Commodités

Publié le par François & Marie

Les Mai et leurs "commodités" -

-Aspect extérieur :
       edicule.jpg Trois façades en planches de guinguois, rapiécées selon l'humeur du bâtisseur.
   L'entrée de l'édifice ? Une porte aux planches tout aussi disjointes. Par ses interstices, elle accepte généreusement et indifféremment, les flocons de neige, le vent glacial ou brûlant, les arrosages des jours de pluie, les bestioles calibrées gabarit- réduit tels lézards fouineurs, souris fureteuses, fourmis  affairées, punaises de feu, dites  gendarmes, souvent soudés à leurs gendarmettes, araignées tisseuses et autres orvets cuivrés.
   Comme toute porte qui se respecte, elle posséde un  système de fermeture non homologué : mi-crochet rouillé, mi-fil de fer entortillé, détortillé par places, ré-entortillé par après. De l'Art en soi aussi tarabiscoté qu'inefficace ! 
   Cet  Ouvrage est vaguement coiffé d'une tôle ondulée rouillée, raccommodée d'une autre à peine plus oxydée, choix toujours tributaire des caprices de l'architecte...

-Localisation :
     En général, s'accote, au fond du jardin à un pommier, tilleul, épicéa ou autre élément végétal au choix.

-Destination:
      Lieu d'aisance ( et de courte sieste parfois...), dit commodités.

-Aménagement intérieur:
     Succint, voire spartiate; une planche horizontale sobrement percée d'un trou central aux rebords échardeux et une pile de vieux journaux. De quoi joindre l'utile à l'agréable.

     Ce type d'édicule est une annexe de chacune des maisons du village. 
     Celui de l' Armand, d'accès facile et proche de la place du village, a été repéré par les jeunes " récupérateurs" du premier mai. ATTENTION ! Pas d'entorrrse à la loi garrrde-champêtrrresque, les commodités n'étant ni sous abrrri en durrr, ni attachées z' aux murrrs, deviennent des éléments emprrruntables z'et trrransportables, qu'on se le dise !
      A minuit passé, quatre gaillards, silencieusement, soulèvent sans trop d' efforts la cahute et procèdent doucement à son enlèvement. C'est une nuit sans lune, il fait très sombre, ils confondent les allées et les planches de salades qu'ils écrabouillent de pieds fermes en bringuebalant  les cabinets. Soudain -VOUS-MAR-CHEZ-PAS-AU-PAS ! 
constate une voix dans la cabane... Frayeur ! Effroi ! Panique chez les kidnappeurs en sauve qui peut général ! 
      Et voilà l'Armand, lâchement abandonné sur sa planche percée !  En Penseur de Rodin, il est partagé : un tantinet furieux, surtout pour ses salades, mais tellement réjoui par la  belle frousse faite à ces jeunes godelureaux. Ah ! Il les espère verts de peur et pas près de s'en reprendre aux commodités, assez mal commodes finalement, de l' Armand...

picto.jpg

 

Lé cabirottes du cotchi-

   Y' è èn' endrêt lavousque nion pourrôt aller à ta pièche ! Chu lè Périgots, è diant "lè vaters " in fiant ène bouche in cul de poule...Chu nô, ill sont din l'cotchi, accabeuznées veu èn'abre. Y ' é presqu'in ptiot chètiau: tè asté su in trou, au mouètan d'èn' pi-inche ( t'en r'ssô d'aveu ine gran rondalle rûge su l' pèné !). T'âs du journau, l' Jura Agricole, ben utile, méme pèrimia !
   C'tè cabirottes, ill r'sembiant point à gran cheuse. Y 'è dè pi-inches branquillouses, èn' pôtche que freme pasqu'y è la môde, ape in couvert in villes tôles. Du d' dans, t' é méme point à l' assote, la bise t' r' lève l' pantais, y t' noge su lè pis, te t' jale ou ben t'crêve de chaud...Ape, y'a du populô ! Dè rattes, dè areugnes, dè fremis, que t' corant su lè attiots; t' peux méme point y fér' mèriaine ballement...
   Lè vaudraloux du premi maï, vouillint fér' èn' crasse à l' Erman : amouner san cabirotte  su la pièche, d' vant la futrie. Y fiôt gran nai, s' in fér' de bru, è la voulant, mais L' ERMAN ETÔ D' DANS ! Lè galoupiots ont eu èn' pô du diab' quan la cabirotte y -e z' y a causé : - VÔ MARCHI POINT AU PAS ! E s' sont ensauvés, è z'ont tout laissi cheudre, L'Erman ape la cabirotte !  Me crêtes-vos si j' vô dit qu' l' Erman a eu lè rognons bâdiots pindint huit je !

 

Publié dans Souvenirs

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MARIE 03/05/2010 16:05



Allez donc savoir ! Tout est si vert en ce printemps. C'est la tenue de camouflage idéale qui fait que salades et  verts de peur sont portés disparus...Bonne journée Poucette.



Poucette 02/05/2010 16:06



Que sont devenues les commodités ? Et les salades ? Et les jeunes, sont-ils restés verts et donc enfermables facilement dans les commodités sur les salades ???


Bise et bon dimanche



MARIE 01/05/2010 10:32



Ces petits larcins se remémorent avec une bienveillance amusée...Merci de votre visite, bonne journée, Monsieur O de V.



Olivier de Vaux 30/04/2010 17:33



1968 : pendant les grèves je maraudais les fraises d'un poilu de la grande guerre avec des copains étudiants et les copains des copains. Il faisait nuit depuis belle lurette dans le jardin du
pépé mais il était dans ses chiottes dont il est sorti comme un diable du bénitier. Nous avons refait le mur et sommes allés nous cacher, Dieu sait pourquoi, dans une bâtisse en cours de
démolition, en face de la maison du maire. Mais voilà-t-y pas que le pépé frappe à l'huis du ci-devant qui finit par ouvrir son volet et à calmer son copain EN LUI RAPPELANT LEURS FRASQUES
PASSEES ET IL Y EN AVAIT DE BELLES ! Dur, dur de ne pas éclater de rire !  Joyeux souvenir, merci de l'avoir fait remonter à la surface !


 



François & Marie 02/05/2010 09:31



Ah ! Mais où va t-on si même les Poilus ("braves", dans la langues des anciens) se sont rendus coupables de frasques pendables… il leur sera  bien pardonné car il bien plus aimable de piquer
des cerises chez le voisin plutôt que de crever de misère dans la boue. 


merci de vos visites