Défi n° 88 "Au grenier" proposé par "Un soir bleu" pour Les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

 

"AU GRENIER".

Racontez votre grenier, celui de chez vous ou le grenier imaginaire dont vous rêvez.

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Explorer un grenier, quelle affaire! Vite, on y court, pris d'une fébrile curiosité.

Soudain une obscure vénération temporise notre allure. Halte là! on n'y entre pas comme dans un moulin. 

Visiter un grenier est une faveur qui se mérite. Prière de la pratiquer selon une chorégraphie dont il convient de respecter les figures.

D'abord, gravir en souple déhanché les échelons trop raides et bien trop espacés d'une échelle de bois.

S'y agripper comme à son partenaire de farandole et feindre de ne pas avoir senti que votre cavalier vous écrase les orteils l'écharde qui vous laboure le pouce.

Parvenir au dernier barreau, le souffle activé en rythme de salsa par l'effort et le trac.

S' arc-bouter en arabesque pour soulever la trappe de planches bistres qui résiste et qui geint.

greniercolor 0001Hésiter, juste un instant, avant de franchir d'un saut de chat souple et silencieux, l'entrée de ce lieu méconnu qui sent le vieux papier, les objets oubliés et les petits rats qui y trottent.

Cligner des yeux, pour ainsi mieux capter la gambille désordonnée de la poussière dérangée, dans la lumière falote d'une lucarne encrassée.

Enfin, poser un pied mesuré sur l'une des planches rugueuses. Aventurer le second sur la latte d'à côté, par sécurité toujours celle d'à côté, en vieillards taquins, les antiques planchers fragiles et boiteux, aiment nous voir cheminer en gavotte décalée.

Pirouetter en ondulante "marche lunaire" entre les guenilles gris poudré des toiles d'araignées. 

Redonner vie au cheval de bois cironné en folâtrant à ses côtés en cabrioles légères.

Saluer de quelques ronds de jambe une marquise au damassé fané.

Coiffer une sombre mantille et mimer un flamenco muet à l'éventail pourpre.

Faire se dandiner en java la nacre des boutons d'un vieil accordéon aux soufflets essoufflés. Bouche fermée, fredonner.

Swinger sous les baleines en marionnettes disloquées d'un riflard fatigué. Doucettement le refermer. Assez badiné, il doit se reposer. 

Prendre discrètement congé en une gracieuse pavane glissée, murmurer merci, je reviendrai! Avec précaution rabattre le trapon.

Se couler, agile somnambule éveillé, jusqu'en bas de l'échelle. Se jucher sur l'échelon le plus bas, l'étourdissant manège de la vie attendra.

En adage lent, s'accorder le temps de rêver aux objets du passé, le sourire béat, les coudes aux genoux, le menton au creux des paumes, dans les étoiles les yeux perdus... turlututu...

 

 

 

 

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Marie de Cabardouche 28/10/2012 09:36


Marie Chevalier - Merci pour vos encouragements! Même si le temps imparti est dépassé, il n'est pas trop tard pour nous faire partager votre grenier. A bientôt!


 


Andiamo -  Vous êtes démasqué! Votre véritable patronyme serait-il Andiamo Dassault ou bien Andiamo Boeing? ...de quoi avoir parfois la tête dans les
nuages...Merci pour votre visite!

Andiamo 27/10/2012 09:53


Pétard je l'avais raté celui ci ! Dans notre grenier mon frère et moi construisions nos premiers avions... Qui n'ont jamais volé ! Depuis nous nous étions rattrapés ];-D

marie chevalier 26/10/2012 11:22


quel beau texte et quelle jolie illustration! bravo


 je suis déçue car je n'avais pas reçu ce défi 88 ?  snifff  donc  prise par plein de trucs  je ne  m'en suis rendue compte que ce  matin ! bonne journée 
!

Marie de Cabardouche 22/10/2012 23:30


Eglantine -...L'important, c'est d'être parvenue dans l'antre mystérieux où se jouent toutes les mélodies du passé. Bonne nuit Eglantine!


 


Monelle - Les souriceaux ne sont pas les seuls à faire la sarabande dans ce lieu haut perché, on peut les y accompagner! Merci Monelle!


 


Jeanne Fadosi - C'est le lieu de prédilection de la gent trotte menu, merci Jeanne d'y être vous aussi venue, turlututu!


 


Nounedeb - Ouille, ça me donne le blues! Bonne nuit Nounedeb!


 


Tant- Bourrin - Je pousse hier et...bien moins que demain...  J'ai juste un tout p'tit peu
honte!


Merci d'être passé!


 


Tricôtinôlait - Nous sommes ravis de te donner la main pour élargir notre ronde!   


Je vais te dire un secret (dont tu n'as pas besoin), les joues dans les paumes, c'est pour dissimuler les bajoues!   Que ta nuit soit douce, bisous!


 


 


 


 

Tricôtine 22/10/2012 21:52


Ah Marie comme ce cours académique de visite du grenier m'enchante ou dirais-je "m'endanse" je monterai au pied levé de
cette façon pour faire tourner les zétoiles du bonheur au dessus de mes zorbites ! promis les joues dans les paumes !! j'ai bien enregistré ! Merci pour ce merveilleux  coup de balai euh
ballet !!!  bizzzoux à tous les deux 

Tant-Bourrin 22/10/2012 20:07


Poussière, tu es poussière, et de temps à autre tu retourneras à la poussière ! :~)

Nounedeb 22/10/2012 11:17


J'en suis toute boogie-woogie...

Jeanne Fadosi 22/10/2012 10:55


je me suis fait petite souris pour visiter avec toi ce grenier (souplesse en moins mais est le souplesse d'aujourd'hui ou celle de l'enfant qui se souvient ? oui un grenier plein de vieilleries
témoins des jours perdus ... turlututu ... 


bises et belle journée

Monelle 22/10/2012 10:22


Visiter ton grenier sur un air de salsa... inattendu mais très agréable !


Bon début de semaine à vous deux - bisous



Eglantine Lilas 22/10/2012 08:17


j'ai monté l'échelle il me semble ..plutot que l'escalier non ? ...mais peu importe je suis donc montée au grenier
sur la musique de tes mots ...


amitiés