré herbu, plantez un peuplier. Patientez...
Juste une bonne dizaine d'années.
Vérifiez où en est sa  feuillée.
Quand son ombre fait une flaque sur le pré,
Arrivez !
Choisissez un bel après midi d'été,
Quand le soleil, gros jaune d'oeuf, s'étale dans son blanc bleuté...
Apportez donc un plaid, un transat ou chilienne ( non, pas la dame aux pesos, l' autre... ) et puis un oreiller.
Un hamac ? Ah non, un hamac n'est point approprié, il eut fallu planter  DEUX peupliers.
Installez-vous, affalez-vous, détendez-vous,
Les yeux fermés, écoutez...
Rien...
Quoi, RIEN ?
...................?
Ouhhhh... C'est raté, ZUT ZUT ZUT, j'ai oublié, IL FAUT  aussi UN VENT LEGER...
Tout recommencer : piocher... han, c'est dur...planter...peuplier...arroser...patienter...une année, deux années, quatre années, pffuuu, six années, pouhhh, huit années, c'est long...ah ! dix années.
Où sont les feuilles ? Ah, il faut attendre encore un peu, jusqu'au début de l'été...
Gagné ! La  flaque, là, c'est de l'ombre...vite, un truc, lequel ?  pour s'allonger... pas eu le temps de choisir, dix années c'est vite passé... et puis un oreiller, ai déménagé trois fois, dans quel carton les oreillers ?...ne pas oublier le vent léger, d' est, du nord, du sud, le vent ? peu importe, un joli petit vent...s'allonger dans le pré, soupirer d'aise, dérouler les stores des paupières, vérifier le bon état des écoutilles...
ALORS ?
Vous entendez ?
Concentration...réflexion...on dirait...ça froufroute, on croirait... ouire des gouttes...oui, des gouttes... de la pluie, une averse, une ondée, une cascade qui cascade, éclabousse...rafraîchit !
Encore gagné ! Cette cascade, c'est le vent dans les feuilles du peuplier...Essayez. 
Et en automne, quand elles se tacheront, bruniront, humez leur âcreté...Essayez.

Publié dans anecdotes

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MARIE 26/07/2010 08:35



Et dire que certains ont la Tour Montparnasse pour repère. A chacun ses horizons...


Bonne journée Monsieur O de V.



Olivier de Vaux 09/07/2010 17:16



Voilà qui a autrement de la gueule qu'une quelconque clim' au ronflement mécanique. Dans mon pré, survivants d'une rangée au bord de la Joyeuse (le ruisseau aux écrevisses de mon enfance), il y a
encore deux peupliers plus que centenaires et l'un des deux risque fort de tomber dans les mois qui viennent, tant il est creux, tant il penche. A l'automne ce sont deux flèches de feu qui
pointent vers le ciel. Lorsque je suis par monts et par vaux,  bien avant de voir les toits du hameau, je vois les peupliers.