Défi n° 69 "Les huit éléments" proposé par Lilou-Frédotte pour les croqueurs de mots

Publié le par François & Marie

Thème: "Les huit éléments".

Pour ce défi, je vous propose d'écrire une histoire en vers ou prose, en utilisant les éléments suivants, peu importe l'ordre,

- des personnages: un grand père et un enfant, Jean Mimi.

 - une période: mars 1889.

- des lieux: le pont Charles à Prague, le département du Rhône.

- un objet: un pendentif.

- un animal: un lapin.

Mais ce n'est pas tout, vous devez aussi placer la phrase "Et pourtant, je t'avais prévenu(e)".

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Otylie-effect2.jpgPrague, mars1889. Sur le pont Charles, Ôl'pitre,

Clown au nez rouge, joue une valse triste.   

Sous la statue de Népomucène, gardien des ponts,

Il fait pleurer son violon.

La jolie Ôtylie, celle dont son coeur est épris

Est partie pour Paris.

Pensez! Dame Tour Eiffel va y être inaugurée.

- Rendez-vous au Champ de Mars! lui a-t- elle lancé

Rieuse, avant d'être prestement par la foule escamotée. 

- ...En France, chaque mois les champs changent-ils de nom?

Clown-detail.jpgS'interroge Ôl'pitre, il faut se hâter, il va bientôt virer Champ d'Avril,

Comment s'y retrouver?...Ce champ doit être un bien grand pré...

Or, tout comme les prés, Ôl'pitre est fauché.

Paris est loin, comment y rejoindre sa bien-aimée?

Sombrement, il violonne. Le coeur n'y est pas.

Un vent froid de fin d'hiver souffle sur la Vltava

Des courants d'air font déraper l'archet.

Les passants lésineurs et frileux se hâtent frôlant le parapet, 

N'abecquant l'étui à violon béant que de bien chiches monnaies.

Désabusé, Ôl'pitre s'adosse au socle de la statue de St Jean et frictionne ses doigts gourds.

C'est alors que par un son grêle, un gling-gling-gling ténu son attention est attirée.

Levant les yeux il découvre que l'une des cinq étoiles dont s'auréole Népomucène est par l'Aquilon malmenée, ballottée.

Elle tangue dangereusement, menaçant d'être expédiée dans les flots de la Vltava.

Vivement, Ôl'pitre fourrage dans les poches de sa vareuse en gros drap,

Y trouve, outre un grand mouchoir à carreaux, quelques précieuses broutilles et un vieux bout de fil de fer... oui oui, il pense qu'il conviendra. 

En un clin d'oeil il est sur le muret. Agrippé au chanoine de bronze, fermement il arrime l'étoile grelottante. 

Sautant de son perchoir, il découvre médusé, là au centre de l'étui à violon, une petite boule rousse en lapin véritable.

Sous de cocasses oreilles rondement dressées, deux petits yeux curieux le fixent tranquillement.

Surpris, joyeux, Ôl'pitre s'accroupit face à cette vivante miniature lorsque, ébahi, il découvre autour du cou du lapereau, un pendentif en cristalline Moldavite.

Vivement son regard interroge, cherche à droite, à gauche... Le pont déserté n'est que pierre figée, tout comme le St Jean, impassible qui fixe le lointain...

Grand-père, tu parles du diamant de Bohême que ne quitte pas bonne-maman? s'exclame Jean Mimi .

Otylie-detail2.jpg Celui là même, confirme le grand père. Depuis quatre générations, la Moldavite pare les femmes de notre généalogie. Ton trisaïeul, le clown Ôl'pitre, après moult péripéties réussit à rejoindre son Ôtylie à Paris. Il y découvre avec bonheur qu'ils partagent les mêmes sentiments. En cadeau de fiançailles, il lui offre le diamant puis l'épouse!

- Et lapinot?

- Ôlap?  Bien sûr il a été du voyage! A un moment ça a failli mal tourner pour lui. Ôtylie et Ôl'pitre avaient la passion de l'eau, et aussi de l'Ô, tu l'as remarqué! Pendant leur courte escapade en France, tout naturellement, ils ont décidé de faire un tour de bateau sur le RhÔne. Le capitaine du rafiot en les voyant arriver avec un lapin dans les bras, indigné, les a refoulés illico!

- Ben pourquoi? C'est mignon un lapinou tout roux...

- Halte là petit malheureux, ne prononce jamais "lapin" sur un bateau, ça porte malheur! Un lapin ça grignote l'étoupe qui joint les planches de bois, un lapin, même mignon, ça peut faire couler une embarcation...

- Ben alors, leur balade est tombée à l'eau?

- Que nenni! Les fûtés ont caché Ôlap sous le chapeau d'Ôl'pitre. Ni vu ni connu, ils ont pu embarquer; mais un grand vent s'est levé, le chapeau s'est envolé et le capitaine en brandissant sa longue-vue a vociféré - Et pourtant, je t'avais prévenu!

- Horreur! il l'a quand même pas estourbi!

- Non rassure-toi, il a suffit que la jolie Ôtylie lui sourie pour que, instantanément il se calme, comme par magie.

- Et le diamant, il l'a jamais vendu pour s'faire des sous! s'étonne l'enfant.

- Mon petit, souviens-t'en, un cadeau du ciel jamais ne se vend...

 

  retour à Prague

 

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lilou 04/12/2011 20:03


c'est vrai que j'ai eu la chance d'aller à Pragues il y a maintenant longtemps. a l'ouverture des frontières en 1990 c'est si loin et si près en même temps (durée et distance).j'ai peur d'y
retourner car cela a tellement changé et d'être déçue. Si j'ai pu vous faire voyager un peu alors mon défi est rempli.


à tout bientôt


Amitiés


Lilou

Marie de Cabardouche 04/12/2011 19:57


Tricôtinôlait - Merci d'être venue virevolter un tour de polka avec nous sur le pont de Prague! Bonne soirée, bisous!


 


Lilou -  Grâce à votre défi, nous avons rêvé de Prague et de son charme slave.


Merci d'être venue nous visiter!

lilou 02/12/2011 18:33


merci pour cette participation à ce défi. J'aime cette façon enlevée, alerte du texte et accompagné de dessins c'est un bonheur.


A tantôt


Lilou

Marie de Cabardouche 29/11/2011 15:33


D'accord avec vous Harmonie, l'amour est bien un des moteurs de la vie.


Merci pour votre visite!

François 29/11/2011 19:32



Oui, moi je pense tout comme Marie: l'amour est bien un des moteurs de la vie: soyons vivants. 



Tricôtine 29/11/2011 15:19


Bonjour Marie et François !! une histoire d'amour au son du violon , voilà une page Prague Rômantique qu'on avale comme une lampée de vodka !! c'est presque du Tolstoï Léon et troïka , j'adore
!!! On ne vend pas les bijoux tombés du ciel, ni les bijoux de famillle , même pas en temps de crise !! les porter chez ma tante en attendant des jours meilleurs à la rigueur...., Merci à tous les deux pour votre défi merveilleux !! bizzzoux

Harmonie 29/11/2011 12:19


Ah, l'amour qui donne des ailes, une histoire sans fin qui se renouvelle !!!!


 


J'aime beaucoup la dernière phrase.


 

Marie de Cabardouche 29/11/2011 09:08


 â â, mais vous ne restâtes pas en rade avec votre Hériotza que vous traitâtes avec bellissima maestria!


 

Tant-Bourrin 28/11/2011 21:05


Pô pô pô, que c'est bô ! Je n'aurai qu'un seul mô : bravô ! :~)

Marie de Cabardouche 28/11/2011 20:46


ABC - Merci pour votre persévérance, bonne soirée!

Marie de Cabardouche 28/11/2011 18:48


Dominique - C'est bien de conserver en soi un peu de la magie de l'enfance.


Merci d'être passée, bonne soirée!  


 


Olivier - François et moi sommes complémentaires pour faire vivre notre page.


Merci pour votre visite Olivier, à bientôt! 


 


Andiamo -  Dites- moi jeune homme, lorsque l'on écrit avec autant de verve, que l'on sait ménager le suspense (n'est ce pas commissaire Chauguise!) et que l'on a une
imagination débordante, ne serait-il point temps de penser à rejoindre les "Croqueurs de mots", mummm? Ce serait ensuite un agréable exercice que de  transformer le texte en
argot-titi-parigot, n'est-il pas?


"Sur le pont St Bénezet, on y danse on y danse, sur le pont St Bénezet, on y danse le menuet!" 


 


Monelle - François mérite vos compliments, merci Monelle, bonne soirée! 


 


Lénaïg - Les contes font rêver petits et grands...


Merci pour vos encouragements, bonne soirée! 


 


 


 

ABC 28/11/2011 18:36


Une très belle histoire ! Ce matin je n'avais pas pu laisser de petits mots, je suis contente de pouvoir le faire ce soir...

Lenaïg 28/11/2011 15:21


Bonjour Marie et François, merci beaucoup pour le moment de lecture enchanté. Vous avez jeté tous les deux un éclairage merveilleux et magique sur les personnages et si ce n'est pas un superbe
conte d'avant Noël, je veux bien manger mon chapeau à moi ! J'aime tout, l'histoire et les images tendres de François. Bravo, les artistes ! Bien amicalement.


 

Monelle 28/11/2011 13:33


Quelle jolie histoire imagée par de magnifique dessins... bravo l'artiste !!!


Bonne journée



Andiamo 28/11/2011 12:59


-Grand'père...Grand'père !


-Quoi encore ?


-Dis grand'père c'était il y a 100 ans ?


-Quoi il y a 100 ans ?


-Ben... La révolution, tu y étais grand père ?


-Ecoute mon petit lapin je ne suis pas aussi vieux que le pont saint Bénezet !


-Et puis d'abord grand'père, je suis grand maintenant, ne m'appelle plus "petit lapin" mais Jean Mimi !


-Comme tu voudras petit lapin.


-Soupir....


-Grand'père ?


-QUOI ?


-Ne t'énerve pas, je voulais juste te demander :"c'est quoi ce truc que tu portes toujours autour du cou" ?


-Ce truc ! Comme tu y vas petit, c'est un médaillon porte-bonheur.


-Porte-bonheur ? Un grigri en somme !


-Un grigri quelle offense ! Tiens regarde, prends-le et fais bien attention à ce qu'il ne t'échappe pas !


Jean Mimi saisit l'objet, le soupèse, le porte vers la lumière, soudain le médaillon lui échappe, tournoyant sur lui-même il choit dans le Rhône, s'engloutissant dans les eaux boueuses !


Se tournant vers son grand père afin de bredouiller des excuses, quelle est son étonnement quand il voit son grand'père encore si vert tout à l'heure, devenu soudain tout rabougri, voûté,
chancelant et toussant à n'en plus finir...


-Et pourtant je t'avais prévenu petit lapin, hoquète-t-il... 

Olivier de Vaux 28/11/2011 09:12


Merci pour ce joli texte ciselé avec amour et illustré de main de maître. 

Dominiqur 28/11/2011 08:08


Bonjour Marie et François,


Je suis restée là, attentive, comme un enfant auquel on raconte un belle histoire...Que dire sinion..  C'est Superbe !!


Amitiés


Dominique